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DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali

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ma voir démon

Madhyamika [école] (Chugan-ha, 中観派). Ecole mahayana basée principalement sur le Chu Ron de Nagarjuna. Ce fut l'une des deux principales écoles mahayana en Inde, avec l'école Vijnanavada (Rien-que-conscience), aussi appelée école Yogachara. Nagarjuna en est considéré comme le fondateur et ses enseignements furent développés par Aryadeva, Rahulabhadra et Pingala. Au début du VIe siècle, deux lettrés, Buddhapalita et Bhavaviveka, écrivirent différents commentaires sur le Chu Ron. Comme résultat, l'école Madhyamika se scinda en deux: l'école Prasangika dirigée par Buddhapalita et l'école Svatantrika dirigée par Bhavaviveka. Plus tard, l'école Madhyamika-yogachara naquit des liens étroits entre les écoles Madhyamika et Vijnanavada. L'école Sanlun, en Chine et Sanron au Japon, hérita de la philosophie de l'école Madhyamika. Celle-ci énonce le principe de la non-substantialité (ku) et enseigne qu'en reconnaissant l'interdépendance de tous les phénomènes, on peut se libérer des illusions et percevoir l'enseignement ultime du Bouddha, la voie du milieu, qui échappe au dilemme de l'existence et de la non-existence.

Madhyamaka-karika voir Chu Ron

Madhyantika (Madendai ou Madenji, 末田提, 末田地, 命偈 ?) Disciple d'Ananda et, selon certains, troisième des vingt-quatre successeurs de Shakyamuni. Il reçut les enseignements d'Ananda au même moment que Shanavasa. Après la mort de son maître, il se rendit au Cachemire pour y propager le bouddhisme.

Magadha (Makada-koku, 摩掲陀国) Important royaume de l'Inde antique et centre de l'empire des Maurya, puis de celui des Gupta. On y trouve Rajagriha, le Pic du Vautour et le monastère du Bois de Bambous. Ce royaume fut, du vivant de Shakyamuni, gouverné par Bimbisara, puis par son fils Ajatashatru. Au IIIe siècle de notre ère le roi Ashoka, de la dynastie Maurya, régna aussi sur cette région.

Mahabharatha L'une des grandes épopées indiennes classiques, avec le Ramayana. Le Mahabharata relate la lutte des cinq frères Pandava contre leurs méchants cousins, les Kaurava. Cette oeuvre collective, de 200 000 vers sur 18 livres, prit peu à peu forme, de l'ère védique jusqu'au VIe siècle de notre ère. Le VIe livre, qui constitue la Bhagavad Gita, le "Chant du Seigneur", est l'un des livres saints du brahmanisme.

Mahabrahma. 1) Nom sanskrit de Bonten 梵天 ou Daibonten, 大梵天, qui, avec Taishaku, est l'une des deux principales divinités tutélaires du bouddhisme japonais. Il vivrait dans le premier ciel de méditation du Monde de la forme.
2) Abréviation de Mahabrahma bhumi (terre de Brahma, Daibon-ten, 大梵天). Le plus élevé des trois royaumes que comprend le premier ciel de méditation, dans le monde de la forme.
3) Mahabrahmas (au pluriel). Divinités brahmiques, rois du ciel Trayastrimsha

Mahadeva 1. littéralement "le grand dieu", autre appellation du dieu Shiva.

Mahadeva 2. (Makadaiba ou Daiten, 摩訶提婆・大天). Brahmane du temple de Mahadeva qui vécut environ un siècle après la mort de Shakyamuni. On dit qu'il contribua à l'apparition du premier schisme dans l'Ordre bouddhique. Il naquit à Mathura, en Inde centrale. Selon le Daibibasha Ron, il commit l'inceste avec sa mère et tua son père. Il tua également un arhat. Plus tard, en découvrant que sa mère avait des relations avec un autre homme, il assassina celle-ci. Cela constituait trois des cinq fautes cardinales. Pourtant, il regretta amèrement ses mauvaises actions, renonça au monde et entra dans l'Ordre bouddhique. Il maîtrisa les trois parties du canon et convertit au bouddhisme de nombreuses personnes à Pataliputra, grâce à ses talents oratoires. Il formula plus tard ce que l'on appela les "Cinq Opinions nouvelles" - impliquant que les arhats possèdent encore certaines faiblesses humaines. La controverse que soulevèrent les interprétations de Mahadeva contribua à accélérer la formation d'un schisme dans l'Ordre et aboutit à la création de deux écoles séparées: l'école conservatrice Theravada et l'école Mahasanghika, plus libérale, qui soutenait Mahadeva. Voir les opinions nouvelles. Ce qu'en dit Nichiren

Mahakala (Makakara-ten, 摩訶 羅天) voir Daikoku

Mahakashyapa ou Kashyapa ou Kaçyiapa, Kassapa (Kasho, 迦葉波, Makakasho, 摩訶迦葉). Le nom de famille Kashyapa étant fort répandu, on ajoute Maha (grand) à l'un des dix grands disciples de Shakyamuni. Il naquit dans une famille de brahmanes, rencontra Shakyamuni au Magadha et devint son disciple. Après la mort du Bouddha, il présida, en tant que dirigeant du Sangha, le Premier Concile bouddhique pour compiler les enseignements de Shakyamuni. Il propagea ensuite les enseignements theravada pendant deux décennies en étant le premier des vingt-quatre successeurs de Shakyamuni. Il mourut au mont Kaku, au Magadha, après avoir transmis les enseignements à Ananda. Kashyapa, maîtrisant les dhuta (élimination des désirs et des émotions afin de fortifier les capacités spirituelles), était "le premier pour la pratique des austérités". Ayant compris la véritable intention du Bouddha à travers la parabole des Trois Chariots et de la maison en flammes relatée dans le chapitre Hiyu III - Parabole du Sutra du Lotus, il appartient au second des trois groupes des auditeurs-shravaka. Le chapitre Juki VI - Octroi de la Prédiction prédit qu'il deviendra à l'avenir le bouddha Komyo (Lumière étincelante, Rashmiprabhasa). A ne pas confondre avec Kashyapa, le personnage du Sutra du Nirvana qui porte le même nom ni avec les trois frères Kashyapa (Uruvilva Kashyapa, Nadi Kashyapa et Gaya Kashyapa).

Mahanama 1. (Makanan, 摩訶男). D'après la tradition un des cousins de Shakyamuni et frère aîné d'Anuruddha. Il était le fils de Sukkodana, un de quatre oncles paternels du Bouddha.

Mahanama 2. (Makanan, 摩訶男). Un des cinq bhiksu, ou moines ascètes. Lorsque Shakyamuni abandonna le monde séculier pour entrer dans la vie religieuse, son père, le roi, ordonna à cinq hommes de l'accompagner. Ils suivirent Shakyamuni et pratiquèrent l'ascèse avec lui, mais le quittèrent lorsqu'il renonça aux pratiques ascétiques. Cependant, peu après que Shakyamuni ait atteint l'Eveil, c'est à eux qu'il adressa son premier sermon au Parc des Cerfs à Sarnath, et ils devinrent ses premiers disciples. On ignore l'identité exacte de ces cinq ascètes. Cependant, d'après le Sutra Zoichi Agon, Mahanama est censé détenir des pouvoirs occultes. L'histoire du "sable qui se change en or dans sa main" apparaît dans la note ajoutée par Cungi aux trois oeuvres majeures de Zhiyi sur le Sutra du Lotus

Mahaprajnaparamitasastra (Traité de la grande sagesse) voir Daichido ron

Mahaprajapati, Mahapajapati ou Mahaprajapati Gautami / Gotami (Makahajahadai, 摩訶波闍波提). Tante maternelle de Shakyamuni qui l'a élevé après la mort de la reine Maya, la mère du Bouddha. Selon la coutume indienne, elle épousa le roi Shuddhodana, veuf de sa grande sœur. Après la mort du roi, elle a demandé au Bouddha de devenir religieuse. Lorsqu'elle eut affirmé cette volonté trois fois Shakyamuni consentit à en faire la première nonne bouddhiste et de fonder ainsi la communauté des religieuses, bhiksuni sangha. Le chapitre XIII du Sutra du Lotus prédit qu'elle atteindra la boddhéité et portera le nom de "Bouddha dont la vue emplit de joie tous les êtres vivants" (Issai Shujo Kiken).

