| DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES français, japonais, chinois, sanscrit, pali |
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| bachi ou batsu, shinbatsu, 罰 (punition). Notion shinto d'une rétribution divine négative à l'égard de celui qui parle ou agit de façon irrévérencieuse ou incrédule à l'égard d'une divinité. Bachi-ashura voir Bandhi-asura Baddabara voir Bhadrapala
Bai Juyi
白居易 (Haku Kyoi), (772-846).
Poète classique très populaire et personnage officiel de
la dynastie Tang en Chine. Il est
nommé "mémorialiste de la gauche"
(membre de l’Académie Hanlin)
mais ses critiques et ses positions contre l’injustice sont
à l’origine d’un exil dans une province lointaine du
sud de la Chine, en 815. Déçu par la politique, il se tourne
alors vers le bouddhisme. On lui doit une "encyclopédie",
recueil de sentences et expressions littéraires, publiée
au XIIe siècle. Ce qu'en dit
Nichiren Baima-si
白馬寺 (Pai-ma-sseu,
Hakuba-ji). Littéralement, temple du Cheval blanc, qui aurait
été le premier temple bouddhiste fondé en Chine.
Selon la tradition, l'empereur Ming de la dynastie
des Han postérieurs construisit ce temple
en 67 à Loyang pour Kashyapa
Matanga et Zhufalan, moines bouddhistes
venus d'Inde à son invitation pour enseigner le bouddhisme. C'est
dans ce temple qu'ils auraient fait la première traduction chinoise
d'un écrit bouddhique, le Sutra
Shijunisho. Le temple fut nommé Baima-si,
ou temple du Cheval blanc, parce que les deux moines indiens auraient
apporté d'Inde des écrits bouddhiques chargés sur
des chevaux blancs. Bandhi-asura ou Balin (Bachi-ashura-o 婆稚阿修羅王). Un des quatre rois asura qui assistèrent à la cérémonie du Sutra du Lotus. Ce qu'en dit Nichiren Baisajyaraja ou Baisajya voir Yakuo Bakkula ou Bakula voir Vakkula Thera bakku-yoraku, 抜苦与楽 (ôter la souffrance, donner la joie). Pratique de la compassion instaurée dès les débuts du bouddhisme. Ce qu'en dit Nichiren baku ou
bakubana, 獏鼻
ou bakugashira 獏頭.
Animaux imaginaires semblables à des tapirs et
qui, selon la tradition chinoise, ont la réputation de se nourrir
de cauchemars. On ignore la source du "baku mangeant le fer".
Ce qu'en dit Nichiren. bakufu,
幕府 (shogunat, gouvernement
militaire). Littéralement, "administration
de la tente". Nom traditionnellement donné à la résidence
du shogun, titre de Cour attribué à
Minamoto
no Yoritomo en 1190. Le nom désigne alors
le centre du pouvoir de Yoritomo, à
Kamakura. Les organes centraux du bakufu
sont le Samurai dokoro, le bureau des guerriers
(dont Hei no Yoritsuna a été vice-intendant),
le Mandokoro, bureau d’administration
et le Monchujo, bureau des procès
qui, dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, ne
traite plus de causes importantes. A la mort de Yoritomo
(1199), la famille de sa femme, les Hojo, exercent
le pouvoir de fait en mettant le bakufu sous
régence. Ce
qu'en dit Nichiren bala voir riki bala voir bompu Baladitya.
(Gennichi-o, 幻日王). Roi du Magadha
qui aurait vécu au VIe siècle. Fervent bouddhiste, il fit construire
un temple au monastère de Nalanda,
et des moines venus de toutes les régions de l'Inde se rassemblèrent
pour en célébrer l'achèvement. D'après le
Daito Saiiki Ki, Mihirakula,
souverain du royaume Cheka voisin, s'opposa
au bouddhisme et tenta de soumettre Baladitya.
Mais lorsqu'il attaqua le Magadha, le peuple
s'unit contre lui et le fit prisonnier. Baladitya,
dont l'intention première aurait été de le condamner
à mort, suivit pourtant les conseils de clémence de sa mère
et le relâcha. Mihirakula erra alors
de pays en pays et finit par conquérir le Cachemire et le Gandhara.
Dans ces deux royaumes, il assassina le souverain, de nombreuses autres
personnes et détruisit des temples et des monastères bouddhiques.
Il mourut peu après. Certains phénomènes extraordinaires
qui se produisirent dans les cieux et sur terre juste après sa
mort furent interprétés par les sages bouddhistes comme
des signes indiquant qu'il était tombé dans l'enfer des
souffrances incessantes et qu'il transmigrerait dans les voies mauvaises
pendant très longtemps. Ce
qu'en dit Nichiren Balin voir Bachiashura-o Bambous [monastère
du Bois des] (Venuvanavihara,
Chikurin-shoja, 竹林精舎). Monastère situé au
Magadha, dans la partie nord de Rajagriha,
construit par le roi Bimbisara en offrande
au Bouddha Shakyamuni sur un terrain offert par Kalandaka,
homme fortuné de cette ville. D'après le Daito
Saiiki Ki, Kalandaka
avait d'abord fait don du site à une école non bouddhique,
mais il y fit construire un monastère qu'il offrit à Shakyamuni.
Comme le monastère Jetavana de Shravasti,
celui du Bois des Bambous fut l'un des principaux centres d'enseignement
de Shakyamuni. C'est là
que furent convertis Shariputra et Maudgalyayana,
puis Kashyapa. bambou moso (mengzong). Type de pousse de bambou. Mengzong vécut à Wu à l'époque des Trois Royaumes (220-280). D'après le 9e volume du Konjaku Monogatari (Histoires anciennes et modernes), les pousses de bambou étaient un des aliments préférés de sa mère. Un matin d'hiver, elle ne put arracher aucune pousse de bambou, car le sol était gelé et couvert de neige. Quand Mengzong s'en plaignit au ciel, les pousses de bambou sortirent spontanément dans le jardin. C'est pourquoi l'on donne à ces pousses de bambou le nom de mengzong. Ce qu'en dit Nichiren basho.
Sorte de plante sauvage d'origine chinoise qui fleurit en été
et en automne. Ses feuilles ovales et larges, allant jusqu'à deux
mètres, ressemblent à celles du bananier. Cette plante s'affaisse
dans la chaleur de l'été et se redresse par temps d'orage,
si bien que l'on disait que le bruit du tonnerre la faisait pousser. Ce
qu'en dit Nichiren bauhinia purpurea ou
arbre à orchidées. Arbuste aux feuilles coriaces bilobées.
