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Sutras cités par Nichiren

DICTIONNAIRE
pali, sanskrit, chinois, autre que pinyin, japonais

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Accomplissement merveilleux [Sutra de l'] ou Sutra de l’Acte de perfection ou Sutra de l’accomplissement de la perfection (Soshitsuji kyo, Susiddhikara sutra): sutra du bouddhisme ésotérique traduit par Shubhakarasimha au VIIIe siècle. Il fournit des instructions détaillées sur la façon de procéder à des incantations et des prières adressées aux "trois divisions" que sont le Bouddha, le Lotus et le Diamant, symbolisant respectivement l'Eveil, la compassion et la sagesse de Vairocana. Le sutra divise aussi, selon leur but, ces rituels en trois: la sécurité, l'accroissement des bienfaits et le triomphe sur le mal. L'école Shingon le range au-dessous de ses deux autres écrits principaux. Mais il est particulièrement révéré dans l'ésotérisme du Tendai établi par Ennin. Il existe trois versions différentes de sa traduction.

Actions antérieures [Sutra des] (Kokigyo)

Agama [Sutra] (Enseignements transmis par tradition, Agon kyo, Ahan king, 阿含, Agamasutra, Nikaya): A l'origine, ce terme générique était utilisé pour désigner les enseignements de Shakyamuni. Mais, après le développement du bouddhisme mahayana, il en vint à désigner exclusivement les écritures et les enseignements du Theravada.
Les seuls agama encore existants sont une version pali en cinq chapitres et une version chinoise en quatre chapitres (appelés les quatre sutra Agama). Les agama constituant les sutras du canon pali furent consignés par écrit vers le Ier siècle avant notre ère et ont été intégralement transmis par l'Ecole méridionale du bouddhisme Theravada, alors que chacun des quatre sutra chinois Agon nous sont parvenus par des écoles différentes. Les agama se présentent comme une collection de sermons sans suite logique Jo Agon, Chu Agon, Zo Agon, Zoichi Agon : légendes de vies antérieures de Shakyamuni, stances édifiantes, etc.
On a donc des sens différents selon les époques et les écoles
1) dans le bouddhisme primitif tout texte concernant la doctrine de Shakyamuni
2) après le schisme entre Petit et Grand véhicule
agama désigne les écrits du canon pali theravada
3) un seul ou l'ensemble de sutra de la période Agama (période des Traditions) telle qu'elle a été définie par Zhiyi
4) textes tantriques se rapportant au culte de Shiva
5) Abréviation des sutras Samyukta-agama, Raurava-agama, Khuddaka Nikaya
, etc.
Le Chu-agon gyo, 中阿含経. (Anthologie des sutras Agama moyens). Un des quatre sutras chinois Agon (Agama) fut traduit de 397 à 398 par Samghadeva est une compilation de 222 sutras de moyenne longueur dont le premier le Sutra Zempo (Sutra de la Bonne Loi) - énonce les sept conditions permettant à un moine de se libérer des désirs terrestres; le Sutra Sen yu (Sutra de la Parabole de la Flèche), qui relate la parabole de la flèche empoisonnée, fait également partie du sutra Chu-agon, qui correspond au texte pali Majjhima-nikaya. Ce qu'en dit Nichiren

Agon [Quatre sutras]. Versions existantes en chinois des sutras Agama

Agon [Sutra]Versions chinoises des Agama ou enseignements du Theravada. Il y a quatre sutra Agon chinois, alors que la version pali des Agama en compte cinq, soit le Jo-agon, 長阿含経, le Chu-agon, le Zo-agon et le Zoichi-agonCe sutra correspond au texte pali Anguttara-nikaya, qui correspondent respectivement d'assez près à quatre des cinq Agamas du canon pali:
- les longs sutras (Dighanikaya,
qui comprend trente sutras et fut traduit en chinois par Buddhayashas et Zhu-fo-nian),
- les sutras moyens (Majjhima-nikaya),
- les sutras sur des sujets liés (Samyutta-nikaya)
- les sutras des doctrines numériques (Anguttara-nikaya).
Il existe par ailleurs une anthologie des longs sutras Agon, (Dighanikaya).
Le Sutra Zensho (Sutra du laïc Zensho), l'un des trente sutras, traite de la conduite des croyants laïcs.
Le Sutra Bondo (Sutra de la capture par le filet de Brahma) réfute les soixante-deux points de vue erronés.
Le Sutra Shamonka (Sutra de la récompense des moines bouddhiques) définit la pratique correcte pour les moines bouddhistes et le bienfait qui en découle.
Le Sutra Seki (Sutra de l'origine du monde), dernier sutra, explique la cosmologie bouddhique.
Le Sutra Zo-agon comprend également le Sutra Yugyo (Sutra du voyage de prédication) qui décrit les voyages de Shakyamuni effectués l'année précédant sa mort. Ce sutra correspond au texte pali Mahaparinibbana-suttanta ou Samyutta-nikaya (Sutra du grand nirvana). Ce sutra est une traduction en cinquante fascicules faite en chinois par Gunabhadra (394-468). Il s'agit en réalité d'une anthologie de plus de treize cents brefs sutras. Leur contenu est succinct et traite des principes de la souffrance, de la vacuité, de l'impermanence, du non-moi ainsi que de l'octuple chemin. Il en existe plusieurs autres versions chinoises.

ahimsa (ahinsa)

Amida [Sutra] ou Petit Sutra de la vie infinie (Amida kyo ou Shokyo, Amito king, 阿弥陀経, Petit Sukhavativyuha). L'un des trois sutras de base de l'école de la Terre Pure (Jodo), les deux autres étant le Sutra Muryoju et le Sutra Kammuryoju
Trois traductions chinoises de ce sutra ont été successivement effectuées : par Kumarajiva en 902, par Gunabhadra en 455 et la troisième en 650 par Xuanzang. Seules la première et la troisième existent encore. La version de Kumarajiva a pour titre Sutra Amida et n'est composée que d'un seul fascicule. Rédigé sous la forme d'un discours adressé par Shakyamuni à Shariputra et à quelques autres disciples au monastère Jetavana, il décrit les bienfaits du bouddha Amida et de sa Terre pure de la béatitude parfaite située dans une région à l'ouest de l'univers. Il affirme que l'on peut y renaître en ayant confiance en Amida. Les bouddhas des dix directions sont ensuite décrits comme venant témoigner de la vérité de l'enseignement de Shakyamuni.
Les sutras Byodogaku et Dai Amida sont des versions chinoises du Sukhavativyuha
Sutra Sukhavativyuha. (Splendeur de la terre de félicité). L'un ou l'autre des deux sutras sanskrits qui décrivent le bouddha Amida et sa Terre pure. Sukhavati, le nom de cette terre, signifie "béatitude parfaite" (goku raku). On distingue généralement les deux sutras en petit et grand Sukhavativyuha. La traduction chinoise du plus court des textes est intitulée le Sutra Amida et celle du plus long le Sutra Muryoju

Amour universel [Sutra de l']

Angulimala [Sutra] (Okutsumara). Sutra qui fait partie du Majjhima Nikaya, recueil de 152 sutras theravada.

Avatamsaka sutra voir Guirlande de fleurs (Kegon)

Bienveillante fleur du Lotus Blanc [Sutra de la] ou Sutra de la fleur de miséricorde (Hike kyo, 悲蓮, Karuna pundarika sutra). Sutra du Mahayana traduit en chinois par Dharmakshema (Dommusen). Ce sutra dit que c'est en raison de sa compassion incommensurable que Shakyamuni est né, non pas sur une Terre pure, mais dans le monde saha troublé, afin de sauver les êtres. Ainsi, on le compare à une fleur de lotus blanche et les autres bouddhas dans leurs terres pures respectives, à des fleurs d'une moindre beauté. Il existe une version différente intitulée Sutra Daijo Hifundari, dont le traducteur est inconnu.