Mahapanthaka (Makahandoku, 摩訶槃特) voir Handoku

Mahapratibhana ou Mahasattva Mahapratibhana (Bodhisattva Gande Eloquence ou Grand Prêche en Joie) : bodhisattva qui pose des questions à Shakyamuni dans le chapitre XI, Vision du précieux stupa

Mahaparinirvana sutra (Sutra du grand nirvana, Daihatsu nehangyo,Daban niepanjing)

Mahasanghika[école]. "Membres de la Grande Communauté" (Daishu-bu, 大衆部). L'une des deux écoles theravada formées par le schisme qui survint dans la communauté bouddhique environ un siècle après la mort de Shakyamuni, l'autre étant l'école Theravada. Le Daibibasha Ron attribue la cause de ce schisme à une controverse sur les "cinq nouvelles opinions", énoncées par Mahadeva, introduisant une modification dans la doctrine. Selon une autre source, le schisme serait né d'une controverse suscitée par une nouvelle interprétation des règles monastiques, connue sous le nom de "Dix Préceptes", énoncée par les moines de la tribu Vriji à Vaishali. L'école Mahasanghika accepta les points de vue de Mahadeva et la nouvelle interprétation des Dix Préceptes tandis que l'école Theravada les rejeta. Le Mahasanghika fut ainsi appelé parce qu'il revendiquait le plus grand nombre de moines. Des deux écoles, c'était la plus progressiste, en faveur d'une interprétation plus souple de la doctrine. Certains voient en elle les prémisses du mouvement Mahayana. Elle se divisa à nouveau plus tard et forma finalement huit écoles supplémentaires.

mahasattva (makasatsu ou daishi, 摩訶` ・大士). Littéralement "grand être"; bodhisattva recherchant le Véhicule unique. Ce titre est donné aux bodhisattva de longue date qui ont subi de grandes épreuves et ont ainsi prouvé leur attachement à la Voie du bouddha.

Mahasthamaprapta (bodhisattva Puissance-Extrême, Seishi bosatsu )

Mahavairochana voir Vairocana

Mahavastu. (Grand Evénement, Daiji, 大事). Texte sanskrit décrivant la vie de Shakyamuni. Bien que classé comme faisant partie du vinaya de l'école Mahasanghika, il s'agit en réalité d'une biographie du Bouddha. Le titre fait référence à la venue de celui-ci. Cet ouvrage comprend trois parties. La première décrit la vie antérieure du Bouddha en tant que bodhisattva à l'époque du bouddha Nento. La deuxième relate comment le Bouddha entra dans la matrice de Maya, sortit de son corps, renonça à la vie séculière, vainquit les démons et atteignit l'Eveil. La troisième décrit comment il fit tourner la roue du Dharma et fonda l'Ordre bouddhique.

Mahayana [bouddhisme] (Grand Véhicule, daijo, 大乘, dasheng). Nom que se donnent les écoles bouddhiques réformistes recherchant le salut par des méthodes plus universellement applicables que celles des écoles bouddhiques anciennes. Ces écoles conçoivent les pratiques de bodhisattva comme des moyens d'atteindre l'Eveil à la fois pour soi-même et pour les autres, par opposition au bouddhisme theravada. Après la mort de Shakyamuni, le Sangha subit plusieurs schismes, et, finalement, dix-huit ou vingt écoles se formèrent, chacune développant sa propre interprétation doctrinale des sutras. Le temps passant, les moines de ces écoles eurent tendance à s'isoler de plus en plus de la communauté laïque et à s'enfermer dans leurs monastères, pour se consacrer à la pratique des préceptes monastiques et à l'écriture d'exégèses doctrinales. Ils perdirent peu à peu de vue le but premier du bouddhisme, qui était de permettre à tous de parvenir à l'Eveil. Cette tendance est spécialement marquée dans l'école Theravada et ses branches. Vers la fin du Ier siècle avant notre ère et au début du Ier siècle se forma un nouveau groupe de croyants bouddhistes, qui exprima son désaccord avec ce qu'ils considéraient comme l'autosatisfaction et l'élitisme monastique des écoles traditionnelles. Il se donna pour but de sauver tous les êtres et intitula son bouddhisme Mahayana (Grand Véhicule), c'est-à-dire un enseignement assez vaste pour conduire tout le monde à l'Eveil. Et il reprocha aux premières écoles de ne rechercher que leur propre Eveil, utilisant pour désigner leur pratique le terme péjoratif de Hinayana (Petit Véhicule). Loin d'être un courant unique, c'est une multitude d'écoles dont les limites et les définitions sont parfois très floues. D'une façon générale, et forcément réductrice, le Mahayana substitue à l'idéal monastique de l'arhat celui du bodhisattva que sa compassion porte à rechercher le salut des autres autant que le sien propre. L'école Tendai, héritière de l'école Tiantai en Chine distingue, en outre, le Mahayana provisoire et le Mahayana définitif, celui du Sutra du Lotus qui élargit encore plus le nombre de personnes qui peuvent emprunter ce "Véhicule" pour parvenir à la boddhéité. Les écoles mahayana se sont implantées en Chine, en Corée, au Japon, au Tibet, au Vietnam et en Mongolie. Pour l'évolution historique, voir conciles.

Mahayana définitif. Autre nom du Sutra du Lotus.

Mahayana de la non-dualité : expression de l'école Shingon pour désigner l'enseignement du principe de l'unité essentielle du Monde du Diamant et du Monde de la Matrice. Le bouddha Vairocana est ainsi appelé "Bouddha du Mahayana de la non-dualité".

Mahayana provisoire(gondaijo, 權大乘). Enseignements du Mahayana exposés comme des moyens pour guider les gens vers les enseignements du Mahayana véritable ou Sutra du Lotus, qui révéla pleinement l'Eveil de Shakyamuni. Les enseignements du Mahayana provisoire révèlent seulement des aspects partiels de la vérité. Voir enseignements provisoires

Mahayanasamgraha : La Somme du Grand Véhicule, texte fondateur des Yogacara

Mahendra, Mahinda (Mahinda, 摩陀). Fils du roi Ashoka, qui introduisit le bouddhisme à Ceylan (actuellement Sri Lanka). A l'âge de vingt ans il devint moine sous la direction de Moggaliputta. Il se rendit au Ceylan pour obéir aux vœux de son père. L, sous la protection du roi Tissa (Devanampiyatissa), il construisit un grand monastère à Mihintale, à une quinzaine de km de la capitale Anuradhapura. On dit qu'il y planta un rejet de l'arbre bodhi qui, à son tour, servit plus tard pour la réimplantation à Bodhgaya.