Très belle floraison rouge. béatitude parfaite (sukhavati) voir Terre de la béatitude parfaite bekkyo voir enseignement distinct Bénarès voir Varanasi Bencho,
弁長 (1162-1238). Deuxième patriarche de l'école
Jodo et fondateur de la branche Chinzei
de cette école, également appelé Ben-a
ou Shoko. Il étudia tout d'abord la
doctrine Tendai au mont Hiei
puis, en 1190, retourna chez lui, dans la province
de Chikuzen. La mort de son jeune frère
lui fit comprendre la précarité de cette vie et provoqua
en lui le désir de renaître dans la Terre
pure. En 1197, il se rendit à Kyoto,
y rencontra Honen et devint son disciple. Il
retourna ensuite chez lui et revint, en 1199, dans la capitale où
il étudia à nouveau sous la direction de Honen.
En 1204, il revint une nouvelle fois dans sa province et propagea l'enseignement
Jodo dans les provinces de Chikuzen,
Chikugo, Higo
et quelques autres. On dit qu'il fit construire quarante-huit temples,
dont le Zendo-ji. Il écrivit de nombreux
traités, notamment le Tetsu Senchaku Shu (Doctrine
du Senchaku Shu) et le Jodo Shuyo Shu (Principes essentiels
de la doctrine Jodo). Ryochu fut son disciple
le plus connu. Ce qu'en dit Nichiren
Ben Kemmitsu Nikyo Ron voir Nikyo Ron Bennen, 弁円 voir Enni Ben no bo (Moine Ben) voir Nissho Benzaiten voir Saravasti betsu-fuzoku
別付嘱 (transmission spécifique). I. Transmission de l'essence du Sutra
du Lotus aux bodhisattvas Surgis
de Terre dans le chapitre XXI
(Pouvoirs supranaturels). Le terme est employé par opposition
à la transmission générale du chapitre
XXII (Passation) où le Sutra du Lotus est confié
à tous les bodhisattvas. Bhadrapala.
(Baddabara, 跋陀婆羅). Nom de
personnages qui apparaissent dans différents sutras Bhadraruchi (Ken'ai-ronji, 賢愛論師). Lettré bouddhiste de l'Inde occidentale qui, d'après le Daito Saiiki Ki, réfuta au cours d'un débat un brahmane du nom de Daiman Baramon (Brahmane Grand-Arrogance) à Malava, ancien royaume de l'Inde centrale. Extrêmement savant, Daiman Baramon eut plus de mille disciples. Il fit faire quatre statues, celles de Maheshvara, Vishnu, Narayana et un Bouddha, et s'en servit comme de piliers sur lesquels il posa sa plate-forme d'ordination, affirmant que sa propre sagesse surpassait de loin la leur. En entendant cela, Bhadraruchi se mesura à lui dans un débat public et l'emporta. Après quoi, Daiman Baramon le calomnia ainsi que le bouddhisme mahayana, ce qui lui aurait valu, dit-on, de tomber vivant en enfer. Ce qu'en dit Nichiren Bhadrika (Batsudai ou Batsudairika, 跋提・跋提梨). Un des cinq ascètes auxquels Shakyamuni tint son premier sermon après être parvenu à l'Eveil. Il faisait partie du clan Shakya et pratiqua l'ascétisme avec Shakyamuni avant que celui-ci n'atteigne la boddhéité. Lorsque Shakyamuni renonça aux pratiques ascétiques, Bhadrika et ses quatre autres compagnons pensèrent qu'il avait abandonné la recherche de la vérité, le quittèrent et se rendirent au Parc des Daims pour y poursuivre leurs pratiques austères. Mais, lorsque Shakyamuni eut atteint l'Eveil, il les y rejoignit et Bhadrika, l'ayant entendu prêcher, devint son disciple. Ce qu'en dit Nichiren Bhagavat
ou Bhagavant (Bienheureux,
Honoré du Monde, Vénéré du Monde,
Seson, Butsu-seson,
世尊) Un des dix titres honorifiques du Bouddha.
Littéralement "celui qui possède sa part" du bonheur
de la délivrance. On utilise
aussi ce terme lorsque l'on s'adresse à des divinités. Quand
le bouddhisme attribue cette épithète à un bouddha,
elle signifie "béni" ou "bienheureux". Dans
les versions chinoises des textes bouddhiques, il fut traduit par "le
Vénéré du Monde", désignant ainsi une
personne grandement révérée dans le monde parce qu'elle
est dotée de tous les bienfaits et parce qu'elle dispense des bienfaits
à tous les êtres vivants qui l'entourent. Bhaishajyaguru voir Yakushi Bhaishajyaraja voir Yakuo Bhaishajyarajasamudgata ou Bhaishajyasamudgata voir Yakujo bhavana. Entraînement, auto-discipline. Processus actif qui peut être mental, émotionnel, intellectuel, physique ou sensoriel. Samatha bhavana désigne un ensemble de pratiques méditatives. Il est généralement associé à vipassana bhavana, le développement de la vision supérieure qui consiste à prêter attention à la réalité. Dans le bouddhisme de Nichiren, ces pratiques se réfèrent au maka-shikan (arrêt et examen) de Zhiyi et sur un plan plus spécifique au kanjin (observation du coeur). Bhavaviveka ou Bhavya (Shoben, 清弁). Savant bouddhiste indien de l'école Madhyamika, au VIe siècle. A l'époque, cette école était scindée en deux, l'école Prasangika, dirigée par Buddhapalita, et l'école Svatantrika, qui avait à sa tête Bhavaviveka. Il étudia la doctrine de Nagarjuna et propagea la doctrine de la non-substantialité (ku). Il écrivit un commentaire du Chu Ron de Nagarjuna et débattit avec Dharmapala, disciple de l'école Rien-que-conscience. Il partait du point de vue que tous les phénomènes sont, par nature, interdépendants et non substantiels, tandis que Dharmapala affirmait qu'ils provenaient de la conscience, la seule réalité selon lui. bhiksu,
bhikkhu (moine bouddhiste, biku
比丘). A l’origine, le terme a été traduit par moine-mendiant. Cette
traduction est impropre dans la mesure où un bhiksu
ne s'adonne pas à la mendicité mais fait simplement appel aux autres pour
subvenir à ses besoins vitaux, ce qui lui permet de "rechercher la
Voie". Par ailleurs, dans la civilisation indienne antique, il n’y
a rien de méprisant dans cette occupation. Le bhiksu
permet d’accomplir le don qui est la première des six
paramita (actes moraux). Le Bouddha lui-même était un
bhiksu, il n’avait nulle possession
et dépendait pour sa subsistance quotidienne des dons de laïcs.
Le terme désigne actuellement le clergé bouddhique qui quête
sa nourriture. En savoir plus. Ce
que Nichren dit sur les moines de son époque bhiksuni
(féminin de bhiksu, nonne bouddhiste,
bikuni, 比丘尼 ou ama).
Femme qui a quitté son foyer et pris l'engagement de suivre les
préceptes du vinaya-pitaka. Les
nonnes sont un élément constitutif de l'assemblée
bouddhique (varga).