Bodhisattvas au corps précieux [Sutra des] ou Sutra du  Collier de bodhisattva ou Sutra des parures précieuses (Daiyoraku ou Bosatsu Yoraku ou Bosatsu-yoraku-hongo-kyo, 菩`瓔珞本業経). nom abrégé du Sutra des parures précieuses des bodhisattvas, appelé également Sutra de la rétribution présente (Genzai ho kyo), composé de 45 chapitres répartis sur 13 (ou 14) fascicules traduits par Zhu Fonian (384 – 417), à l’époque de la dynastie des Qin postérieurs. Il décrit les diverses pratiques que doivent effectuer les bodhisattvas. Le sutra compare ces pratiques à des parures précieuses.

Bodhisattva Kannon [Sutra du] (Kannon). Autre nom du chapitre Kanzeon Bosatsu Fumon XXV - Porte universelle du bodhisattva Kanzeon du Sutra du Lotus. Il fait l'éloge du bodhisattva Kannon ou Kanzeon qui, grâce au Sutra du Lotus, dispense des bienfaits aux êtres. Il est souvent considéré comme un sutra indépendant.

Bouddha de la vie sans commencement  [Sutra du] (Amidakyo ou Shokyo, A mi to king, Sukhavativyuha)

Causalité du passé et du présent [Sutra de la] (Kako Genzai Inga, 過去現在因果経). Sutra traduit en chinois pendant une période qui va de 435 à 443 par Gunabhadra. Il se présente comme un récit par Shakyamuni de sa propre histoire. Il y relate sa pratique dans une existence passée, alors qu'il était un sage nommé Zen'e (Sumati), expliquant qu'il est parvenu à obtenir la sagesse suprême dans cette vie grâce aux austérités de bodhisattva qu'il a pratiquées par le passé. Le sutra décrit ensuite son passage à travers les huit époques d'une existence de bouddha et s'achève par la conversion de Mahakashyapa. Ses qualités littéraires donnent à ce récit une place particulière parmi toutes les biographies du Bouddha traduites en chinois. Aucun texte en sanskrit n'a été retrouvé.

Cérémonies secrètes [Sutra des] (ou Sutra de la Terre pure de la Solennité secrète, Mitsugon kyo, 密厳経, Daijo mitsugonkyo, Ta tcheng mi yen king, Ghanavyuhasutra). Sutra mahayana qui décrit la Terre pure des cérémonies secrètes, un monde où les bodhisattvas ont dépassé les illusions du monde des trois plans. D'après ce sutra, la huitième conscience (alaya) provient de la matrice de l'Ainsi-Venu (tathagata garba). L'Eveil à la conscience alaya permet de renaître dans la Terre Pure. Il existe deux traductions chinoises, l'une de Divakara et l'autre de Amoghavajra, faites sous la dynastie des Tang.

Clarification de l'époque du Dharma formel. [Sutra de la] (Zobo Ketsugi). Sutra décrivant les caractéristiques de l'époque du Dharma formel et mettant l'accent sur la pratique du don d'aumônes. Le traducteur chinois est inconnu et son authenticité semble assez douteuse. Shakyamuni s'adresse au bodhisattva Jose (Offrande constante). Il explique qu'à l'époque du Dharma formel, la pratique du don d'aumônes devrait s'adresser aux pauvres et aux délaissés, et que l'on ne peut atteindre l'Eveil sans cette pratique. Le sutra ajoute également qu'à cette époque, beaucoup de mauvais moines ne comprendront pas les intentions du Bouddha mais resteront attachés à leurs propres opinions arbitraires, en méprisant les Trois Trésors. A une telle époque, les laïcs et les moines devraient, ensemble, se dévouer pour sauver les autres avec une grande compassion.

Coeur de la prajna-paramita [Sutra du] ou Sutra du coeur et de la sagesse voir Sutra de la Prajna (Hannya haramitta)

Collier de bodhisattva [Sutra du] voir Sutra des Bodhisattvas au corps précieux (Daiyoraku ou Bosatsu Yoraku) ou Sutra du pectoral

Contemplation de la terre de l'esprit [Sutra de la] ou Sutra de la Contemplation de la disposition d’esprit que crée le Mahayana (Shinjikan ou Daijo Honjo Shinjikan, Daijohonjoshinjikangyo, Dachengbenshengxindiguanjing). Sutra traduit par Prajna, sous la dynastie des Tang. Le huitième et dernier fascicule dit que les états de Tathagata, de bodhisattva, de pratyekabuddha, de shravaka qui n'a plus rien à apprendre (arhat) et de shravaka qui apprend encore, ont tous leur origine dans l'esprit du commun des mortels. Il compare par conséquent l'esprit à la terre qui produit le grain. Le sutra définit les quatre dettes de reconnaissance (à l'égard de ses parents, de tous les êtres vivants, de son souverain et des Trois Trésors), affirme la supériorité de la pratique monastique sur la vie laïque et vante les bienfaits de l'introspection en un lieu calme et isolé.

Couronne de Diamant [Sutra de la] (Kongocho kyo, 金剛頂経, Vajrashekhara sutra, Sarvatatha gatatattva samgra-hamnama-mahayana sutram-sopasamharatantram). L'un des trois sutras de base du bouddhisme ésotérique (avec les sutras Vairocana et Susiddhikara). Il en existe trois versions chinoises:
1) le sutra Kongocho Issai Nyorai Shinjitsu Shodaijo Gensho Daikyoo, en trois fascicules, d'Amoghavajra, est la plus populaire et celle à laquelle on se réfère généralement par le terme de Sutra Kongocho;
2) le sutra Kongocho Yugachu Ryakushutsu Nenju, en quatre fascicules, de Vajrabodhi;
3) le sutra Issai Nyorai Shinjitsu Shodaijo Gensho Sammai Daikyoo, en trente fascicules, de Danapala. Le contenu de cette troisième version ressemble beaucoup au texte sanskrit existant. Selon le Kongochogyo Giketsu (Traité sur la signification essentielle du sutra Kongocho), recueil par Amoghavajra, de l'enseignement de Vajrabodhi, il en existait une version plus longue en sanskrit qui consistait en cent mille vers prêchés par Vairocana au cours de dix-huit assemblées. Mais les parties du texte se rapportant aux dix-sept dernières assemblées ont disparu. Celle qui concerne la première assemblée correspond aux trois versions chinoises ci-dessus. Certains lettrés affirment néanmoins que cette version plus longue n'a jamais existé. A la différence du Sutra Vairocana, qui révèle l'enseignement du Monde de la matrice, ce sutra expose la doctrine du Monde du diamant, sur laquelle s'appuie le mandala du Monde du diamant.

Daijikkyo 大集経 (Sutra du Grand Recueil). Recueil de 60 sutra compilé par Sengjiu en 586 et traduits en chinois par Dharmaraksha (385-433)

Déclin du Dharma [Sutra du] (Hometsujin, 法滅尽経) : on ignore quel est le traducteur de la version chinoise. Ce sutra décrit comment les enseignements du Bouddha disparaissent après sa mort. Il dit aussi qu'à l'époque des Derniers jours du Dharma, les démons apparaissent sous forme de moines et commettent des actes d'opposition au Dharma.

Déploiement de la grande assemblée [Sutra du] voir Grande assemblée (Daiju kyo)

Dette de reconnaissance [Sutra de la] voir Sutra de la Reconnaissance

Diamant [Sutra du] (Kongo kyo, Kongo hannya haramittakyo, 華厳経 ou 金剛般若波羅蜜経, Vajracchedika ou Vajrasekhara prajnaparamita sutra). Appellation la plus connue du Sutra de la prajna-paramita de diamant. Ce sutra extrêmement célèbre ressortit de la partie des sutras appelée Perfection de la prajna. Sutra traduit en chinois par Kumarajiva. Il existe plusieurs autres versions chinoises . Ce sutra se situe dans le monastère Jetavana à Shravasti et rapporte le discours que tient Shakyamuni à Subhuti sur le flux constant de tous les phénomènes et sur le principe de non-substantialité (ku). Il enseigne que l'on doit faire confiance à la sagesse du Bouddha qui est solide, aiguë et comparable au diamant avec lequel elle partage le tranchant, la valeur et l'éclat. La renommée de ce sutra tient sans doute à sa brièveté et à la richesse de ses enseignements, qui permettent d'imaginer d'une façon vivante le Bouddha parlant à Subhuti. Ce sutra est tenu en grande estime par l'école Zen. On trouve une version en français du texte Kumarajiva sur
http://wusong.free.fr/scripto/diamant.htm.