Maheshvara (Grand Seigneur, Seigneur-Souverain, Seigneur Suprême, Makeishura-ten, 摩醯首羅天 ou Daijizaiten, 大自在天) 1. Nom donné à Shiva divinité de l’hindouisme, populaire et redouté car porteur de vie et de mort. 2. Divinité qui est au sommet du monde de la forme, dieu suprême du monde matériel. 3. Dans le bouddhisme, celui qui permet la véritable libération, bouddha de la transcendance.

Mahishasaka [école] (Keji-bu ou Mishasoku-bu, 化地部・弥沙塞部). Branche de l'école Sarvastivada et l'une des vingt écoles du Theravada. L'école reconnaît la réalité du présent mais non celle du passé ni du futur, à la différence de Sarvastivada qui reconnaît la réalité des trois. L'école Dharmagupta serait issue de Mahishasaka

Mahoraga Littéralement "grand rouge" (magoraga, 摩j羅伽) 1. Déités apparentées aux serpents monstrueux et qui sont "humains mais non humains". C'est la partie reptilienne de la psyché. Les mahoraga font partie des huit groupes d'êtres qui ont promis de protéger le Dharma bouddhique. 2. Un de 12 généraux de Yaksha 3. Divinité au service de Yakuo (Roi des Remèdes, Bhaisajyaguru).

maison en flammes (kataku, 火宅). Métaphore pour le monde des trois plans où les êtres sont soumis au cycle sans fin des souffrances. L'image provient du chapitre III du Sutra du Lotus.

Maître du Dharma [chapitre] (Hoshi bon, 法師品, Fashi pin) Xe chapitre du Sutra du Lotus. Shakyamuni s'adresse, à travers le bodhisattva Yakuo, aux 80000 bodhisattvas mahasattvas qui se sont rassemblés, venus de tous les points de l'univers, pour l'entendre prêcher. A la différence des chapitres précédents qui révèlent que les auditeurs-shravaka atteindront immanquablement l'état de bouddha dans le futur, le chapitre Hosshi et ceux de l'enseignement théorique traitent de la pratique et de la propagation du Sutra après la mort du Bouddha. Shakyamuni adresse donc ces chapitres non à ses disciples shravaka, mais aux bodhisattvas-mahasattvas qui, en tant qu'émissaires du Bouddha, ouvrent à sauver les êtres, en vantant le grand bienfait de pratiquer et d'enseigner le Sutra du Lotus. Celui qui en entend, ne serait-ce qu'un seul vers ou une phrase, et en tire, ne serait-ce qu'un instant de joie, déclare le Bouddha, atteindra de façon certaine l'Eveil suprême. De plus, celui qui enseigne à une autre personne, ne serait-ce qu'une phrase du Sutra, sera considéré comme un messager du Bouddha, envoyé pour réaliser son œuvre. Ce chapitre énonce ce que l'on appelle les trois règles de prédication (sanki) du Sutra du Lotus : entrer dans la demeure de l'Ainsi-Venu, revêtir la robe de l'Ainsi-Venu et s'asseoir sur le trône de l'Ainsi-Venu. La demeure de l'Ainsi-Venu symbolise une profonde compassion; sa robe, un cœur doux et indulgent, et son trône, la perception de la non-substantialité (ku) de tous les phénomènes Ce chapitre mentionne également les cinq pratiques du Sutra: le croire, le lire, le réciter, l'enseigner et le transcrire. Lire le chapitre

maître du Dharma ou maître du Dharma (hosshi, 法師, dharma bhanaka). A l'origine, moine connaisseur de la doctrine, capable de l'enseigner et se livrant à une pratique exemplaire. Par la suite le terme a désigné un rang élevé de la hiérarchie des moines, voire un titre honorifique. Ce qu'en dit Nichiren

maîtres du Dharma [cinq sortes de]

maître de la méditation ou maître du zen (zenji, 禅師). Religieux qui a atteint un niveau de méditation et de concentration permettant d'éradiquer les illusions et contempler la réalité des phénomènes. En Chine et au Japon c'était un titre honorifique attribué par la Cour aux prêtres éminents du Chan et du Zen.

maître de la nation (kokushi, 国師). Titre conféré par le chef d'une nation à des moines considérés comme des modèles de vertu. Ainsi Kumarayana, le père de Kumarajiva a reçu ce titre du roi de Kucha, et au Japon c'est le prêtre Zen, Enni qui reçut le titre après sa mort en 1280.

Maître de l'enfer (Enma, Yama)

maître de maison voir griha-pati

maître des doctrines (ronji, 論師). Egalement traduit par "maître des traités". Deux sens :
- érudit qui maîtrise la troisième "corbeille" (pitaka) du canon bouddhique, celle des traités qui classifient et développent les notions philosophiques et scolastiques contenues dans les sutras.
- maître qui écrit des traités bouddhiques.
Cf. maître des hommes, expression souvent associée. Il est intéressant de noter le parallélisme avec les deux expressions acarya (précepteur) et upadhyaya (censeur) qui expriment une distinction des fonctions entre ceux qui enseignent la doctrine et ceux qui tiennent un rôle de maître spirituel.

maître des hommes (ninshi, 人師). Maître apte à guider les hommes. Généralement ce terme ne désigne pas le Bouddha lui-même mais plutôt des maîtres de discipline. Pour le Bouddha on emploie le terme "Grand-maître et guide" (daidoshi). Cf. maître des doctrines, acarya.

Maître des remèdes voir Roi des Remèdes

maître des traités (ronji)

Maître du Tripitaka (sanzo, 三蔵). Titre honorifique donné à ceux qui connaissent bien les trois parties du canon bouddhique, le tripitaka. Ce titre fut souvent donné aux moines, venus d'Inde et d'Asie Centrale en Chine, qui traduisaient les écrits bouddhiques en chinois.

maître et guide [grand] (daidoshii)

Maitreya 1. ("Celui qui aime", Miroku, 彌勒菩薩). Bodhisattva de la bonté (maitri, metta) et de la compassion. Son origine remonte au dieu védique Mitra qui est, avec Varuna, le seigneur des principes majeurs de l'univers. Le premier veillait au respect du contrat sacré passé avec les hommes alors que le second répondait de l'ordre cosmique. Maitreya a hérité de la bienveillance de Mitra et de son souci de rendre heureux tous les hommes. Le rôle de Maitreya est particulièrement important dans le Mahayana. Ses questions insistantes poussent Shakyamuni à exposer le chapitre Durée de la vie. Maitreya reçoit la prédiction qu'il apparaîtrait en ce monde 5670 millions d'années après la mort de Shakyamuni en tant que nouveau bouddha. En attendant que l'enseignement de Shakyamuni ait disparu, il réside dans le ciel Tushita prêchant le Dharma à des êtres célestes. Il est représenté coiffé d'une couronne, debout ou assis, les jambes pendantes, pour montrer qu'il s'apprête à venir parmi les hommes. Le chapitre Jo I - Prologue du Sutra du Lotus, raconte sa vie antérieure comme celle du bodhisattva Yakshas, Cherche-Gloire, disciple de Padmaprabha, Lumière-Sublime, le futur Padmaprabha, Lumière-Sublime, le futur Manjushri