En savoir plus bhumi voir les dix étapes de développement Bian-ho.
Personnage dont parle Han
Fei Zi. Bian-ho trouva une pierre de
jade au mont Chu et l'offrit au roi Li.
Quand le roi la fit évaluer, les experts n'y virent qu'un simple
caillou. Par conséquent le roi fit couper le pied gauche de Bian-ho.
Après la mort de ce roi, Bian-ho offrit
de nouveau la pierre de jade, cette fois au roi Wu,
sans autre résultat que d'avoir le pied droit coupé, accusé
pour la seconde fois de tromperie. Plus tard, après l'accession
du roi Wen au trône, Bian-ho
pleura trois jours durant, en bas du mont Chu
en gardant la pierre de jade dans sa main, et finit par verser des larmes
de sang. En apprenant cela, le roi Wen demanda
à Bian-ho sa pierre et la fit polir.
Il fut alors reconnu qu'il s'agissait bien d'un jade précieux qui
suscita ensuite l'admiration du peuple tout entier. Ce
qu'en dit Nichiren Bian Que,
扁鹊 ou Qin Yue Ren (Pien
Ch'üeh, Pien Ch'iao, Pien K'iue, Bian Qiao ou
Pien Ts'ue). Médecin de la période du Printemps et
de l'Automne chinois. (de - 770 à - 403). Il étudia la médecine
dans son enfance, et on le disait capable de guérir pratiquement
toutes les formes de maladies. Ce
qu'en dit Nichiren. Bidatsu ou Bitatsu Tenno 敏達 天皇 (538 <572-586). Le 30e empereur du Japon. Fils et successeur de Kimmei. Il épousa l'impératrice Suiko. Il était l'un des oncles du prince Shotoku. Ce qu'en dit Nichiren Bidonshu voir Abhidharma bienfaits de la pratique (biens spirituels, mérites, kudoku ou fukutoku, 功徳, 福徳, guna ou punya). Littéralement, "oeuvres et vertus". Les oeuvres (ku) sont les bonnes actions que l'on accomplit et les vertus (toku), ce que l'on retire des oeuvres. Les vertus, en retour, permettent de mieux réaliser les oeuvres. Le bouddhisme de Nichiren marque une distinction entre bienfaits apparents et inapparents. Ce qu'en dit Nichiren bienfaits apparents (ken'yaku, 顕益) et inapparents (myoyaku, 冥益). Le terme de "bienfait apparent" est utilisé par opposition au "bienfait invisible", ou bienfait obtenu graduellement au bout d'un certain temps et qui n'est pas immédiatement reconnaissable. Le gosho Kyo Gyo Sho Gosho (Enseignement, pratique et preuve) dit: "Ceux qui ont atteint l'Eveil à l'époque du Dharma correct ou du Dharma formel ont manifesté leur Eveil comme un bienfait apparent parce que la relation qu'ils avaient eue avec Shakyamuni de son vivant était finalement parvenue à maturation. A présent, à l'époque des Derniers jours du Dharma, les êtres reçoivent la graine de la boddhéité pour la première fois et atteignent donc l'Eveil en tant que bienfait invisible." Ce passage indique que le bienfait apparent est le bienfait du bouddhisme de la récolte. Du point de vue des trois étapes de l'ensemencement, de la maturation et de la récolte, ceux qui atteignirent l'Eveil aux époques du Dharma correct ou du Dharma formel ont reçu la graine de la boddhéité de Shakyamuni dans le passé et l'ont nourrie par son enseignement pendant de nombreuses vies jusqu'à ce que leur capacité à l'Eveil soit arrivée presque à maturation. Ainsi, lorsqu'ils renaquirent, ils furent capables de faire le dernier pas nécessaire sur la voie de la boddhéité en pratiquant les enseignements de Shakyamuni. Comme leur Eveil se manifesta à ce moment-l, on l'appelle un bienfait apparent. Mais, à l'époque des Derniers jours du Dharma, les êtres reçoivent la graine de la boddhéité pour la première fois et leur Eveil ne survient donc pas immédiatement. Par conséquent, on l'appelle bienfait invisible. Toutefois, même si la graine de la boddhéité n'est que peu développée, un bienfait apparent se manifestera lorsque la vie d'un pratiquant est en danger, pour marquer la différence entre les véritables enseignements bouddhiques et les enseignements erronés, ou quand une preuve du pouvoir du Gohonzon doit être apportée à de nouveaux croyants. D'un autre point de vue, même le bienfait apparent obtenu par ceux qui vivaient aux époques du Dharma correct et du Dharma formel ne fut rien d'autre qu'une accumulation de bienfaits invisibles; et le bienfait invisible de ceux qui reçoivent la graine de la boddhéité pour la première fois à l'époque des Derniers jours du Dharma finira par apparaître avec une irréfutable évidence. En ce sens, ce ne sont pas deux sortes différentes de bienfaits mais deux voies par lesquelles le bienfait se manifeste. Ce qu'en dit Nichiren Bienfaits de la joie conséquente [chapitre] ou Bienfaits de l'acceptation joyeuse. (Zuiki kudoku hon, 随喜功徳品, Suixi gongde pin). Chapitre XVIII du Sutra du Lotus. Avec la dernière partie du chapitre précédent, il décrit les bienfaits obtenus lorsque l'on se réjouit d'entendre le bouddha Shakyamuni révéler son Eveil primordial dans le chapitre Juryo. Il traite de la première des cinq pratiques merveilleuses - se réjouir d'entendre le Sutra du Lotus. Ce chapitre expose le principe de propagation continue jusqu'à la cinquantième personne (goju tenden). Le bodhisattva Maitreya demande à Shakyamuni: "Si quelqu'un se réjouit d'entendre le Sutra du Lotus après la mort du Bouddha, quels bienfaits peut-il en obtenir?" En réponse, le Bouddha mentionne le principe suivant: "une personne se réjouit d'entendre le Sutra du Lotus après la mort de Shakyamuni et l'enseigne à une seconde personne qui l'enseigne à une troisième, et cela jusqu'à ce que cinquante personnes aient entendu le Sutra." Shakyamuni explique que les bienfaits reçus par cette cinquantième personne sont incommensurables; à plus forte raison, ceux obtenus par la première. Dans le Ongi Kuden, Nichiren interprète ces cinquante personnes comme représentant l'humanité, indiquant ainsi que tout le monde peut obtenir d'immenses bienfaits grâce au Dharma merveilleux. Lire le Sutra Bienfaits du