Diamant [Grand Sutra du] (Kongochokyo, 金剛頂経, Sarvatathagatatattvasa mgraha). Sutra qui décrit 28 mandalas, dont les mandala du Monde du Diamant et du Monde de la Matrice.

Dix étapes [Sutra des] (Juji kyo, 十地経, Dashabhumika-sutra). Le chapitre Juji du Sutra Kegon est qui devint un sutra indépendant. Il décrit les dix étapes de développement, soit de la 41e à la 50e des cinquante-deux étapes de la pratique de bodhisattva. La traduction fut réalisée par Shiladharma sous la dynastie des Tang, qui vint du Khotan, en Asie centrale.

Eclaircissements sur l'époque du Dharma formel [Sutra des] voir Sutra de la Clarification de l'époque du Dharma formel.

Enseignements de transmission [Sutra des] (Yuikyo 遺教経). Sutra traduit en chinois par Kumarajiva. Il passe pour avoir été prêché par Shakyamuni à ses disciples juste avant sa mort. Ce sutra établit que, après la mort du Bouddha, on devra observer les préceptes afin de contrôler les cinq organes des sens et régler son esprit. Il est particulièrement estimé par l'école Zen. Voir le Sutra du Nirvana dont il fait partie.

Femme argentée [Sutra de la] (Gonjikinyo, 銀色女経). Sutra traduit en chinois par Buddhashanta, exposant les bienfaits de la pratique du don. Selon ce sutra, dans une existence antérieure, Shakyamuni avait été une femme appelée Gonjikinyo (Femme argentée). Elle offrit son sein à une femme enceinte qui mourait de faim et, pour cette bonne action, fut transformée en homme et devint roi. Ce roi, dans une vie ultérieure, devint le fils d'un homme riche et offrit sa chair aux oiseaux et animaux affamés. Il renaquit dans une famille brahmane et offrit à nouveau son corps à un tigre affamé. Le sutra dit qu'il n'eut pas une seule fois à regretter sa pratique du don.

Fête des morts [Sutra de la] voir Sutra Urabon

Filet de Brahma [Sutra du] (ou Discours sur le filet de Brahma, Bommo, 梵網経, Fan wang king, Brahmajalasutra). Sutra en deux fascicules qui fut traduit en chinois par Kumarajiva en 406. Selon la préface écrite par son disciple Sengzhao, ce texte correspond au dixième chapitre (Bosatsu Shinjikai) d'une oeuvre originale beaucoup plus longue, en sanskrit, consistant en cent vingt fascicules qui comprennent soixante et un chapitres. Le premier fascicule de ce sutra décrit quarante étapes de la pratique de bodhisattva classées en quatre groupes: 1) les dix étapes initiales, 2) les dix étapes du perfectionnement, 3) les dix étapes de la fermeté du diamant 4) les dix étapes du développement. Le second fascicule expose Dix préceptes majeurs et quarante-huit préceptes mineurs. Ce sutra fut hautement apprécié en Chine et au Japon parce qu'il détaille les préceptes destinés aux bodhisattvas du Mahayana, et donna naissance à de nombreux commentaires. Au Japon, Saicho l'utilisa pour réfuter les préceptes du Theravada observés par les Six écoles de Nara et affirma la nécessité d'observer les préceptes du Mahayana.

Fleur de la grande compassion [Sutra de la] ou Sutra de la grande compassion(Daihike 悲華経 ou Daihi kyo, 大悲経, ou Senju sengen daihishin gyo Mahakarunapundarika). Sutra traduit par Narendrayashas. Ce sutra décrit comment Shakyamuni, sur le point d'entrer dans le nirvana, transmet le Dharma aux dieux Bonten et Taishaku, et à ses disciples Mahakashyapa et Ananda. On y exalte les bienfaits obtenus en récitant le nom du Bouddha et en faisant des offrandes à ses reliques; et Shakyamuni demande à Ananda de compiler ses enseignements avec Mahakashyapa afin que, après sa mort, ils soient transmis à la postérité.

Fleur de lotus du Dharma merveilleux [Sutra de la] Communément appelé Sutra du Lotus. Il en existe plusieurs textes sanskrits, y compris des fragments, qui furent découverts au Népal, au Cachemire et en Asie centrale. On en connaît aussi une version tibétaine. D'après la tradition six traductions furent faites en chinois, dont trois subsistent actuellement. Ce sont:
1) Sho Hokke Kyo (正法華経) en 10 fascicules et 27 chapitres, traduit par Dharmaraksha en 286;
2) Myoho-renge-kyo, 妙法蓮華經 (Miaofalianhuajing, Saddharma pundarika sutra) en 8 volumes et 28 chapitres, traduit par Kumarajiva en 406; quelques ajouts 1'ayant complétée par la suite;
3) Tembon Hoke Kyo en 7 volumes et 27 chapitres, traduit par Jnanagupta et Dharmagupta en 601, respectant l'ordre des chapitres sanskrits.
4) la traduction de Zhiyan en 427 (Hokkezammai-kyo) actuellement perdue
5) le Satsuun Fundari-kyo texte et nom du traducteur perdus.
Les principales traductions en langues occidentales sont 1) en français : E. Burnouf (Le Lotus de la Bonne Loi); Jean-Noël Robert. Sutra du Lotus; 2) en anglais : H. Kern (The Lotus of the True Law) en 1855; Burton Watson (The Lotus Sutra). Une version annotée est disponible sur ce site
Ce sutra est devenu l'un des textes de référence de plusieurs des principaux penseurs du bouddhisme (Nagarjuna, Vasubandhu, Fayun, Huisi, Zhiyi, Saicho, Nichiren).
Zhiyi
, dans son Hokke Gengi, fit une classification comparative du corpus des sutras appelée les cinq périodes et les huit enseignements, qui place le Sutra du Lotus au-dessus de tous les autres sutras. Ses ouvrages, qui ont ce sutra pour base, fournirent un fondement théorique à l'école Tiantai. Nichiren reconnaît différentes versions du Sutra du Lotus: le Sho-hokke-kyo, le Tembon-Hoke-kyo, le Hokke-zammai-kyo et le Satsuun Fundari-kyo mais il utilise principalement la traduction de Kumarajiva.
Les points essentiels sur lesquels insiste Nichiren pour proclamer la supériorité du Sutra du Lotus tiennent au fait que c'est le seul sutra à proclamer que la boddhéité est inhérente à toute vie et n'est pas l'apanage d'une seule catégorie d'hommes "virtuoses de la méditation" (voir ichinen sanzen). Ce sutra va même jusqu'à proclamer que les femmes peuvent devenir bouddha, ce qui est révolutionnaire pour l'époque. Par ailleurs, le Lotus affirme l'existence d'un temps "hors du temps", ce qui bouleverse toute la théorie des réincarnations et implique une vision du monde radicalement différente de la vision "évolutionniste" des autres sutras. (Voir également les différents chapitres).
- Sho-hokke-kyo Sutra du Lotus. Traduction chinoise de Dharmaraksha du Sutra du Lotus. La plus ancienne des trois versions chinoises existantes. Il fut traduit en 286 et comprend vingt-sept chapitres. Le chapitre Devadatta chapitre XII - Devadatta de la version de Kumarajiva n'est pas un chapitre indépendant dans la traduction de Dharmaraksha mais est inclus au chapitre précédent.
- Tembon-hoke-kyo ou Tembon-myoho-renge-kyo Sutra du Lotus Une des trois versions chinoises existantes du Sutra du Lotus, traduite par Jnanagupta et Dharmagupta. Cette version suit généralement le Myoho-renge-kyo de Kumarajiva. Cependant, le chapitre DevadattaXII - Devadatta (Daibadatta ), chapitre indépendant dans la version de Kumarajiva, est inclus dans le chapitre précédent Hoto XI - Tour aux Trésors dans la traduction de Jnanagupta et Dharmagupta. Ainsi, le Tembon-hoke-kyo a vingt-sept chapitres et le Myoho-renge-kyo, vingt-huit. De plus, le chapitre Zokurui XXII - Passation du Myoho-renge-kyo, est le dernier chapitre du Tembon-hoke-kyo, et le Dharani du Myoho-renge-kyo est le XXIe du Tembon-hoke-kyo. Le chapitre Yakusoyu de la version de Jnanagupta et Dharmagupta comprend une parabole supplémentaire qui ne se trouve pas dans la traduction de Kumarajiva. Ce qu'en dit Nichiren