Maitreya-natha 2.. Fondateur de l'école Rien-que-conscience, qui aurait été, pense-t-on, le maître d'Asanga et aurait vécu vers 270-350. Divers ouvrages anciens de l'Inde, de la Chine et du Tibet mentionnent qu'Asanga monta au Ciel Tushita où le bodhisattva Maitreya lui enseigna la doctrine Mahayana de la non-substantialité (ku), et qu'il atteignit ainsi l'Eveil. Cependant, certains historiens pensent que le maître d'Asanga était un savant bouddhiste indien du IIIe ou IVe siècle, auteur du Yugashiji Ron (Yogacarabhumi-sastra), Chuben Fumbetsu Ron (Discernement entre le Milieu et la Fin) et Daijo Shogonkyo Ron.

maitri, metta (amour-empathie, compassion, bienveillance, miséricorde, ji, 慈). L'une des quatre bienveillances sans limite qui caractérise l'attitude altruiste à l'égard de tout ce qui vit, hommes et nature.

makara (makatsu, 摩竭) Enorme poisson-amphibie mythique, monture de la Déesse Ganga

Maka Shikan 摩訶止觀 (Grand arrêt et examen ou Grande concentration et intuition, Mohe zhiguan). L'une des trois oeuvres maîtresses du religieux chinois Zhiyi (515-597), compilées par son disciple Guanding (561-632). Texte relevant du courant Tiantai. En savoir plus

maka-shikan : littéralement "arrêt et examen" (pratique de l'introspection de l'essence de l'esprit). Technique méditative développée par Zhiyi à partir des bhavana bouddhiques de l'Inde. Il ajoute à ces dernières les méditation sur ichinen sanzen. Voir méditation tendai.

Maka Shikan Bugyoden Guketsu voir Guketsu

Makasogi Ritsu. 摩訶僧律 (Grand Canon des règles monastiques). Ouvrage de vinayas, ou règles de discipline de l'école Mahasanghika, traduit en chinois par Buddhabhadra et Faxian en 416. Il divise ces règles en deux grandes catégories: les préceptes pour les moines et ceux pour les nonnes.

Makeishura 摩醯首羅天. (Grand Dieu omnipotent) ou Daijizaiten (Dieu de grande liberté). Divinité inspirée de Maheshvara (Shiva, le créateur/destructeur du cosmos) et de Daikokuten. Il réside au-dessus du monde de la forme et règne sur un système de mondes majeur. On dit qu'il il jouit librement de ce que les autres obtiennent par la prière. Il est généralement représenté avec trois yeux, huit bras et monté sur un bœuf blanc. Ce qu'en dit Nichiren.

maladie Il est dit dans le huitième volume du Maka Shikan que l'Ainsi-Venu se servit de sa mort comme d'un moyen pour enseigner l'éternité de la vie, et de la maladie, pour illustrer le pouvoir du bouddhisme. Il y est dit également qu'il y a six causes de maladie : 1) Le déséquilibre des quatre éléments 2) La consommation immodérée de nourriture et de boisson. 3) Une mauvaise posture corporelle. 4) L'attaque d'esprits maléfiques de l'extérieur 5) L'action de démons intérieurs 6. Les effets du karma.
D'après le Sutra du Nirvana il y a trois sortes de personnes dont la maladie est extrêmement difficile à guérir. Ce sont : 1. Ceux qui s'opposent au Dharma bouddhique 2. Ceux qui commettent les cinq forfaits 3. Les
icchantika (agotrika), personnes "d'une incroyance que rien ne peut ébranler." Ce qu'en dit Nichiren

Malava Royaume de l'ancienne Inde centrale et occidentale.

Malla (Matsura, 末羅). Un des seize principaux Etats de l'Inde ancienne à l'époque de Shakyamuni. Il aurait été soumis au Kosala, l'un des seize autres Etats principaux. Après la mort de Shakyamuni, les habitants du Malla reçurent son corps et le brûlèrent. Les cendres furent divisées en huit parties et distribuées aux habitants de cet Etat et à d'autres tribus et individus.

mana voir arrogance

manas ou mano-vijnana (mana, 末那). Septième des neuf consciences. Le mot sanskrit manas duquel provient mano, signifie réfléchir. Cette conscience est celle qui engendre la pensée abstraite et discerne le monde intérieur. La conscience du "soi" aurait son origine à ce niveau. On considère également l'attachement irrépressible à l'ego qui crée un mauvais karma comme l'œuvre de la septième conscience, influencée par la huitième conscience ou conscience-alaya.

Manava ou Manavaka (Judo, 儒童). Un des noms de Shakyamuni dans une vie antérieure, alors qu'il n'était que bodhisattva. Manava ou manavaka signifie jeune homme, adolescent étudiant, élève. Un jour Manava entendit dire que le bouddha Dipamkara, était dans ce monde. S'en réjouissant grandement il partit à sa recherche. Au bout d'un long périple il parvint à un village où il rencontra cinq cents religieux auxquels il a exposé son enseignement. Ils en ont été si contents que lorsqu'il partit du village ils lui donnèrent chacun une pièce en argent. Manavara arriva enfin dans une ville parée pour une grande fête car on y attendait le bouddha Dipamkara. Dans la rue il vit une femme appelée Gopi tenant sept fleurs de lotus. Manavara désirait si fort faire une offrande au bouddha qu'il lui donna ses cinq cents pièces en argent en échange de juste cinq fleurs. Apprenant que c'était pour une offrande au bouddha, Gopi fut fortement émue. Elle lui demanda d'être son épouse dans leur prochaine existence et lui fit don des deux fleurs de lotus restantes. Lorsque le bouddha Dipamkara arriva en ville, le roi et ses ministres jetèrent des fleurs sur son passage. Toutes tombèrent par terre mais les cinq lotus de Manadeva restèrent à flotter dans l'air et les deux derniers lotus vinrent se poser sur les épaules du bouddha. Celui-ci perçut alors la foi sincère de Manadeva et Gopi et prédit au jeune homme qu'il atteindrait l'Eveil sous le nom de Shakyamuni.

mandala (mandara, 曼荼羅). "Cercle" en sanscrit, représentation symbolique de l'Univers. Les mandalas les plus connus appartiennent au tantrisme. Ce sont généralement des carrés avec quatre entrées et entourés d'enceintes circulaires. Ce diagramme est destiné à permettre à son auteur ou à ceux qui le regardent, avec concentration, de réintégrer leur nature propre au sein du l'Univers. En savoir plus

mandala du Monde du diamant (Kongokai mandara, 金剛界曼荼, Vajradhatu mandala). Mandala décrit dans le Kongochokyo 金剛頂経. Il fut introduit au Japon par Kukai et devint l'un des deux mandala de base du Shingon.

mandala du Monde de la Matrice (Taizoukai mandara 胎蔵界曼荼羅 ou Daihitaizosho mandara, 大悲胎蔵生曼荼羅. Mandala Shingon introduit en Chine par Subhakarasimha.

mandalins [rois] Souverains d'un royaume ordinaire (mandala). Souvent cités avec les balachakravartin qui sont les souverains de plusieurs royaumes et dont la puissance est soutenue par une armée ou une force (bala) qui leur assure la victoire. Au dessus il y a les chaturvipa chakravartin qui règnent sur les fabuleux quatre continents.

mandara ou mandarva [fleur de] (mandara-ke, 曼陀羅華). Fleur qui s'épanouirait dans le paradis d'Indra, selon la tradition indienne. Elle répand un parfum délicieux et enchante ceux qui la voient. Voir quatre sortes de fleurs

mandara voir mandala

manjushaka [fleur de] (manjusha-ge, 曼殊沙華). Douce fleur blanche qui fleurit dans le ciel, selon une ancienne croyance indienne. Elle aurait le pouvoir d'effacer le mauvais karma de ceux qui la voient.