Maître du Dharma (Hosshi kudoku hon, 法師功徳品, Fashi gongde pin). Chapitre XIX du Sutra du Lotus. Le bodhisattva Nityodyukta (Joshojin) interroge le Bouddha sur les vertus que les maîtres du Dharma retirent de leurs pratiques. Shakyamuni affirme qu'en suivant les cinq pratiques qui consistent à croire, lire, réciter, enseigner et transcrire le Sutra, on peut purifier ses six organes des sens. Il les énumère un à un ainsi que le résultat de leur purification. Pour l’œil, on gagne en acuité visuelle, distinguant les choses qui sont cachées, par exemple les limites de ce monde ou les profondeurs terrestres. Pour l’ouïe, pareillement, on perçoit les voix qui normalement sont inaudibles, sans pour autant que l’écoute s'en trouve perturbée. L’odorat devient également plus fin permettant de reconnaître les plantes ou les êtres, voire même leur état au-delà de ce que la vue décèle. Le goût se trouve développé et les saveurs désagréables sont transformées; de plus par la langue, la voix devient "profonde et sublime" et peut émettre le son du Dharma. La purification de la peau entraîne celle du corps tout entier qui devient une sorte de lieu où se réfléchissent les images d'autres corps. Enfin, la purification de l'organe mental entraîne l’affinement des fonctions mentales, la prescience et la connaissance intime du Dharma bouddhique. Lire le Sutra bienfait [merveille du] (riyaku myo). L’une des dix merveilles de la doctrine transitoire et des dix merveilles de la doctrine primordiale dégagées par Zhiyi dans son Hokke gengi. Le Sutra du Lotus définit ce bienfait par les paroles suivantes: "Enseignant le Dharma, le Bouddha permet à tous les êtres de s’ouvrir, puis de s’éveiller à leur nature primordiale. Ils peuvent ainsi pénétrer dans la sagesse et la vision du Bouddha; ceci est semblable à la pluie qui arrose la terre et apporte ses bienfaits de manière universelle. Ce bienfait est merveilleux et inconcevable". bienfait primordial [merveille du] (hon riyaku myo). Bienfait primordial de la Terre de la lumière toujours paisible sereine (jakko-do) dont le Bouddha fait profiter les êtres: "Lorsque tous ressentent la joie". Cf. Les dix non-dualités Bi
Gan (Pi
Kan, 比干) ministre de la dynastie Shang
ou Yin (XIe siècle avant notre ère).
L'empereur Shang Zhou (-1154 à -1134)
était particulièrement cruel. Il gouvernait avec ses 3 oncles,
Bi Gan, Qi Zi
et Wei Zi. La corruption était à
son comble et le peuple était opprimé. Après de vaines
remontrances adressées à l'empereur, Wei
Zi se résigna, Qi Zi se prétendit
malade et seul Bi Gan continua à presser
l'empereur de se repentir en disant : "C'est la responsabilité
des serviteurs de corriger leur maître; s'ils ont peur de mourir
et se taisent ils ne sont plus dans le droit chemin." Shang
Zhou lui répondit "J'ai entendu dire que le cœur
humain avait sept ouvertures. Si tu es loyal laisse-moi voir ton cœur."
Et il fit ouvrir la poitrine de Bi Gan. Lorsque
la femme de ce dernier apprit la nouvelle elle comprit que l'empereur
ferait également exécuter toute sa famille. Elle s'enfuit
dans la forêt et l, donna le jour à un garçon
qu'elle appela Jian.
Peu de temps après Shang
Zhou a été
renversé par Zhou
Wu Wang. Et comme Jian
était né dans une forêt Zhou
Wu Wang lui donna le nom Lin (forêt).
Ce qu'en dit Nichiren Bilou (abréviation de Bilouchenafo, Biru, Birushanabutsu,Vairocana) biku (moine mendiant, biqiu, bhiksu) Bimbisara
(Bimbashara-o,
婆娑羅王 ou Binbashara-o 頻婆舍羅王) ( -558 à -491).
Roi du Magadha,
un des plus puissants royaumes de l'Inde,
et fervent croyant de Shakyamuni. La tradition rapporte que, lorsque Shakyamuni
partit de chez lui à la recherche de l'Eveil, il arriva à
Rajagriha, capitale du Magadha
où son noble comportement attira l'attention du souverain qui lui
offrit sa fortune et le commandement de son armée. Shakyamuni refusa,
en expliquant qu'il ne recherchait qu'une chose: l'Eveil. Bimbisara
le pria donc de lui enseigner la vérité qu'il recherchait
dès qu'il l'aurait trouvée. Après son Eveil, Shakyamuni
retourna effectivement au Magadha, et Bimbisara
devint un de ses zélateurs. Il offrit le monastère du Bois
de Bambous à la communauté bouddhique
et fit tailler un escalier de pierre jusqu'au sommet du Pic
du Vautour, l'une des montagnes près de Rajagriha,
où Shakyamuni prononça plusieurs sermons. D'après
le Hasoji (Sur la destruction de l'Ordre), le fils de
Bimbisara, Ajatashatru,
poussé par Devadatta, fit emprisonner
son père et se fit couronner à sa place. Plus tard, lorsque
Ajatashatru tomba gravement malade, Bimbisara
éprouva pour lui une grande pitié. Lorsqu'il en prit conscience,
il regretta sa conduite et lui envoya des hommes pour le libérer.
Mais Bimbisara, croyant qu'ils venaient pour
le torturer, se suicida. Selon d'autres sources, Ajatashatru
laissa son père mourir de faim en prison. Une autre version prétend
que Bimbisara aurait été averti
du complot d'Ajatashatru mais que, constatant
à quel point son fils était impatient de régner,
il aurait volontairement abdiqué.
Ce
qu'en dit Nichiren Biru (abréviation de Birushanabutsu, Bilou, Bilouchenafo, Vairochana) Bishamon
tenno
毘沙門天 ou Tamon tenno, (Roi
céleste Grande-Ecoute, Duowen tianwang,
Vaishravana devaraja
ou Kuvera). Le plus connu et le plus important
des Quatre grands rois du ciel. Il habite sur
le mont Sumeru, à mi-chemin du sommet,
sur la partie septentrionale et qui protège le Nord avec l'aide
de yaksha, déités
du monde végétal et minéral et des kinnara,
musiciens célestes à tête de cheval. Il a pratiqué des austérités
pendant mille ans et reçut en récompense de Brahma
une immense fortune. Plus tard, il a écouté avec une grande
application les sermons du Bouddha, méritant ainsi le nom indien
de "celui qui écoute attentivement ici et là".