Fleur de miséricorde [Sutra de la] voir Sutra de la Bienveillante fleur du Lotus Blanc

Fugen [Sutra] voir Sutra de la méthode de contemplation du bodhisattva Smantabhadra

Grand dharani [Sutra du] (Hodo daranikyo, Daihododaranikyo, Ta fang teng to lo ni king, Mahavaipulyadharani)

Grand nuage [Sutra du] (Daiun kyo, Mahameghasutra)

Grande assemblée [Sutra de la] (Daiju kyo, Daishu kyo, Daishutsu, Daijikkyo, Daihododaishukyo, 大集, Dajijing, Dafandengdajijing, Mahasanghata) Abréviation usuelle du Sutra du déploiement de la grande assemblée. Ensemble de sutras traduits en chinois par Dharmakshema (385-433) et que l'on disait avoir été enseignés par Shakyamuni à une multitude de bouddhas et de bodhisattvas venus des dix directions de l'univers. Les sections les plus connues sont le 24e fascicule (qui mentionne les trois calamités) et le 55e (qui prédit de façon assez détaillée comment le bouddhisme se propagera, en décrivant son développement, sa prospérité et son déclin pendant les cinq périodes de cinq cents ans. Sutra de la période du déploiement (Hoto)

Grande compassion [Sutra de la] voir Sutra de la Fleur de la grande compassion

Grande sagesse [Sutra de la] (Daihannya ou Daihannya Haramitta, 大般若経, Mahaprajnaparamita-sutra). Anthologie importante des sutras de la sagesse (prajna), traduite en chinois par Xuanzang. Il comprend 600 fascicules en 16 sections. Certaines parties sont l'oeuvre d'autres traducteurs. Ce sutra porte sur la non-substantialité (ku) de tous les phénomènes et se présente sous la forme d'un prêche du Bouddha dans seize assemblées situées en quatre lieux différents.

Guirlande de fleurs [Sutra de la] (Ornementation fleurie, Kegon kyo, Daihokobutsu Kegon, 華嚴, 華厳経, Huayanjing, Avatamsaka sutra abr. de Buddhavatamsaka-nama-mahavaipulya-sutra). C'est le texte fondamental de l'école Kegon, traditionnellement considéré comme l'enseignement que Shakyamuni prodigua immédiatement après son Eveil (enseignement soudain, tonkyo). Il existe trois traductions chinoises: le sutra Kegon en 60 fascicules traduit par Buddhabhadra (368-429); celui en 80 fascicules traduit par Shikshananda et celui en 40 fascicules traduit par Prajna. Cette dernière traduction comprend seulement le chapitre Nyuhokkai (Gandavyuha) du sutra. Dans ce sutra, le bodhisattva Hoe (Sagesse du Dharma) et d'autres enseignent aux bodhisattvas de capacités supérieures que toutes choses sont en constante relation et se donnent naissance les unes aux autres; l'un imprègne le tout et le tout est contenu dans l'un, etc. Le sutra énumère également les nombreuses étapes de la pratique de bodhisattva.

Lankavatara [Sutra] (Sutra Ryoga, Sutra de l’Entrée du Bouddha dans le pays de Lanka, Ryoga kyo, 楞伽経). Sutra tardif du Mahayana qui traite de la conscience alaya et de la potentialité inhérente pour parvenir à la boddhéité. Il se présente sous la forme d'un discours prononcé par Shakyamuni au mont Lanka (Ryoga) L'emplacement de ce mont est inconnu. Certains historiens l'identifient à Ceylan (actuelle Sri Lanka), d'autres le situent en Inde du Sud ou du Centre. Il en existe trois traductions en chinois: 1) le Sutra Ryoga Abattara Ho, traduit en 443 par Gunabhadra; 2) le Sutra Nyu Ryoga, traduit en 513 par Bodhiruchi; 3) le sutra Daijo Nyu Ryoga, traduit de 700 à 704 par Shikshananda. Une quatrième version, le Sutra Ryoga, traduit par Dharmakshema, en réalité version la plus ancienne, est maintenant perdue. Il est utilisé par les écoles Hosso et du Zen comme un texte exposant leurs enseignements fondamentaux.

Lotus [Sutra du] voir Fleur de lotus du Dharma merveilleux

Lumière d'or [Sutra de la] ou Sutra de la splendeur d'or (Konkomyo, 金光明経, Chin-guan-ming-ching, Suvarnaprabhasa sutra ou Suvarnaprabhasottama sutra). Sermon de Shakyamuni sur le Pic du Vautour. Cinq traductions chinoises en furent faites, dont trois existent encore: le Sutra Konkomyo en quatre fascicules traduit par Dharmakshema sous la dynastie des Liang du Nord; le Sutra Gobu Konkomyo en huit fascicules traduit par Baogui sous la dynastie Sui; le sutra Konkomyo Saishoo en dix fascicules traduit par Yijing (Gijo) sous la dynastie Tang. Ce sutra enseigne que ceux qui suivent sa doctrine obtiendront la protection des Quatre Rois célestes et d'autres divinités bienfaisantes, et que, si un roi croit en le Dharma correct, son pays sera protégé par ces divinités. Mais si le souverain ne suit pas les enseignements corrects, les divinités abandonneront son pays qui sera en proie aux désastres et calamités. Au Japon, avec le Sutra du Lotus et le Sutra Ninno le Konkomyo est considéré comme "sutra protecteur de la nation japonaise". Nichiren s'appuie sur ce sutra dans son Rissho Ankoku Ron.

Mahaparinirvana-sutra voir Sutra du Nirvana

Maître de la médecine [Sutra du] voir Sutra Yakushi

Maya [Sutra] (Maya-kyo, 摩耶経). Sutra concernant la mère de Shakyamuni. La traduction chinoise fut faite par Tanjing sous la dynastie des Qi (479-502). La première moitié relate la manière dont Shakyamuni utilisa ses pouvoirs mystiques pour monter au ciel Trayastrimsha où il exposa pendant trois mois ses enseignements à sa mère Maya qui était morte sept jours après lui avoir donné naissance. La seconde moitié rapporte comment, après avoir voyagé à travers de nombreux royaumes, il entra dans le nirvana. Apprenant sa mort, Maya descendit du ciel pour voir le corps de son fils une dernière fois et s'approcha du cercueil. A ce moment, il s'ouvrit et mère et fils furent réunis. Le sutra mentionne ensuite ceux qui propageront le bouddhisme pendant les mille cinq cents ans qui suivront l'extinction du Bouddha et prédit le temps de leurs venues et de leurs actions. Par exemple, il prédit que Ashvaghosha apparaîtra et propagera le bouddhisme six cents ans après la mort du Bouddha, et Nagarjuna, sept cents ans après.