Manjushri ou Manjuçri [bodhisattva] (Monjushiri bosatsu, 文殊師利菩薩, souvent abrégé en Monju bosatsu, 文殊菩薩, Wenshushili pusa). Bodhisattva qui apparaît dans les sutras, considéré comme le symbole de la perfection de la sagesse. Il est révéré comme le guide des bodhisattvas. Il est décrit, avec Fugen (Smantabhadra), comme l'un des deux bodhisattvas qui assistent Shakyamuni. Selon le Sutra Monjushiri Hatsunehan (Sutra du Nirvana de Manjushri), il naquit dans une famille brahmane à Shravasti et entra dans l'Ordre bouddhique, en convertissant un grand nombre de personnes. Dans le chapitre I du Sutra du Lotus, il est décrit comme celui qui comprend les présages, annonçant que le Bouddha va prêcher le sutra Myoho-renge-kyo, et dans le chapitre Devadatta, comme la personne qui convertit la fille du roi dragon. Il a également un rôle prépondérant quant à la sauvegarde de la doctrine durant les cinq cents années suivantes. Selon le Sutra Kegon, Manjushri vit sur le mont Shoryo (Clair et frais) situé à l'est, qui en vint plus tard à être assimilé au mont Wutai en Chine. Son culte s’est développé en Chine dès le IVe siècle et au Japon quelques trois cents ans plus tard. Dans l'enseignement ésotérique, il est placé dans la cour centrale du mandala du Monde de la Matrice, et des prières rituelles lui sont adressées pour assurer la sécurité. 

mano voir manas

Manoratha (Manurata ou Nyoi, 摩e羅他・如意). Lettré indien, peut-être le maître de Vasubandhu. Le Daito Saiiki Ki raconte que le roi Vikramaditya, de Shravasti, qui avait une inimitié particulière à l'encontre de Manoratha, intrigua pour l'humilier, et réunit une centaine d'érudits d'autres écoles pour débattre avec lui. Quatre-vingt-dix neuf d'entre eux se rangèrent à ses arguments, mais le dernier, soutenu par le roi, refusa d'écouter la réfutation de Manoratha. Par conséquent, on dit que Manoratha se trancha lui-même la langue avec les dents et en mourut.

Manorhita ou Madhura (Manura, 摩奴羅). Vingt-deuxième des vingt-quatre successeurs de Shakyamuni. Selon le Fuhozo Innen Den, bien qu'il soit né prince de Nadai (sanskrit inconnu) en Inde, il renonça à la vie séculière et étudia le bouddhisme avec pour maître Vasubandhu, le 21e successeur. Il pratiqua principalement en Inde du Sud où il réfuta les doctrines de plusieurs écoles theravada et propagea le bouddhisme mahayana.

mantra (shingon, 真言). Le mot sanskrit mantra signifie en premier lieu "délibération, avis, conseil, plan". On donne aussi comme équivalent "instrument de pensée". Dans un certain sens tout mot est un mantra. Dans la vie quotidienne nous nous servons de mots pour faire agir quelqu’un ou obtenir ce dont nous avons besoin. Tout mot est un modèle (pattern) sonore qui évoque dans l’esprit une signification donnée. Le mantra est également un pattern qui porte sa propre signification. L’élément important est sa répétition dans un certain rythme. La mélodie, l’intonation, la prononciation à haute voix ou en silence tout cela compte dans la récitation des mantras. Le rythme dans lequel est exécuté le mantra est également très important, cependant il change en fonction du degré de conscience du méditant. L’accélération de la récitation provoque une accélération des fonctions cérébrales, des battements du cœur et de la respiration qui affectent les émotions.
Dans les pratiques yogiques le méditant fixe entièrement son attention sur la source du son. Le son n’est pas uniquement une vibration de cordes vocales, il agit sur le cerveau, créant l’idée du son, d’un son dont on est sa propre source. Il est ainsi utilisé comme moyen de communication avec soi-même. Les mantras peuvent être dirigés vers différentes zones de notre conscience, avoir différents buts : détente, guérison, élévation spirituelle, purification. Certains mantras sont orientés vers le contact avec le divin; dans le bouddhisme de Nichiren vers le contact avec l’état de bouddha qui est en nous.
La forme que prennent les mantras est également très variée. Dans le Mahayana ce sont des phrases brèves, des mots ou des syllabes (ou groupes de syllabes qui peuvent avoir un sens ou ne pas en avoir car leur portée est d'un tout autre ordre que celui du langage).
Les vibrations phoniques liées au souffle du pratiquant sont un moyen pour entrer en résonance avec les énergies (vibrations, ondes, rythmes) qui composent notre univers et ainsi à ajuster notre perception du monde à une vue plus juste. A l'opposé des dharani, formules magiques, l'efficacité d'un mantra dépend de celui qui le récite et non pas d'une force extérieure. Nichiren a toujours combattu l'utilisation des mantra qui s'appuyaient sur la "force de l'autre" : bouddha, bodhisattva, guru. Plus le mantra est associé au désir d’Eveil plus il entraîne une dynamique de la conscience et donc plus il est efficace. En savoir plus (
Historique)

mappo ( Derniers jours du Dharma)

Mappo Tomyo Ki, 末法燈明記. (Traité sur la Lampe pour les Derniers jours du Dharma). Ouvrage traditionnellement attribué à Saicho, sans preuves certaines, et datant de 801. Il clarifie les trois périodes du Premier Jour (Jour du Dharma correct), des Jours intermédiaires (Jours du Dharma formel) et des Derniers jours du Dharma en s'appuyant sur les sutras Kengo, du Nirvana et Daishutsu. Il affirme que, à l'époque où il fut rédigé, les Jours du Dharma formel étaient presque terminés et que, à l'époque des Derniers Jours, les enseignements de Shakyamuni subsisteraient, mais que son bouddhisme ne serait plus pratiqué et qu'il ne donnerait plus aucune preuve (Eveil). De plus, il n'existerait plus de préceptes et, par conséquent, tout moine serait révéré comme un maître, même sans observer les préceptes. Cet écrit exerça une grande influence sur les maîtres religieux de la période Kamakura (1185-1333).

mara (démons-mara, le mal ma, 魔). Dans la mythologie indienne, démons qui règnent sur le sixième ciel, le monde des désirs. Le Sutra du Lotus affirme que tout être, si mauvais qu'il soit, possède la nature de bouddha et que les mara deviendront un jour des protecteurs du Dharma.

Mara (Roi-démon du 6ème ciel, Dai Rokuten no Mao) Personnification d'une force maléfique. En Inde il représente la mort, l'obstacle, en Chine Mara est traduit pas "voleur de la vie". Mara et ses innombrables serviteurs sont les ennemis du Bouddha. On raconte de multiples façons les tentation de Shakyamuni sous l'arbre bodhi où il combat Mara avant de parvenir à l'Eveil. Au Japon, Mara est identifié au Roi-démon du sixième ciel, le plus élevé dans le monde des désirs. Le Roi-démon prend plaisir à manipuler les autres. Il est considéré comme le symbole de l'appétit de pouvoir.