Il est souvent représenté avec un corps noir pour symboliser la
protection des croyants dans l'obscurité. Il tient une épée
ou un trident, ou encore une mangouste, qui représentent sa victoire
sur les naga. Lorsqu'il tient un stupa,
il représente la fortune, ou, sur un plan plus spirituel, la bonne
fortune (fuku'un). Dans le chapitre
Dharani, il s'engage à protéger les adeptes du Sutra
du Lotus. Au Japon, on le range parmi les sept
divinités bénéfiques (shichi
fukujin). Le shinto populaire le considère
comme un des trois kami de la guerre. Ce
qu'en dit Nichiren Bishukatsuma voir Vishvakarman bo voir bonze Bodai-daruma voir Bodhidharma bodaiju voir arbre bodhi bodaishin voir aspiration à l'Eveil Bodaishin ron 菩提心論 (Bodhicittavivarana) Traité sur l'esprit qui aspire à l'Éveil ou Traité sur l’aspiration à l’Eveil). Ouvrage attribuée, certainement à tort, à Nagarjuna et traduit par Amoghavajra (Pukong). Il est probable que ce soit Amoghavajra lui-même qui l'ait écrit et, cherchant à lui donner plus de poids, l'a attribué à Nagarjuna. C'est un commentaire de la notion mahayana de la bodhicitta. Bodai ou bodhi, c’est l’Eveil, shin, ou chitta, c’est l’esprit. Il définit trois aspects du désir d'atteindre l'Eveil: 1) le grand désir compatissant de sauver tous les êtres vivants; 2) la grande sagesse qui permet de déterminer quel sutra est souverain;l 3) la méditation, concentration sur un seul point (bindu). Le Shingon accorde à cette œuvre une grande importance, car elle établit une distinction entre les enseignements exotériques et ésotériques. Kukai, le fondateur du Shingon, citait fréquemment le Bodaishin ron pour affirmer la supériorité des enseignements ésotériques sur le Sutra du Lotus. Ce qu'en dit Nichiren Bodai Shiryo ron 菩提資糧論. Traité consistant en un original en vers, attribué à Nagarjuna, et un commentaire en prose ajouté plus tard. Traduit en chinois par Dharmagupta, il énumère diverses pratiques de bodhisattva pour atteindre la boddhéité. Ce qu'en dit Nichiren boddhéité ou
état de bouddha ou état d'éveillé
(bodai
菩提, bukkai
仏界,
bodhi).
Etat propre au 10e des 10 mondes. Il ne
s'agit pas de sainteté au sens occidental. C'est encore moins un
état surnaturel, bien qu'un glissement dans ce sens ait été
observé dans nombre d'écoles bouddhiques. Dans l'optique
du Sutra du Lotus, c'est un état inhérent à
toute vie et que la pratique bouddhique permet de développer. Comme
tous les autres états (voir les dix mondes),
il contient les 9 autres: la souffrance, le désir, la colère,
etc. mais ayant purifié ses racines, le bouddha est maître
de ses émotions. La boddhéité, c'est également
la compréhension profonde de la réalité de la vie,
de la non-substantialité et de l'impermanence.
Lorsqu'on parle d'atteindre la boddhéité
dans cette vie (issho jobutsu),
il ne s'agit nullement d'un statut permanent mais d'un état
de vie où prédominent les caractéristiques propres
au bouddha. Cet état est aussi fluctuant que les 9 autres. Bodhgaya,
Buddhagaya,
Bodh-Gaya
(Buddagaya, 仏陀伽耶). Lieu de l’Eveil
du bouddha Shakyamuni. Situé dans l’ancien
royaume de Magadha
(actuel Bihar méridional), il demeure un lieu de pèlerinage
important. Un arbre de bodhi (ficus religiosa,
açvattha) qui proviendrait
d’une bouture d’un arbre du Sri Lanka, lui-même descendant
de l’arbre sous lequel le Bouddha réalisa l’Eveil,
a été replanté après le passage des musulmans
au XIIe siècle qui dévastèrent les lieux. On se reportera
avec intérêt à la description qu’en fait Xuanzang
au VIIe siècle .
C'est à cet endroit, non loin de la rivière Nairanjana
que le roi Ashoka fit construire un monastère
et un stupa. Les moines chinois Faxian
et Xuanzang visitèrent ce site respectivement
aux Ve et VIIe siècles. Plus tard, du fait du déclin du
bouddhisme, Bodhgaya tomba en ruine et ce
n'est qu'au XIXe siècle que des vestiges y furent découverts. Voir
également les itinéraires de Shakyamuni en Inde.
bodhi (Eveil) bodhichitta (aspiration à l'Eveil, bodaishin, 菩提心). Etat d'esprit qui pousse à rechercher la boddhéité ou la sagesse de bouddha. Dans le Mahayana c'est le premier pas dans la pratique bouddhique. Ce qu'en dit Nichiren Bodhidharma
(Bodaidaruma,
菩提達, Putiduolo), (470?-543?). Moine
bouddhiste, fondateur du bouddhisme Zen (Chan)
en Chine. Les informations biographiques le concernant sont rares, souvent
contradictoires, et il est difficile de distinguer ce qui relève
de la réalité et de la légende. Il aurait été
le troisième fils du roi de Koshi,
un royaume du sud de l'Inde. Il aurait étudié le Mahayana
et, par la suite, se serait consacré à la pratique de la
méditation (dhyana).
Après quoi il aurait voyagé dans de nombreux pays et gagné
la Chine par voie maritime. Selon la légende, Bodhidharma
survit au voyage périlleux qui le conduisit des Indes lointaines
jusqu'aux confins de la Chine. Voyant ses disciples tomber d'épuisement
alors même qu'il leur transmettait son savoir, il conclut que la
recherche du satori (illumination) par le
Chan ne devait pas se faire au détriment
du corps, mais plutôt par l'union corps/esprit. Il développa
un principe élémentaire d'entraînement physique progressif
permettant d'exercer force et endurance. Le point essentiel de cette gymnastique,
le Yinjinjing, est un accord harmonieux des
lois naturelles Yin (négatives) et
Yang (positives). En Chine, il aurait reçu
un accueil chaleureux de la part de l'empereur Wu
et aurait prêché la doctrine Chan
dans la capitale de Jianye. Mais n'ayant
pas été apprécié, il se serait retiré
au temple de Shaolin-si sur la montagne Song
où il aurait médité pendant neuf ans devant un mur,
s'éveillant ainsi à la profonde vérité du
Chan mais perdant l'usage de ses jambes.
Son successeur fut Huiko. La date de sa mort
est controversée: certains avancent l'année 528 et d'autres
536. On prétend qu'il aurait vécu jusqu'à l'âge de
cent cinquante ans. Ce qu'en
dit Nichiren Bodhiruchi.
1. (Bodairushi, 菩提流支)- (?
- 527). Fondateur de l'école Dilun
(Jiron). En 508,
il quitta le nord de l'Inde et se rendit à Loyang
en Chine où il traduisit trente-neuf textes bouddhiques dont le
Jujikyo Ron, le Sutra
Kongo Hannya et le Sutra
Lankavatara. Il est considéré comme un patriarche
de Jodo parce qu'il fit don d'un exemplaire du
Sutra Kammuryoju à
Tanluan et qu'il
traduisit le Jodo Ron, un commentaire
du Sutra Muryoju de Vasubandhu.