Méditation [Sutra de la] abréviation de Sutra de la méditation sur le bouddha de la vie infinie (Kammuryoju (bustsu)kyo, 観無量寿経, Kangyo, 観経, Kan-muryoju-kyo, Kuan wu-liang-shou ching, Amitayur-dhyanasutra). Sutra traduit en chinois par Kalayashas. Le Bouddha de la vie infinie - désigne ici Amida. L'un des trois textes fondamentaux de l'école de la Terre pure (Jodo). D'après ce texte lui-même, ce sutra fut exposé par Shakyamuni à Rajagriha, au Magadha. A la demande de Vaidehi, qui se désolait des actions mauvaises de son fils Ajatashatru, Shakyamuni utilisa ses pouvoirs supranaturels pour lui faire voir les diverses terres pures, y compris la Terre pure du bouddha Amida. Comme Vaidehi préférait la Terre pure d'Amida à toutes les autres, Shakyamuni exposa seize sortes de méditation pour y renaître. Ces enseignements en vinrent à être connus sous le titre de Sutra Kammuryoju. On n'en connaît plus de version sanscrite. Zhiyi le classe dans la 3ème période, Hodo.

Méditation du Bouddha [Sutra de la] voir Sutra de l'Océan de méditation (Kambutsu-sammai-kai-kyo)

Méditation qui mène à la contemplation des bouddhas [Sutra de la] (Hanju Zammai, Pan-chou-san-mei-ching, Pratyutpanna-buddha-sammukhavasthita-samadhi-sutra). Traduit en chinois par Lokakshema de la dynastie des Han postérieurs. Shakyamuni y explique au bodhisattva Kengo qu'en pratiquant "la méditation qui mène à la contemplation des bouddhas" hanju zammai, pratyupanna-samadhi) on peut voir Amida et les autres bouddhas. Ce sutra appartient à la première période du Mahayana et c'est l'un des premiers sutras à mentionner le bouddha Amida. Il existe une autre traduction du même texte également attribuée à Lokakshema.

Méditation résolue [Sutra de la] ou Sutra de la marche héroïque (Shuryogon ou Shuryogon Zammai, Shuramgama-samadhi-sutra). Sutra traduit en chinois par Kumarajiva. Quand le bodhisattva Ken'i (Volonté ferme) demanda à Shakyamuni quelle méditation le rendrait capable de dissiper les désirs terrestres, les illusions et toutes les autres sortes d'obstacles, le Bouddha lui enseigna la "concentration absolue" (shuryogon zammai) et lui expliqua son pouvoir. Le sutra dit que celui qui maîtrise la "méditation résolue" peut maîtriser toutes les autres formes de méditations et surmonter tous les désirs, toutes les illusions et toutes les influences démoniaques.

Méditation sur le bodhisattva Kokuzo [Sutra de la] (Kan Kokuzo Bosatsu)

Méditation sur l'enseignement correct [Sutra de la] (Shobonenjo-kyo, 正法念処経). Traduit en chinois par Prajnaruchi au VIe siècle. Sutra qui détaille les causes karmiques de la transmigration entre les six mauvaises voies et en fait une longue description.

Méditation sur le bodhisattva Fugen (Smantabhadra) [Sutra de la] voir Méthode de la contemplation du bodhisattva Fugen

Méthode de contemplation du bodhisattva Fugen (Smantabhadra) [Sutra de la] (Fugen kyo, 普賢経 ou Kan Fugen bosatsu gyobho kyo, Butsu setsukan Fugen bosatsu gyoho kyo, 佛説觀普賢菩薩行, Guan Puxian pusa xingfa jing, Fo sho guan Puxian pusa xingfa jing) abréviation de Sutra de l’enseignement du Bouddha quant à la méthode de contemplation du bodhisattva Smantabhadra (Sage-Universel). Sutra généralement rattaché au Sutra du Lotus dont il forme la clôture selon l'école Tiantai. La traduction de ce bref sutra en un chapitre est due à Dharmamitra (356 – 442). Une version de Kumarajiva, aujourd’hui perdue, aurait existé. Le prêche du Bouddha se passe trois mois avant son nirvana final. Pour voir apparaître Smantabhadra (Sage-Universel, Fugen) ou Shakyamuni ou la Tour aux Trésors, ce sutra conseille de se livrer au repentir. Ce repentir n’est pas une opération culpabilisante. C'est une prise de conscience qui génère des rêves joyeux poussant le pratiquant à se repentir encore, et accroissant de la sorte la force des visions jusqu’à se retrouver parmi l’assemblée à qui le Bouddha enseigne le Sutra du Lotus au Pic du Vautour. Alors le pratiquant se livre à la purification de ses six organes de sens, toujours à l’aide du repentir. Il reçoit les enseignements essentiels du bouddhisme. Le Bouddha demande à Ananda de se rappeler et de conserver cette méthode de repentir et de contemplation afin que dans le futur ceux qui l’appliquent puissent réaliser l’Eveil. Même s’il est d’une tonalité quelque peu différente de celle du Lotus, il est incontestable que ce sutra ce rattache à la philosophie "lotusienne". Le Sutra du Lotus ainsi que son exposé y sont constamment évoqués et bien sûr, le personnage de Smantabhadra est tout trouvé pour faire le lien avec le dernier chapitre du Lotus.

Mise en mouvement de la roue du Dharma [Sutra de la] (Temborin gyo, 轉法輪, Zhuan fa lun jingDharmacakrapravartanasutra). Sutra où sont énoncées les 4 nobles vérités (shitai, sidi, catur aryasatya):
"O moines, la naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, la fréquentation de ceux que l'on déteste est souffrance, la séparation de ceux que l'on aime est souffrance, la non obtention de ce que l'on désire est souffrance et, finalement, tout ce qui touche au corps ou à l'esprit est souffrance. Telle est la noble vérité quant à la souffrance.
"Et maintenant, ô moines, menés dans le cycle des renaissances, nous sommes avides de joie. Partout un désir puissant nous fait espérer plaisirs et bonheurs. Il s'agit de l'attachement aux désirs, à l'existence et à l'anéantissement. Telle est la noble vérité de l'origine de l'apparition de la souffrance.
"Mais, ô moines, que cette soif et ces désirs soient apaisés sans reste, abandonnés, écartés sans attachement, voila la noble vérité de l'extinction de la souffrance.
"Car, ô moines, la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, le moyen d'existence juste, la progression juste, l'attention juste et la concentration juste constituent l'octuple voie qui est la noble vérité de la voie de l'extinction de la souffrance"
E. Burnouf. Le Lotus de la bonne Loi, Adrien Maisonneuve 1973, p 52

Multitude d'actions merveilleuses [Sutra de la] (Fuyo kyo, 普曜経, Lalitavistara). Biographie de Shakyamuni écrite du point de vue de la tradition Mahayana. Dans cet ouvrage, le Bouddha est décrit comme un être sublime qui accomplit des prodiges surnaturels. "Actions merveilleuses" désignent ces interventions miraculeuses. Cet ouvrage décrit la naissance du Bouddha, sa renonciation à la vie séculière, son Eveil, son prêche sur le Dharma, etc., jusqu'à son retour à Kapilavastu. Le sutra Fuyo est une traduction faite en 308 par Dharmaraksha. Une autre traduction chinoise du Lalitavistara, intitulée le Sutra Hoko Daishogon, fut faite en 683 par Divakara.