Marisen ou Marisen ou Mareisen ou Marayasen, 摩黎山・摩羅耶山 (Malaya). Montagne mythique dans le sud de l’Inde couverte d’arbres de santal. On considérait que le santal avait une valeur médicinale et il était utilisé comme remède contre la fièvre. On croyait aussi que le parfum doux de cet arbre était si puissant qu’une simple feuille pouvait supprimer toutes les mauvaises odeurs à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. Nichiren compare la montagne Marisan au mont Hiei à l’époque de Saicho et de son premier disciple Gishin, et le pouvoir curatif et odoriférant de l’arbre de santal à la pure doctrine de l’institution Tendai, anéantie par l’introduction des doctrines Shingon

Marishi-ten 摩利支天 ou Marishiten-nyo (Marichi). Dieu céleste dont on pense qu'il était à l'origine une personnification des rayons du soleil. Il apparaît aussi comme une divinité du vent dans la mythologie indienne. Il était considéré comme un enfant de Bonten et fut l'objet d'une grande vénération populaire en Inde. Le Sutra Marishiten décrit ce dieu sous des traits féminins. Le bouddhisme le représente le plus souvent devant le dieu du Soleil, en tant que vassal. Il posséderait également des pouvoirs occultes qui lui permettraient de se rendre invisible et de vaincre un ennemi sans être capturé. Pour cette raison, il bénéficiait d'une dévotion toute particulière des samouraïs japonais. Certaines statues de Marishiten sont féminines; d'autres le représentent avec trois visages et six ou huit bras, et monté sur un sanglier

Masakado : voir Taira no Masakado

masse (ère finale)

Matanga

Mathura, (Matora-koku, 摩突羅国). (act. Uttar Pradesh). Ancien royaume de l'Inde centrale. Shakyamuni s'y rendit trois fois pour prêcher. Après son extinction, Upagupta, le cinquième successeur du Bouddha, contribua grandement au développement du bouddhisme dans cette région. Selon le Daito Saiiki Ki, vers le VIIe siècle, il y eut dans le Mathura de nombreux monastères et temples où les enseignements theravada et mahayana furent étudiés. Beaucoup de reliques bouddhistes y ont récemment été découvertes.

Matsubagayatsu, 松葉ケ谷 Quartier de Kamakura où vécut Nichiren. Il y possédait une petite résidence qui fut le cœur de ses efforts de propagation dans cette ville. Il y aurait vécut de 1253, peu après avoir établi sa nouvelle pratique bouddhique, jusqu'en 1271, année de la persécution de Tatsunokuchi, à l'exception du temps qu'il passa en exil à Izu et de celui pendant lequel il s'engagea dans des activités de propagation à Awa. C'est là qu'il fut attaqué par les zélateurs amidistes en 1261. Voir le plan de Kamakura

Matsubagayatsu-no-honan 松葉ケ谷の法難. Persécution de Matsubagayatsu. Attaque perpétrée par des croyants du Nembutsu sur la résidence de Nichiren à Matsubagayatsu (Kamakura) le 21 août 1260. Cette attaque fut motivée par la colère que suscitèrent les critiques de Nichiren à l'égard de Honen et de l'école Jodo, ou école de la Terre pure, formulées dans le Rissho Ankoku Ron qu'il soumit à Hojo Tokiyori le 16 juillet 1260. Dans ce traité, il demandait au gouvernement de retirer son soutien aux écoles bouddhiques dont la doctrine était erronée, particulièrement à celle de Jodo, afin que cessent les désastres auxquels le Japon faisait face. Cela provoqua la colère de Hojo Shigetoki et d'autres croyants influents de cette école de la Terre pure. Ils incitèrent plusieurs moines importants à ordonner à leurs fidèles d'assassiner Nichiren. La nuit du 27 août, un groupe de plusieurs centaines de personnes se dirigea vers la résidence de Nichiren qui parvint à s'échapper et à se réfugier chez Toki Jonin, à Shimosa, et y demeura pendant quelque temps. Mais il revint à Kamakura au printemps suivant.

Matsuno [épouse de sire] Femme du nyudo (moine séculier) Matsuno Rokuro Saemon, samouraï et disciple laïc de Nichiren. On suppose qu'elle est devenue nonne, peut-être sous le nom de Myoho ama (Nonne Dharma-Merveilleux).

Matsuno Rokuro Saemon 松野六郎左衛門 (? - 1278). Disciple de Nichiren, nyudo (moine séculier), ancien samoura, habitait dans la province de Suruga. Il est probable que le seigneur Matsuno connut le bouddhisme de Nichiren par l'intermédiaire de sa fille, femme de Nanjo Hyoe Shichiro, et mère de Nanjo Tokimitsu. Son deuxième fils, Nichiji, devint par la suite l'un des Six moines aînés. A la fois lui-même et son épouse ont reçu de nombreuses lettres de Nichiren lorsque celui-ci s'était retiré au mont Minobu.

Matsuo Daigongen. Temple shinto sur le mont Matsuo, dédié à une divinité protectrice des villages des environs

Matsura [guerriers du clan] Ligue de guerriers qui contrôla la région de Matsura, dans la province de Hizen (actuelles préfectures de Nagasaki et Saga) du XIIe au XVe siècles. Lors de la bataille de Dan-no-ura en 1185 ils combattirent avec le camp perdant, les Taira, mais se soumirent au vainqueur, Minamoto no Yoritomo, et furent nommés régisseurs de manoirs locaux

Maudgalyayana, Moggallana (Mokuren, 目連, Mokkenren, 目建連). L'un des dix grands disciples de Shakyamuni, le premier pour les pouvoirs surnaturels. Figure également parmi les quatre grands auditeurs. Il naquit dans une famille brahmane, non loin de Rajagriha, dans le royaume du Magadha. Ami d'enfance de Shariputra. Avec celui-ci, il fut d'abord le disciple de Sanjaya Belatthiputta, l'un des six maîtres non bouddhistes. Plus tard, ils devinrent disciples de Shakyamuni et entrèrent dans l'Ordre bouddhique, amenant avec eux tous les deux cent cinquante disciples de Sanjaya. D'après le Sutra Urabon, Maudgalyayana perçut, grâce à sa clairvoyance divine, que sa défunte mère, dans un autre monde, éprouvait les souffrances infernales de l'avidité. Il essaya, en utilisant ses pouvoirs surnaturels, de lui faire parvenir de la nourriture, mais au contact de sa mère, les aliments s'enflammaient et la brûlaient. Il alla donc demander conseil à Shakyamuni qui l'incita à faire pour elle des dons aux moines, le quinzième jour du septième mois. Conformément à ses instructions, Maudgalyayana offrit de la nourriture au Sangha et sa mère fut soulagée de sa souffrance. D'après le Binaya toji (Règles monastiques dans divers domaines), Maudgalyayana rencontra un jour à Rajagriha un groupe de brahmanes avec lesquels il débattit, et au cours du débat, il réfuta les arguments de leur maître. Furieux, les brahmanes le tuèrent alors à coups de bâtons. Il appartient au second des trois groupes des auditeurs-shravaka qui comprirent la véritable intention du Bouddha grâce à la parabole du chapitre Hiyu III - Parabole du Sutra du Lotus. Le chapitre Juki VI - Octroi de la Prédiction prédit qu'il atteindra l'Eveil à l'avenir sous le nom de bouddha Tamarabatsu Sendanko (Parfum du bois de santal Tamala-pattra).

mauvaises actions voir dix mauvaises actions

mauvaises voies (akudo ou akushu, 悪道・悪, durgati). Les trois ou les quatre premiers des dix mondes : le monde de l'enfer, des esprits affamés, des animaux, des asura car ils ne permettent pas d'échapper au cycle des renaissances et à la souffrance qui y est attachée.