Bodhiruchi. 2. (Bodairushi, 菩提流志) - (? - 727). Brahmane converti au bouddhisme et traducteur de nombreux textes en chinois. bodhisattva
(bosatsu, 菩薩).
Traduit parfois par "être d’Eveil
". Celui qui vit dans la proximité de l’Eveil, celui
qui, habité de l’esprit de bodhi,
est postulant à l’Eveil. Selon une autre interprétation
"bodhi" signifiant "boddhéité" et "sattva"
"êtres", c'est celui qui mène les êtres vers l'Eveil. bodhisattvas
cités par Nichiren bodhisattvas de l'enseignement essentiel
(honge-no-bosatsu, 本化の菩`).
Bodhisattvas qui furent instruits par le Bouddha qui révèle
sa véritable identité. Dans l'enseignement
essentiel du Sutra du Lotus, Shakyamuni leur confie qu'il
atteignit pour la première fois l'Eveil dans le passé illimité
de gohyaku jintengo. Ce sont les bodhisattvas
Surgis de terre mentionnés dans le chapitre
XV (Surgis-de-Terre). Shakyamuni leur confie la mission de
propager le principe du Sutra, le Dharma merveilleux
à l'époque des Derniers jours du Dharma.
Ce s'en dit Nichiren bodhisattvas de l'enseignement théorique
(shakke-no-bosatsu 迹化の菩`) Bodhisattvas qui
sont les disciples d'un bouddha provisoire, tels que Kannon,
Yakuo, etc. Un bouddha provisoire est un bouddha
qui, désirant sauver les hommes, assume un rôle transitoire, selon
ses capacités personnelles, sans révéler sa véritable
identité. Dans les enseignements qui précèdent le
Sutra du Lotus et dans l'enseignement
théorique de celui-ci, Shakyamuni ne révèle pas
qu'il a déjà atteint l'Eveil dans
le passé illimité de gohyaku jintengo.
Mais il joue le rôle provisoire d'un bouddha qui est parvenu à
l'Eveil pour la première fois au cours de sa présente vie.
Ces bodhisattvas apparaissent aux époques
du Dharma correct et du Dharma formel et propagent le Mahayana
provisoire cet sont appelés bodhisattvas de l'enseignement
théorique, par opposition aux bodhisattvas de l'enseignement essentiel
que sont les bodhisattvas Surgis de terre, ou
les disciples d'un bouddha qui révèle son Eveil primordial
et sa véritable identité. Ce
s'en dit Nichiren Bodhisattva
Fukyo (Toujours-Sans-Mépris)
[chapitre] (Jofukyo
bosatsu bon, 常不軽菩`品,
Changbuqing pusa). XXe
chapitre du Sutra du Lotus. Shakyamuni illustre à
la fois le bienfait de croire dans le Sutra du Lotus et de le
pratiquer, ainsi que la gravité de la rétribution qu'entraîne
le fait de calomnier ses adeptes par l'histoire
du bodhisattva Fukyo
("Sans mépris"). Ce bodhisattva vécut à
l'époque du Dharma formel du bouddha Ionno,
alors que des moines arrogants jouissaient d'une
grande autorité et que le bouddhisme déclinait. Il faisait
toujours preuve de respect vis-à-vis des êtres qu'il rencontrait
en leur disant: "Je vous respecte profondément, je n'oserais
jamais vous mépriser ou être arrogant, car vous pratiquerez
tous un jour la voie du bodhisattva et atteindrez immanquablement l'état
de bouddha." Des moines, des nonnes et des laïcs se moquèrent
de lui et l'attaquèrent à coups de bâtons et de pierres.
Cependant, Fukyo persévéra
dans sa pratique, et, après avoir expié toutes ses offenses
passées, et avoir totalement purifié ses six
sens, il atteignit l'Eveil suprême
grâce au bienfait du Sutra du Lotus. Les êtres arrogants
qui l'avaient persécuté devinrent ses disciples, mais à
cause de leurs offenses passées, ils tombèrent dans l'enfer
des souffrances incessantes où ils restèrent pendant
mille kalpa. Ils finirent cependant par pouvoir
rencontrer à nouveau le bodhisattva Fukyo
et à être convertis par lui au Sutra du Lotus. Cette
histoire illustre le principe de l'atteinte de la boddhéité
par une relation d'opposition (gyakuen no kudoku),
établi dans le Sutra du Lotus, qui sauve même ceux
qui s'y opposent. Shakyamuni identifie le bodhisattva Fukyo
à lui-même dans une existence passée et ajoute que
ceux qui l'ont calomnié ont atteint l'étape de non-régression
et font à présent partie de l'assemblée à
laquelle il enseigne le Sutra du Lotus, c'est-à-dire les
cinq cents bodhisattvas conduits par Bhadrapala,
les cinq cents moines conduits par Simhachandra
et les cinq cents laïcs conduits par Sugatachetana.
Il demande ensuite que le Sutra du Lotus soit pratiqué
avec sincérité et propagé après sa mort. Lire
ce chapitre bodhisattva-mahasattva
(bosatsu-makasatsu,菩` 摩訶`)
Littéralement grand être; bodhisattva
recherchant le Véhicule unique et ayant
surmonté de grandes épreuves. Bodhisattva
Myoon
(Son-Merveilleux) [chapitre]
(Myoon
bosatsu hon, 妙音菩`品,
Miaoyin pusa pin) XXIVème chapitre
du Sutra du Lotus.
Ce chapitre se situe dans la lignée des chapitres XXIII à
XXVIII (hors chapitre XXVI, Dharani) qui décrivent des
bodhisattvas fantastiques. Cette fois-ci, il s’agit de Myoon
bodhisattva d’un autre univers, qui possède la faculté
de prendre toutes les formes qu'il désire afin de propager le Sutra
du Lotus. Au début du chapitre, Shakyamuni émet un
rayon lumineux à partir de la boucle de cheveux blancs qui se trouve
entre ses sourcils, illuminant ainsi d'innombrables terres de bouddhas
vers l'est, dont la terre Jokoshogon (Nimbée
de pure lumière). Là réside le bouddha Jokeshukuochi
(Roi sage de la constellation Fleur pure) qui est servi par le bodhisattva
Myoon. Dès que ce monde a été
illuminé, Myoon annonce au bouddha
Jokeshukuochi qu'il ira dans le monde saha
pour faire des offrandes à Shakyamuni. Après avoir fait
magiquement apparaître 84000 joyaux en
forme de lotus sur le Pic
du Vautour, il arrive avec une suite de 84000 bodhisattvas. Le bodhisattva
Ketoku (Vertu de fleur) supplie le bouddha
Shakyamuni de dire à l'Assemblée quelles causes ont été
créées par le bodhisattva Myoon
pour obtenir ses pouvoirs mystiques. Shakyamuni
répond que, dans le passé lointain, il a servi le bouddha
Unraionno (Roi du son du tonnerre dans les
nuages) pendant 2000 ans en lui offrant 100 000 sortes de musiques et
84000 sébiles faites en sept sortes de pierres précieuses.