Nirvana [Sutra du] (Nehan gyo, 涅, Niepanjing, Nirvanasutra). Tous les sutras contenant les enseignements que le Bouddha Shakyamuni auraient exposés juste avant sa mort ou décrivant les événements relatifs à son entrée dans le nirvana. On distingue deux types de Sutra du Nirvana. Les uns relèvent du Mahayana et les autres du Theravada.
I. Les versions chinoises mahayana comprennent
1) le Sutra Daihatsunehan Parfois abrégé en japonais sous la forme de Daikyo (Grand sutra), traduit par Dharmakshema. On l'appelle la version du Nord. Il comprend 40 fascicules et 13 chapitres. Il enseigne que le corps du dharma du Bouddha est indestructible et éternel; que l'état de nirvana est doté des quatre vertus : éternité, bonheur, véritable soi et pureté; que tous les êtres vivants possèdent à l'origine la nature de bouddha et que même les icchantika peuvent atteindre l'état de bouddha
2) Le Sutra Daihatsunehan (version du Sud) traduit par Huiguan. Il s'agit d'une révision de la version du Nord faite à la lumière du Sutra Daihatsunaion traduit par Faxian et Buddhabhadra. Il comprend 36 fascicules et 25 chapitres.
3) Le Sutra Daihatsunaion, traduit par Faxian et Buddhabhadra. Cet ouvrage comprend 6 fascicules et correspond au premier des 10 fascicules de la version de Dharmakshema
4) Le Daihatsunehan-gyo Gobun (Épilogue du Sutra Daihatsunehan), en deux fascicules, traduit par Jnanabhadra et Hueining, qui décrit la crémation du corps du Bouddha, la distribution de ses cendres, etc. Les textes sanskrits à partir desquels furent faites ces traductions n'existent plus.
II. Les sutras du Nirvana
theravada ne sont pas tant des exposés sur les enseignements du Bouddha que la description des événements finals de sa vie, de son entrée dans le nirvana et le partage de ses reliques. Il existe cinq versions chinoises :
1) le Sutra Butsu Hatsunaion (Sutra du dernier nirvana du Bouddha) en deux fascicules traduit par Bofazu, sous la dynastie des Jin occidentaux;
2) le Sutra Hatsunaion (Sutra du dernier nirvana) en deux fascicules, dont le traducteur est inconnu;
3) le Sutra Daihatsunehan en trois fascicules, traduit par Faxian;
4) le Sutra Yuikyo (Sutra des enseignements légués ou des Enseignements de transmission), en un fascicule, traduit par Kumarajiva;
(5) le Sutra Yugyo (Sutra du voyage pour la propagation) contenu dans le Sutra Jo-agon, l'un des quatre sutras chinois Agon, qui fut traduit par Buddhayashas et Zhufonian.
Parmi ces cinq traductions chinoises, seul le Sutra Yuikyo est davantage consacré à la doctrine qu'à la description des derniers voyages du Bouddha jusqu'à sa mort. Aussi certains lettrés ne le considèrent-ils pas comme une version
theravada du Sutra du Nirvana et incluent à sa place les fascicules trente-cinq à quarante du Kompon Setsuissaiubu Binaya Zoji (Règles monastiques de l'école Sarvastivàda en divers domaines) traduits par Yi-jing. Ce texte et les quatre versions autres que le Sutra Yuikyo se ressemblent par leur contenu.
Outre ces versions chinoises, il existe aussi un texte pali intitulé le Mahaparinibbana-suttanta (Sutra du grand nirvana) dont le contenu se rapproche de celui des versions chinoises theravada. Un fragment du texte sanskrit du Mahaparinirvana-sutra (Sutra du grand nirvana, Daihatsu nehangyo, Daban niepanjing,) a été aussi découvert.
C'est dans le Sutra du nirvana que se trouve le texte dit stance de l'impermanence (mujoge) :
"Les multiples mouvements sont impermanents
Car soumis à la loi de naissance et disparition
Une fois naissance et disparition éteintes
L'extinction paisible se fait joie
"

Nirvana [épilogue du Sutra du] Nehangyo Gobun : abréviation de Daihatsu Nehangyo Gobun (épilogue du Sutra Daihatsunehan). Le sutra est la version chinoise du Sutra du Nirvana, titre général sous lequel on regroupe tous les enseignements dont on pense qu'ils furent exposés par Shakyamuni immédiatement avant sa mort, ou les sutras décrivant les événements accompagnant son entrée au nirvana. Le Nehangyo Gobun, qui consiste en deux fascicules, fut traduit par Jnanabhadra sous la dynastie des Tang. Il décrit la crémation du corps du Bouddha, la répartition de ses cendres, etc.

Nirvana final [Sutra du] (Hatsunaion, Daihatsu nehangyo, 大般涅, Pan ni yuan king, Parinirvanasutra) Sutra en six volumes, autre Sutra du Nirvana dans le Mahayana chinois, traduit par Faxian et Buddhabhadra sous la dynastie des Qin orientaux.

Noms de bouddhas [Sutra des] (Butsumyo, 仏名経). Oeuvre traduite en chinois par Bodhiruchi. Ce sutra établit la liste des noms de 11 093 bouddhas et bodhisattvas et décrit leurs bienfaits. Plusieurs sutras de ce genre servaient à la cérémonie de récitation des noms des bouddhas (butsumyo-e), cérémonie qui semble avoir été pratique courante en Chine à partir du Ve ou VI siècle Au Japon, cette cérémonie durait trois jours et avait lieu au palais impérial et dans des temples de province à partir du 19e jour du 12e mois lunaire. A cette occasion, on récitait les noms des bouddhas passés, présents et futurs pour expier les fautes passées.

Observance des préceptes (Saiho) Sutra theravada

Océan de méditation [Sutra de l'] parfois abrégé en Méditation du Bouddha (Kambutsu-sammai-kai-kyo, 観仏三昧海経 ou Kambutsu-sammai-kyo, 観仏三昧経, Kuan-fo-san-mei-hai-ching). Shakyamuni aurait prêché ce sutra au monastère de Nyagrodha de Kapilavastu en présence de son père, le roi Suddhodana et sa mère adoptive Mahaprajapati. Il décrit les bienfaits obtenus pas la méditation.

Parinirvana [Sutra du] voir Sutra du Nirvana

Paroles de vérité [Sutra des] ( Hokku-kyo, 法句経, Hokku Hiyu, Shutsuyo, Hoju Yoju, Dhammapada). Recueil d'enseignements pratiques exposés par le bouddha Shakyamuni selon les capacités des êtres, traitant de questions spécifiques sur la conduite à tenir en ce monde. Il sert d'introduction au bouddhisme et était extrêmement populaire dans les pays asiatiques. Il en existe un texte en pali et un en sanskrit qui ont chacun deux traductions en chinois. Les traductions du pali sont : 1) le Sutra Hokku en deux fascicules traduit par Vighna (Jin Weizhinan) entre autres traducteurs de l'état de Wu et 2) le Sutra Hokku Hiyu en quatre fascicules traduit par Faju et Fali sous la dynastie des Jin occidentaux. Les traductions du sanskrit sont: 1) le Sutra Shutsuyo, traduit par Zhufonian sous la dynastie des Jin orientaux, en vingt ou trente fascicules, et 2) le Sutra Hoju Yoju traduit par Tianxizai sous la dynastie des Song, en quatre fascicules. Le texte pali fut aussi traduit en latin en 1855 sous le titre de Dhammapadam. On pense que c'est l'un des premiers textes bouddhiques à avoir été introduit en Occident.

Perfection de la grande sagesse [Sutra de la] 1) (Daihannya ou Daibon-hannya-kyo; Panchavimshatisahasrika-prajnaparamita). Traduction, par Kumarajiva, de l'un des principaux sutras Hannya, ou sutra de la Sagesse. Il expose la doctrine de la sagesse suprême et de la non-substantialité (ku) de tous les phénomènes. Le texte comprend 90 chapitres. Dans les six premiers, Shakyamuni expose la doctrine de la sagesse suprême (prajna) aux disciples de capacités supérieures, dont fait partie Shariputra. Dans les suivants, Subhuti prêche aux bodhisattvas et aux autres, au nom du Bouddha. Nagarjuna commenta la version sanskrite de ce sutra dans son Daichido Ron. A distinguer du Sutra de Sagesse parfaite comme un diamant ou Sagesse du diamant (Kongo hannya haramittakyo, Vajracchedika ou Vajrasekhara prajnaparamita sutra) à thématique très proche. Voir Sutra du Diamant

Perfection de la grande sagesse [petit Sutra de la] 2) (Shobon-hannya-kyo 小品般若経 Ashtasahasrika prajnaparamita-sutra). Sutra également traduit par Kumarajiva, du même titre que le précédent. Il comprend 29 chapitres et est appelé le sutra Shobon Hannya (le Plus Petit Sutra Hannya) par opposition au sutra Daibon Hannya (le Plus Grand Sutra Hannya). Bien que considérablement plus court, son contenu est essentiellement le même.