Maya [reine] (Makamaya, 摩訶摩耶). Selon le Sutra Kako Genzai Inga, épouse du roi Shuddhodana et mère de Shakyamuni. Elle mourut sept jours après la naissance de Shakyamuni, et le jeune prince fut élevé par la jeune soeur de sa mère, Mahaprajapati. Selon le Sutra Buppongyojitsu, Maya était la fille aînée de Suprabuddha et habitait à Devadaha, près de Kapilavastu. Elle fut mariée dans la tribu Shakya ainsi que ses sept jeunes sœurs. Maya et Mahaprajapati furent mariées à Shuddhodana et les six autres aux trois frères de celui-ci. Selon le Sutra Shukomakadai (Sutra de Mahsammata), Suprabuddha avait deux filles, Maya et Mahamaya, et ce fut cette dernière qui épousa Shuddhodana et donna naissance à Shakyamuni. Selon le Sutra Maya, Shakyamuni fit usage de ses pouvoirs mystiques pour accéder au ciel Trayastrimsha où sa mère Maya avait effectué sa renaissance, et il lui exposa ses enseignements.

médianeté (voie du milieu, chu) voir triple vérité

méditation [bouddhique] (shikan, zen ou zenjo, 禪定, chanding, dhyana, jhana). Pratique bouddhique comportant deux aspects recueillement (jo, samatha) qui permet de pacifier l’esprit, et l’amener à un état de calme nécessaire pour fixer l'esprit (shikan, dhyana) sur un seul point pour rechercher la compréhension de l'aspect réel des phénomènes. C'est l'état dans lequel l'esprit est fermement fixé sur un seul objet, ou unicité de l'esprit. Shakyamuni a pratiqué toutes sortes de méditations, largement répandues dans l'Inde de son époque et en a intégré le principe dans son propre enseignement. Dans le bouddhisme mahayana la méditation fait partie des six paramita. En principe il faudrait distinguer la méditation-dhyana de la concentration extatique (sanmai, samadhi) une méditation profonde avec une certaine perte de perception environnementale et accession à la neuvième conscience. Pour certains auteurs cette distinction est plus une question d'intensité que de différence de nature. Dans son Maka Shikan, Zhiyi classe les méthodes en parlant de sanmai mais emploie les termes de jo et shikan quand il parle de méditation sur un objet. Il a développé une méditation très élaborée, le shikan. Il en dénombre 10 grandes catégories avec 25 exercices préparatoires. Au même moment apparaissait le chan, qui devint le zen japonais. Voir également dhyana.

méditation, "concentrée" et "sans concentration" Deux méthodes enseignées par l'école Jodo (Terre pure) décrites dans le Sutra Kammuryoju, qui cite seize sortes de méditation et trois sortes de pratique qui permettent de renaître sur la Terre pure. Dans les treize premières sortes de méditation, on se concentre et l'on médite sur la splendeur de la Terre pure et les caractéristiques des bouddhas et bodhisattvas. Ces sortes de méditation sont considérées comme "méditation concentrée". Les trois autres sortes de méditation et les trois sortes de pratique qui restent peuvent être accomplies même sans concentration. C'est pourquoi elles sont appelées "pratique sans concentration". Honen considérait au même titre les pratiques concentrées et sans concentration comme des pratiques exposées par le Bouddha en fonction des capacités des gens. Il affirma que seule la pratique du Nembutsu était le véritable enseignement du Bouddha, en même temps que l'unique enseignement pour la période des Derniers jours du Dharma.

méditation de l'impression sur l'océan (kambutsu-sammai, 観仏三昧) Méditation exposée dans le Kambutsu-sammai-kai-kyo. Tous les phénomènes des trois existences y apparaissent clairement dans l'esprit, de même que tout peut se refléter parfaitement sur la surface de l'océan quand il est sans vagues.

méditations [quatre] voir quatre niveaux de méditation

méditations [quatre formes de] (shishu-sammai, shishu-zam-mai) voir quatre formes de concentration

méditations [dix] voir dix méditations

méditations ésotériques [cinq]

méditations theravada [cinq]

méditations [huit] voir huit détachements

méditations pour la délivrance [trois] (san-gedatsu-mon)

méditation sur les cinq éléments (gorin-kan, 五輪観) Forme de méditation ésotérique ayant pour but de percevoir que le soi et l'environnement sont composés des cinq éléments, terre, eau, feu, vent et espace; que les cinq parties du corps, c'est-à-dire le crâne, le visage, la poitrine, l'abdomen et les genoux sont gouvernés par les cinq syllabes du mantra ésotérique Avarahakha; et qu'une vie individuelle en définitive ne fait qu'un avec les cinq bouddha qui sont la concrétisation de la sagesse du bouddha Vairocana.

méditation sur les impuretés du corps (fujo-kan, 不浄観). Méditation destinée à libérer de la concupiscence et de l'avidité. Par exemple, un homme peut se libérer de son désir et de son attachement à la beauté physique d'une femme en l'imaginant sous forme de cadavre qui se décompose et dont il ne reste, pouf finir, que les os.

méditations sur différents éléments du corps : méditations décrites dans le Mahasatipatthana Sutta du Digha Nikaya : méditations contemplatives de son propre corps et celui des autres. Tous les corps sont composés de quatre élements : terre (solidité), air (mouvement) feu (température et/ou métabolisme) eau (liquides). On peut également méditer sur différentes parties du corps : peau, muscles, os, moelle, intestins, etc. Ces méditations étaient utilisées avec les disciples promps à la colère et à la critique. La méditation sur le corps devait permettre l'expérience d'une analyse équanime : aucun élément du corps, même le plus répugnant n'est inutile. D'un autre côté cette méditation ouvrait la voie à la compréhension de la non-substantialité du corps et donc des cinq agrégats : (forme, perception, conception, volition et conscience) et donc, entre autres, à une remise en cause de ses propres jugements.

méditation tendai ou arrêt et examen, littéralement calme (samatha, maka) et observation  ou vision lucide (vipasyana, vipassana, shikan, 止観). Pratique méditative du bouddhisme qui vise à atteindre la concentration mentale et l’intuition spirituelle. Telle qu'elle fut élaborée par Zhiyi, elle reste la base de l'école Tiantai. C'est une méditation assise, mains formant le mudra hokai jo in (le mudra du sceau de l’océan). D'après la tradition, cette méditation aurait été pratiquée par Shakyamuni et comporte deux aspects : samatha et vipassana (arrêt et examen). L'arrêt est celui des pensées triviales et conceptuelles et l'établissement de la paix mentale. Puis vient le vipassana qui est la concentration sur un objet précis.  Cette observation méditative se fait sans la perte de lucidité comme c'est le cas pour la samadhi. Elle peut porter sur le corps du méditant, ses sensations, ses affects, son environnement, etc. Zhiyi, le fondateur de l'Ecole Tiantai notait 10 grandes catégories de méditation et 25 exercices préparatoires. A l'époque de Nichiren, l'école Tendai utilisait comme technique de samatha aussi bien l'attention portée au souffle qu'aux sons : récitation de mantra. C'est à ce niveau que s'est inscrite la fracture entre le Tendai qui utilisait les mantras du Shingon et l'Ecole de Nichiren qui ne reconnaissait que le mantra du Sutra du Lotus et son corollaire, la négation de toute force extérieure (tariki) dans le processus d'Eveil. Voir quatre formes de concentration et l'article sur la méditation dans la Nichiren Shu