Par sa dévotion, il a acquis ses pouvoirs mystiques. Il peut apparaître
sous les traits d'un dieu, d'un être humain, d'un dragon, d'un démon
ou sous toute autre forme pour enseigner le Sutra du Lotus. Shakyamuni
décrit les 34 formes qu'emprunte ce bodhisattva pour sauver les
êtres. Après avoir fait des offrandes à Shakyamuni,
Myoon retourne dans sa terre d'origine. Ce
bodhisattva incarne la pluralité des facteurs propices au salut
dans l’enseignement du Dharma bouddhique. Lire
ce chapitre bodhisattvas [quatre] (shi bosatsu, si pusa) bodhisattvas Surgis de terre
ou bodhisattvas de la doctrine essentielle
(jiyu no bosatsu, 地涌の菩`).
Bodhisattvas que Shakyamuni chargea de propager le Dharma merveilleux
à l'époque des Derniers jours du Dharma.
Ils sont mentionnés dans le chapitre XV,
qui marque le début de l'enseignement essentiel.
Dans ce chapitre, d'innombrables bodhisattvas venus des autres mondes
demandent la permission de propager le Sutra du Lotus dans le
monde saha après la mort du Bouddha. Mais
Shakyamuni refuse, alléguant qu'en ce monde se trouvent déjà
des bodhisattvas qui accompliront cette tâche. A ce moment-l,
la terre tremble et des bodhisattvas en surgissent, aussi nombreux que
les grains de sable de soixante mille affluents du Gange, chacun accompagné
d'une suite de fidèles (kenzoku).
Leurs corps sont dorés, ils possèdent les trente-deux
traits caractéristiques et sont guidés par les quatre
bodhisattvas Jogyo, Muhengyo,
Jyogyo et Anrugyo,
le premier dirigeant les trois autres. Dans le chapitre
XXI, Shakyamuni transmet les principes essentiels du Sutra du
Lotus aux bodhisattvas Surgis de terre, les chargeant de les propager
à l'époque des Derniers jours du Dharma. En ce qui concerne
l'endroit d'où les bodhisattvas émergent, le chapitre Yujutsu
dit simplement qu'ils vinrent d'un "espace situé sous terre".
L'école Tiantai interprète ces
mots comme désignant l'"extrême profondeur de la vie,
c'est-à-dire la réalité absolue" Pour
Nichiren la prédiction de l’apparition de ces bodhisattvas
dans la période de la fin du Dharma revêt
une importance fondamentale. Durant une bonne partie de sa carrière,
on perçoit dans ses écrits un questionnement sur l’identité
du bodhisattva Jogyo en relation avec la
mission qu'il s’est fixée. Sur son Gohonzon,
les quatre dirigeants des bodhisattvas Surgis de Terre apparaissent dans
la partie supérieure, à côté des bouddhas Shakyamuni
et Taho. Leur nom est précédé
de la locution votive Namu. Voir
un Gohonzon. Ce qu'en
dit Nichiren bodhyanga (littéralement branche de l'Eveil). Facteurs et fonctions dont le pratiquant peut se servir pour atteindre l'éveil. Voir les sept bodhyanga Bois de Bambou [monastère du] bol
d'aumônes (hachi
ou hatsu, 鉢, patra,
patta). Bol, en terre cuite ou en fer, que
les bikhsu, (moines bouddhistes) étaient autorisés
à posséder. Ils servaient à recevoir de la nourriture ou des dons. Ce
qu'en dit Nichiren bompu ou bombu, 凡夫 (simple mortel, prithag-jana ou bala)1. Homme ordinaire non éveillé, lié par des désirs terrestres et condamné au cycle du samsara. 2. Personne qui ignore volontairement les enseignements bouddhiques et ne s'intéresse qu'aux sujets mondains. 3. Dans le Sarvastivada personne qui n'a pas encore atteint le stade d'arhat ou d'avaivartika. 4. Par opposition à arya, personne respectable ou de noble naissance bala désigne l'homme du peuple ou un ignorant, voire un idiot. Ce qu'en dit Nichiren bonne fortune (fukuun,
阿福, punya). Part de bon karma
accumulé par la pratique et l'adéquation avec le Dharma
bouddhique. Le terme sanskrit punya est
presque toujours employé en combinaison avec un terme qu'il détermine;
ainsi punya-kshetra est traduit par "environnement
de bonne fortune" ou champ bénéfique; punya-paryaya
est "le détail des mérites", punya-prasava
est "l'accumulation de bienfaits". Employé seul dans les textes
japonais il est pratiquement l'équivalent de kudoku
ou fukutoku, 功徳・福徳, il peut être traduit
par "bénédiction", "mérite" ou
"bienfait". Ce qu'en
dit Nichiren bonnes destinées (zenshu,, sugati). Les deux existences supérieurs
du cercle du samsara: monde-état
des hommes et monde-état du ciel. Selon les
doctrines theravada,
on y renaît suite aux bonnes actions de l'existence passée. bonno (désirs terestres, passions, fengnao) bonno soku bodai (les passions s’identifient à l’Eveil, fengnao ji puti) Bonten
梵天 ou Daibonten
ou Baramon-ten
(Fantian, Fan
Wang). Divinité protectrice inspirée du Brahma
indien dont il garde un certain nombre d'attributs, mais pas son ciel.
On pensait qu'il vivait dans le premier des quatre
ciels de méditation dans le monde de
la forme, au-dessus du mont Sumeru et qu'il
régissait le monde saha. Au Japon il est
généralement représenté avec une seule tête
de deux mains dont l'une tient une fleur épanouie ou un évantail.
Ce qu'en dit Nichiren bonze
(bozu). A l'origine, supérieur de
monastère bouddhiste. A partir du XIIe siècle le terme s'emploie
pour désigner les moines bouddhistes en général.
Sa forme abrégée bo avec parfois
le suffixe honorifique san (bo-san)
se retrouve dans le nom de bon nombre de disciples de Nichiren : Abutsu-bo,
Jakunichi-bo, Sairen-bo,
Sanmi-bo, etc. bosquet
de shala. Le shala
ou sarja, sala
(shorea robusta, shara-ju, 沙羅樹) est un arbre
aux feuilles vertes persistantes que l'on trouve au nord de l'Inde
et dont les fleurs jaunes pâles ressemblent à des camélias.
Le
bosquet d'arbres shala fut celui où
Shakyamuni exposa son dernier enseignement, le Sutra
du Nirvana, et le lieu où il mourut. Une légende
raconte que les arbres shala se mirent à
fleurir et inclinèrent leur branches pour lui rendre hommage. Bouddha
(hotoke, butsu,
佛,
buddha). Littéralement l’Éveillé.