Petit Sutra de la vie infinie voir Amida kyo (Shokyo, Amito king, Petit Sukhavativyuha)

Prajna [Sutra de la] ou Sutra de la Sagesse. (Hannya kyo, 般若, Panruojing, Prajnaparamita sutra). Terme générique pour les sutras qui traitent de l'enseignement de la prajna paramita (perfection de la sagesse) et exposent le concept de non-substantialité (ku).
Parfois, le terme au singulier est utilisé en référence au sutra Daihannya Haramitta en six cents fascicules qui est une compilation des sutras Hannya traduits par Xuanzang.
Les enseignements des sutras Hannya furent systématisés par Nagarjuna dans son Chu Ron, et le sutra Makahannya Haramitsu, 摩訶般若波羅蜜経 (Pan-chavimshatisahasrika-prajnaparamita), l'un des principaux sutras de la Sagesse, forme la base de son Daichido Ron dans lequel il expose la doctrine de la voie du milieu. Selon la classification faite par Zhiyi des enseignements du Bouddha en cinq périodes, les sutras Hannya furent exposés pendant les vingt-deux années qui suivirent la période Hodo et en quatre lieux: au Pic du Vautour à Rajagriha, au monastère de Jetavana à Shravasti, dans le sixième ciel, le plus élevé du monde du désir, et au Lac du Héron dans le monastère du Bois de Bambous à Rajagriha.
Les sutras Hannya comprennent
- Le Grand Sutra de la Sagesse ou Sutra de la Perfection de la grande sagesse (
Daihannya ou Daibon-hannya-kyo; Panchavimshatisahasrika-prajnaparamita)
- Le Petit Sutra de la Sagesse ou Sutra de la Perfection de la grande sagesse (Shobon Hannya, Ashtasahasrika prajnaparamita-sutra).
- Sutra de la Sagesse du Roi vertueux (Ninno kyo)
- Sutra du Diamant
(Kongo kyo)
- Sutra du cœur de la prajna-paramita (Hannya haramitta Shin gyo, 般若波羅蜜多, Panruopolomituo xin jing, Prajnaparamita Hrdaya). Egalement connu sous son titre abrégé Sutra du cœur de la prajna ou plus simplement encore Sutra du cœur. Ce titre est celui de la traduction de Xuanzang (600-664). Ce sutra développe les conceptions relatives à la vacuité des phénomènes qui ont été le fondement de la réflexion de Nagarjuna. Il existe également une traduction plus ancienne de Kumarajiva intitulée (Daibon Hannya ou Maka hannyaharamitta daimyojukyo ou Makabannya Haramitsu, Mohe panruopolomituo damingzhoujing, Sutra de la grande clarté des incantations de l'immense perfection de la prajna). Le plus long des sutras Hannya. Le titre de Daibon Hannya est utilisé pour le distinguer d'un texte plus court, aussi intitulé le Makabannya Haramitsu ou Shobon Hannya (Ashtasabasrika prajna-paramita-sutra) Le plus court des sutras, Traduit par Kumarajiva. Le lieu où se situe le sutra Shobon Hannya est le Pic du Vautour. Dans la première partie, Subhuti prêche au nom de Shakyamuni l'enseignement de la prajna-paramita (la perfection de la sagesse) et décrit comment la pratique de cet enseignement dans ses existences passées permit à Shakyamuni d'atteindre l'état de bouddha. II affirme la supériorité de la prajna-paramita sur les cinq autres paramita Puis, Shakyamuni dit que la prajna-paramita équivaut à la sagesse suprême, qu'elle est la mère de tous les bodhisattvas; si un bodhisattva croit en l'enseignement de la prajna-paramita, il atteindra sûrement l'état de bouddha. Après que la suprématie de la prajna-paramita eut été ainsi mise en valeur, le sutra s'achève sur l'histoire du bodhisattva Jotai, ou Pleureur éternel (Sadaprarudita) qui voyage pour trouver l'enseignement de la prajna-paramita.

Prajna-paramita de diamant [Sutra du] voir Sutra du Diamant (Kongo kyo, Vajrasekhara)

premiers actes précieux des bodhisattvas [Sutra des] (Bosatsu Yoraku Hongo) voir Sutra des Bodhisattvas au corps précieux

Présence permanente des dharmas [Sutra de la] (Hojoju kyo): Sutra du Mahayana en un volume exposant l'éternité du Dharma

Prière pour la pluie [Sutra de la] (Shou kyo, 請雨経). Ce sutra, traduit par Amoghavajra, décrit le rituel de la prière pour la pluie, et l'attitude de celui qui la conduit.

Principe de la sagesse [Sutra du] (Rishu 理趣経, Prajnaparamita-naya-shatapancha-shatika ou Adhyardhashatikaprajnaparamita). Sutra dans lequel le bouddha Vairocana dispense son enseignement à Vajrasattva. Ce sutra considère la véritable nature de tous les désirs, y compris les désirs sexuels, comme pureté, et enseigne que cette pureté de toute chose et de tous les phénomènes peut être saisie par la sagesse, ou prajna, qui découvre la vérité. Il fait aussi l'éloge des actes de compassion du bodhisattva. Il en existe six versions chinoises dont les traducteurs furent Amoghavajra, Xuanzang, Bodhiruchi, Vajrabodhi, Danapala et Faxian. De ces six versions, celle de Amoghavajra, intitulée sutra Hannya Rishu, est la plus populaire. Elle est en particulier récitée quotidiennement par l'école Shingon. La version de Xuanzang est incluse dans les six cents fascicules du Sutra Daihannya.

Profonde compréhension [Sutra de la] ou Sutra des profonds secrets ou Sutra de la révélation de l'enseignement profond et secret (Jimmitsu kyo ou Gejimmitsu kyo, 解深密経, Sandhinirmochana, Samdhinir-mochana). Sutra en cinq fascicules traduit en chinois par Xuanzang. Ce sutra est le texte de base de l'école Faxiang (Hosso). Il est écrit sous forme de questions et réponses et traite de sujets tels que les caractéristiques des dharma, la conscience-alaya, etc. Il existe trois autres traductions chinoises: le sutra Jimmitsu Gedatsu, en cinq fascicules, traduit par Bodhiruchi, et deux traductions abrégées: le sutra Sozoku Gedatsu en deux fascicules, par Gunabjadra, et le Bussetsu Gesetsu en un fascicule, par Paramartha.

Profonds secrets [Sutra des] voir Sutra de la profonde compréhension (Jimmitsu)

Protection du souverain de la nation [Sutra de la]. (Shugo-kokkai-kyo, 守護国界経, Shou-hu-kuo-chieh) Sutra qui expose les formules dharani pour la protection de la nation. Sutra en dix fascicules, exposant le bienfait de protéger le souverain.

Pures règles de la discipline monastique [Sutra des] (Shojo Bini)

Quarante-deux parties [Sutra en] (Shijunisho, 四十二章經). Sutra traduit du sanskrit en chinois par Kashyapa Matanga et Zhufalan (Jikuhoran) pendant la dynastie des Han postérieurs. Ce sutra aurait été le premier écrit bouddhique apporté en Chine et traduit en chinois. Cependant, certains historiens affirment qu'il est apocryphe et qu'il fut écrit en Chine. Divisé, comme son titre l'indique, en quarante-deux parties, il expose les enseignements fondamentaux du bouddhisme et donne des instructions concernant la pratique quotidienne.