Mencius (v. 371-289 av. notre ère), nom latinisé de Meng-zi, (Mong-tseu), philosophe confucéen, figure importante de la philosophie chinoise. Sa doctrine se développe autour de l'idée que le pouvoir des gouvernants émane du Ciel et doit être exercé dans l’intérêt commun. Le Ciel punirait les tyrans en frappant leur royaume de catastrophes naturelles. Il insiste sur la bonté naturelle de l’homme et sur la nécessité de la cultiver, ce qui requiert une sécurité matérielle. Par conséquent, les gouvernants qui réduisent leurs sujets à la pauvreté et à l’égoïsme devraient être renversés. Voir l'article Le confucianisme et l'enseignement de Nichiren

Meng-zi [Le livre de] (Livre de Mencius) Texte confucéen fondamental, un des sishu (Quatre Livres) du confucianisme dans lequel Mencius développe l’éthique confucéenne et tente d’adapter à son époque une philosophie fondée sur les "Cinq vertus constantes" : ren (仁, la bienveillance, la fraternité), yi (義 le devoir, la justice, la droiture), li (禮, la bienséance), zhi (智, la sagesse), xin (信 la parole donnée, la fidélité).

métaphores voir dix métaphores

métempirique : qui est au delà de l'empirisme, de l'expérience scientifique. Dans le bouddhisme c'est le cas de l'inconditionné. Sans être une théorie abstraite, la réalité métempirique transcende l'expérience du simple mortel. Elle est accessible à travers l'état de bouddha. C'est le cas du corps de gloire du Bouddha (hoshin, sambhogakaya)

Metta sutta voir Sutra de l'amour universel

Mère des enfants démons voir Kishimojin

microcosme/macrocosme. En Occident l'idée de l'équivalence entre l'homme (microcosme) et le cosmos (macrocosme) est connue principalement depuis Platon. Au Japon, elle est en continuité avec conception taoïste venue de Chine : unicité du dao, le "Un qui forme Tout" selon Zhuangzi. On peut rapprocher ce concept de l'affirmation de Nichiren à propos du titre du Sutra du Lotus contenant le coeur de tout le Sutra, affirmation maintes fois répétée et qu'il étaye par le fameux "un seul grain de poussière contient trois mille mondes" (Voir Chevaux blancs et cygnes blancs )

Miaofalianhuajing (Sutra de la fleur de lotus du Dharma merveilleux, Myohorengekyo, Saddhanna pundarika sutra)

Miao-lo (Myoraku) voir Zhanlan

Mihirakula ou Mihiragula (? - 540) (Daizoku-o, 大族王). Chef des Hephthalites appelés les "Huns blancs" qui ont envahi l'Inde en 460. Mihirakula devient leur roi vers 515 et commence une série de raids dans la plaine du Gange. Il sacage les temples et les monastères et extermine la population. Sa cruauté provoque une confédération des rajas hindous. Mihirakula tenta de conquérir Magadha, mais il fut fait prisonnier par le roi Baladitya qui était bouddhiste. Celui-ci allait le faire exécuter, mais il fut sauvé par l'intervention de la mère de Baladitya qui implora son fils de faire preuve de merci. Mihirakula s'enfuit alors au Cachemire où il fut chaleureusement accueilli, mais il fomenta une rébellion et tua le roi. Il attaqua le Gandhara où il mit à mort la famille royale et les ministres. A sa mort, les Hephthalites s'effondrent sous les coups des Turcs. Selon le Daito Saiiki Ki, il était "brave et intelligent", et désirait à l'origine étudier le bouddhisme. Il ordonna donc qu'un moine érudit et vertueux lui soit recommandé. Les moines de l'époque étaient exempts de toute cupidité et ne couraient pas après les honneurs, si bien qu'aucun ne se déplaça Finalement, les ministres du roi trouvèrent un homme d'une vertu extraordinaire qui avait été domestique dans la maison du roi avant de renoncer au monde. Apprenant que le moine envoyé pour l'instruire avait été auparavant son serviteur, le roi perdit son respect pour le bouddhisme et se retourna même contre lui en bannissant les moines bouddhistes.

Mii-dera, 三井寺. Autre nom du Onjo-ji, le temple principal de la branche Jimon de l'école Tendai.

Mikkaka ou Micchaca (Mishaka, 弥遮). Septième des vingt-quatre successeurs de Shakyamuni. Il naquit en Inde centrale et fut, à l'origine, un maître brahmane ayant 8000 disciples. Quand il entendit le prêche de Dhritaka, le sixième des vingt-quatre successeurs, il se convertit au bouddhisme avec ses disciples. On le disait érudit et éloquent. Il voyagea en Inde du Nord où il propagea principalement le bouddhisme theravada

Mikuni no Taifu, 三国太夫 ou Tayu. Père de Nichiren. Pêcheur de Kominato, à Awa. Quand la colère de Tojo Kagenobu, intendant de la région, força Nichiren à fuir le temple Seicho-ji pour se rendre à Kamakura, il alla d'abord voir ses parents et les convertit. A ce moment-l, il donna à son père le nom religieux de Myonichi et à sa mère celui de Myoren, ces deux noms dérivant de son propre nom, Nichiren.

mijin (particules, paramanu) : voir également kalpa dits des cinq cents grains de poussière

milieu (chu) voir triple vérité

Milindapanha (Mirindao-monkyo, ミリンダ王問経). Les Questions du roi Milinda sont une transcription des dialogues entre le moine bouddhiste Nagasena et le roi gréco-bactrien Menandre ou Menandros qui régna sur l'Afghanistan et l'Inde du Nord dans la seconde moitié du IIe siècle av. notre ère et fut célèbre pour sa grande érudition. Cet ouvrage pourrait être la traduction d'un manuscrit grec écrit juste après la mort de Menandre. La traduction chinoise en fut achevée sous la dynastie des Jin orientaux (317-420). Le traducteur est inconnu. Les questions posées par le roi Menandre au moine Nagasena recouvrent un large domaine et portent sur des sujets tels que la sagesse et les désirs terrestres, la transmigration, le karma, l'existence historique du Bouddha, l'Ordre bouddhique, les qualifications des moines, le rôle respectif des moines et laïcs, le nirvana. Cet ouvrage est aussi d'une grande valeur parce qu'il rend compte de l'une des premières rencontres importantes entre les cultures hellénistique et bouddhique. Selon ce texte, Menandre créa un monastère pour Nagasena, abdiqua en faveur de son fils, entra dans l'Ordre bouddhique et atteignit l'état d'arhat. Cette renonciation au monde est discutable d'un point de vue historique, mais il semble bien cependant que le roi ait eu une grande compréhension du bouddhisme et que son influence aida à sa propagation.

Mimosuso : rivière traversant le site du temple intérieur du sanctuaire d'Ise, consacré à Amaterasu Omikami. L'image de la rivière dont le flot ne s'est pas interrompu fait allusion au fait que la lignée impériale, à l'origine de laquelle on dit que se trouvait la déesse du Soleil, s'est poursuivie sans interruption.

Minamoto [clan] grande famille de guerriers et d'hommes d'Etat qui domina la politique japonaise pendant les périodes Heian et Kamakura. Egalement connue sous le nom de Genji. A partir du milieu du XII siècle ils s'opposèrent à la famille rivale des Taira (Heiki) alors que la famille des Fujiwara perdait de son influence à la Cour. Ils se divisèrent en quatre branches dont celle de Seiwa-Genji dont est issu Minamoto Yoritomo, le fondateur du bakufu de Kamakura.

Minamoto no Yoriie (1182 - 1204) Deuxième shogun du bakufu de Kamakura, fils de Minamoto no Yoritomo. Il complota contre son grand-père Hojo Tokimasa et ayant