Trois significations relativement différentes : bouddha [monde-état de] voir dix mondes bouddha [nature de] (bussho, 仏性 buddhadhatu ou buddha-gotra ou buddhat). La cause interne ou la potentialité qui permet d'atteindre l'état de bouddha On l'appelle aussi la semence de l'état de bouddha ou la matrice de l'Ainsi-Venu (nyoraizo, tathagata garbha). Le Mahayana estime généralement que tous les hommes possèdent de manière inhérente la nature de bouddha, bien qu'elle puisse être obscurcie par les illusions et un mauvais karma. Tout au long de l'histoire du bouddhisme, la nature de bouddha a donné lieu à de multiples explications et débats, sur le fait de savoir si elle était ou non inhérente à tout être humain. L'école Tiantai affirme que chacun est doté des trois potentialités qui caractérisent la nature de bouddha et peut donc atteindre l'Eveil. L'école Hosso enseigne la théorie des cinq natures, qui veut que chacun naisse en étant par nature contraint d'appartenir à l'un des cinq groupes suivants : ceux qui sont destinés à devenir bodhisattva, ceux qui connaîtront l'Eveil personnel, ceux qui sont destinés à l'étude, un groupe indéterminé et ceux qui ne pourront devenir ni bodhisattva, ni auditeur-shravaka, ni pratyekabuddha. Seuls ceux qui sont destinés à devenir bodhisattva et le groupe indéterminé peuvent atteindre la boddhéité. Le bouddhisme de Nichiren enseigne que tous les êtres humains sans exception peuvent manifester leur nature inhérente de bouddha. bouddha [reliques
du] (busshari, 仏舎利, sharira).
Ce qui demeura du bouddha après incinération. On rapporte
que les cendres de Shakyamuni furent divisées en huit parties et,
pour leur conservation, des stupas furent construits
dans huit pays. Le Yoku Butsu Kudoku mentionne deux sortes de
reliques: les restes physiques du Bouddha et les enseignements qu'il exposa
Les premières sont appelées reliques du corps physique (shoshin
no shari), tandis que les secondes sont les reliques du corps du
Dharma (hosshin no shari). Ces dernières
furent ensuite divisées en deux parties: celles du corps complet
(zenshin no shari) qui renvoient au Sutra
du Lotus et les reliques fragmentaires (saishin
no sham), terme par lequel on désigne les enseignements
qui précédèrent ce sutra. bouddha de la joie sans limites ou bouddha de la liberté absolue. Le Bouddha qui tire une joie illimitée du Dharma merveilleux et qui expose directement le Dharma auquel il s'est éveillé. Ce terme est utilisé par opposition au "bouddha de la bienfaisance" qui se manifeste pour répondre aux attentes des hommes et les fait bénéficier des divers enseignements qu'ils veulent entendre. Zhiyi identifie le "bouddha de la joie sans limites" au bouddha révélé dans l'enseignement essentiel du Sutra du Lotus et le définit comme une entité dotée de manière parfaite des trois propriétés. [corps du Dharma, corps de gloire, corps manifesté]. Si l'on considère le Bouddha de l'enseignement essentiel comme le Bouddha véritable et éternel, ces trois qualités ne peuvent être le résultat d'une pratique accumulée, mais sont inhérentes à sa vie depuis l'éternité. bouddha
des dix directions
: jippo no sho butsu, 十方の諸佛, abréviation
de jippo funjin no shobutsu, 十方分身の諸佛.
Les bouddhas du corps fractionné des dix directions. Il s'agit
des bouddhas qui apparaissent pour convertir les êtres et qui représentent
une émanation (un fractionnement) dans les dix directions du corps
du bouddha. Les dix directions désignent le déploiement
de l'espace nord, sud, est, ouest, nord-ouest, nord-est, sud-est, sud-ouest,
zénith et nadir. Le Sutra Butsumyo
établit la liste des noms de 11 093 bouddhas et bodhisattvas bouddha [état] bukkai voir éveil Buddhalocana
(Buddhalochana,
Butsugen 仏眼) Oeil du Bouddha; appelé également
Butsumo ou "mère des bouddha".
Bouddha du bouddhisme ésotérique (Shingon)
où il est considéré comme une forme de Mahavairochana.
C'est la personnification de la sagesse suprême du bouddha et la source
(ou mère) de tous les bouddhas et bodhisattvas. Il apparaît dans le mandala
du Monde de la Matrice. bouddha pour soi [monde des] voir pratyekabuddha bouddhisme.
La "parole" du Bouddha Shakyamuni s'est répandue si largement
dans des pays de cultures si variées qu'il serait vain de parler
du bouddhisme comme d'un fait homogène. Il y a plus d'écarts
entre les différents bouddhismes qu'entre les grands monothéismes
occidentaux : christianisme, judaïsme, islam. Dans la mesure où
le bouddhisme est qualifié de religion l'homme occidental s'attend
à y trouver les notions auxquelles il est habitué dans ces
monothéismes : Dieu, prophète, révélation.
Ces notions sont présentes dans les trois monothéismes,
bien que leurs contenus soient divergents. Rien de tel dans le bouddhisme.
Pas de Dieu, tout au plus des divinités (fonctions de la vie ou
existences hiérarchiquement supérieures à l'homme).
Il n'y a pas de prophète. Selon les paroles mêmes du Bouddha
il est "médecin" enseignant des remèdes contre
la souffrance et n'a pas pour mission la révélation d'un
message divin. Ainsi il refuse de répondre aux questions métaphysiques,
telles que la vie après la mort. Pour lui les choses sont "tatha",
"telles qu'elles sont". Et il convient d'apprendre à
faire avec. Le bouddhisme ne comporte pas non plus d'Ecritures Saintes,
comme c'est le cas pour les monothéismes. Les enseignements de
Shakyamuni se transmettaient uniquement oralement pendant des siècles.
Passant d'un pays à un autre, ils passaient d'une langue à
une autre avec les adaptations nécessaires. Et comme par ailleurs
le Bouddha enseignait selon la capacité de compréhension
des personnes qui l'écoutaient, il existe 80 000 enseignements,
le chiffré 80 000 servant à indiquer qu'il s'agit d'une
multitude qu'il ne convint pas de définir. Ce qu'on appelle le
"canon bouddhique" possède
une version pali, une autre chinoise et une tibétaine assez contradictoires.
Il se dégage de cette approche si différente de la mentalité
occidentale que c'est l'humanité dans son ensemble qui cherche
sa voie, dans une direction indiquée par le Bouddha. Quant à
l'individu, il est confronté à sa liberté et doit
apprendre à l'assumer. bouddhisme de l'ensemencement voir ensemencement bouddhisme de la récolte voir ensemencement | |||