Questions sur le Sutra de l'excellente pensée de Brahma (Shiyaku : abréviation de Shiyaku-bonten-shomon-gyo 思益梵天所問経). Traduction par Kumarajiva en 402 d'un sutra sanscrit perdu.

Récompense [Sutra de la]  voir Sutra de la Reconnaissance (Hoon).

Révélation de l'enseignement profond et secret [Sutra de la] (Gejimmitsu, Samdhinirmochana).

Reconnaissance [Sutra de la] abréviation de Sutra de la dette de reconnaissance (Ho'on-kyo, Bao-en-ching) : Sutra dont le traducteur est inconnu, qui explique comment s'acquitter de ses obligations morales du point de vue du Mahayana. Shakyamuni fut critiqué par les brahmanes qui lui reprochaient d'avoir manqué à la piété filiale en quittant ses parents et en entrant dans la vie religieuse. Le Sutra Hoon réfute ces critiques par l'argument que, en renonçant au monde et en s'éveillant à la vérité qui conduit tous les êtres à l'état de bouddha, on peut véritablement s'acquitter de toutes ses obligations envers les autres.

Rois souverains de la lumière dorée [Sutra des] (Konkomyo Saishoo, Suvarnaprabha- sottama-sutra). Sutra en dix fascicules et trente et un chapitres, traduit par Yijing. Il est abrégé en sutra Saishoo Il s'agit d'une retraduction du Sutra Konkomyo qui contient plus de chapitres que les versions plus anciennes.

Roi dragon de la mer [Sutra du] (Kairyuo kyo, 海竜王経). Sutra traduit en chinois par Dharmaraksha. Shakyamuni y expose les profondes doctrines du Mahayana au Roi dragon et prophétise que la fille du roi, les asuras et d'autres atteindront l'état de bouddha.仁王經

Rois vertueux [Sutra des] (Ninno kyo, 仁王經 ou Ninno hannya haramitsukyo ou Sutra Ninno Gokoku Hannya Haramitsu, Jen wang ching ou Jen wang pan jo po li mi king, 仁王経). Abréviation de Sutra de la perfection de la sagesse des rois bienveillants, considéré comme la conclusion du Sutra de la prajna (sutras Hannya) qui fut traduit par Kumarajiva. Il énumère sept désastres qui surviendront lorsque l'enseignement correct disparaîtra et souligne le besoin d'atteindre à la sagesse parfaite afin d'éviter ces désastres. Au Japon, il fut révéré comme l'un des trois écrits pour la protection de la nation, avec le Sutra du Lotus et le Sutra Konkomyo. Il existe une autre traduction chinoise faite par Amoghavajra qui est utilisée par l'école Shingon. Le sutra se présente sous la forme d'un dialogue entre Shakyamuni et Prasenajati, le roi du Kosala. Selon le sutra Ninno, naître dans la position de roi est une rétribution pour avoir servi cinq cents bouddha dans des vies précédentes Nichiren s'appuie sur ce sutra dans son Rissho Ankoku Ron.

Rugissement du lion [Sutra du] voir Sutra Shrimala

Sage et de l'insensé [Sutra du] (Kengu-kyo ou Gengu-kyo, 賢愚経, Hsien-yü-ching). Sutra traduit en chinois, entre autres, par Huisi en 445. Il contient 62 contes bouddhiques (69 selon d'autres éditions) qui établissent une relation causale entre la vie présente de certains personnages et leurs actions dans une existence passée.

Sagesse [Sutra de la] Hannya kyo : terme générique qui traite de la prajna (sagesse). Voir Sutra de la prajna

Sagesse parfaite comme un diamant [Sutra de la] ou Sagesse du diamant voir Sutra du Diamant

Sens infinis [Sutra des] (Muryogi-kyo, 無量義, Wuliangyijing). Considéré comme une introduction à l'enseignement du Sutra su Lotus. La traduction chinoise en fut faite par Dharmagatayashas en 481. Ce sutra se déroule sur le Pic du Vautour et comprend trois chapitres. Dans le premier, ou chapitre Tokugyo (Pratique vertueuse, 德行品 Xingde), le bodhisattva Daishogon (Grande Splendeur), au nom de l'Assemblée, fait l'éloge du Bouddha. Cette partie versifiée contient le passage des trente-quatre négations se référant à l'ainsité du Bouddha. Dans le deuxième chapitre, ou chapitre Seppo (Prêche, 說法品 Shuofa), le Bouddha déclare que tous les principes et toutes les significations dérivent d'une Loi unique, sans préciser la nature de cette Loi. Il déclare ensuite: "Au cours des quarante dernières années, je n'ai pas encore révélé la vérité", indiquant ainsi que ses enseignements précédents sont tous provisoires et ne représentent que des expédients (hoben). Le dernier chapitre, ou chapitre Jukudoku (Dix Bienfaits, 十功德品 Shigongde), explique que, en pratiquant ce Sutra, l'on peut obtenir dix sortes de bienfaits. Le Bouddha confie le Sutra au bodhisattva Daishogon et aux 80000 bodhisattvas présents qui font vœu de le propager. Certains savants considèrent ce sutra non comme une traduction mais un apocryphe composé en Chine.

Shrimala [Sutra] (Sutra de la Reine Shrimala ou Sutra du rugissement du lion, Shoman-gyo, Sheng-man-ching, Shrimaladevi-simhanada-sutra). Sutra traduit en chinois en 435 par Gunabhadra. Il prend la forme d'un prêche fait par la Dame Shrimala, fille du roi Prasenajit du Kosala, soutenue par le pouvoir de Shakyamuni. Ce sutra expose la doctrine du Véhicule unique et précise que la nature de bouddha est inhérente à tous les êtres sensibles. Il est considéré, avec le Sutra Vimalakirti, comme un écrit particulièrement valable pour les bouddhistes laïcs. Une autre traduction chinoise, faite par Bodhiruchi, en est donnée dans le Sutra Daihoshaku

Six paramita [Sutra des] (Roku-haramitsu-kyo, 六波羅蜜經 ou Dai Rishu Ropparamitta, Ropparamitsu-kyo, Liu-po-lo-mi-ching): sutra traduit en chinois en 788 par Prajna, moine du nord de l'Inde. Il décrit en détail les six sortes de pratique (paramita) que les bodhisattvas doivent poursuivre pour parvenir à l'Eveil.

Surangama [Sutra] (Leng Yen Ching). Sutra de l'école Chan, introduit en Chine vers le VIIIe siècle.

Terre pure de la Solennité secrète [Sutra de la] voir Cérémonies secrètes (Mitsugon kyo)

Transmission du Dharma [Sutra de la] (Fuhozo kyo, 付法蔵経 ou Fuhozoinnenden, 付法蔵因縁伝). Histoire des successeurs du Bouddha. Liste des 23 successeurs en Inde: 1) Mahakashyapa, 2) Ananda, 3) Shanavasa, 4) Upagupta, 5) Dhritaka, 6) Mikkaka, 7) Buddhananda, 8) Buddhamitra, 9) Parshva, 10) Punyayashas, 11) Ashvaghosha, 12) Kapimala, 13) Nagarjuna, 14) Aryadeva, 15) Rahulabhadra (Rahulata), 16) Samghanandi, 17) Samghayashas, 18) Kumarata, 19) Jayata, 20) Vasubandhu, 21) Manorhita, 22) Haklenayashas, and 23) Aryasimha.

Trapusha [Sutra] ou Sutra des cinq préceptes (Gokai ron). Sutra, aujourd'hui perdu, dans lequel Shakyamuni aurait exposé les Cinq préceptes et les Dix préceptes de bien pour Trapusha et Bhallika, deux marchands qui lui avaient offert de l'orge et du miel, peu après son Eveil. Le dixième volume du Hokke Gengi cite un maître de Chine du nord qui plaça ce sutra dans la catégorie des enseignements destinés aux personnes dans les mondes-états des