Pendant les deux
mille ans des périodes du Dharma correct et du Dharma formel,
ceux qui pratiquaient avec assiduité et sincérité
les sutras du Hinayana et du
Mahayana provisoire pouvaient
obtenir le bienfait de l'Eveil.
Toutefois, même si ceux qui étaient parvenus à ce
résultat pensaient qu'ils le devaient directement au sutra sur
lequel ils s'appuyaient, du point de vue du Sutra
du Lotus, aucun de ces sutras de l'enseignement
provisoire n'a jamais procuré de bienfait. La raison pour
laquelle ils parvinrent à l'Eveil est que tous avaient déjà
créé un lien avec le Sutra du Lotus du vivant
de Shakyamuni, bien que les résultats obtenus aient été
différents en fonction de leur réceptivité. Ceux
dont les capacités de compréhension du Sutra du Lotus
étaient parfaites et mures atteignirent la boddhéité
du vivant de Shakyamuni, mais ceux dont les capacités étaient
médiocres et limitées furent incapables de parvenir à
l'Eveil à l'époque du Dharma correct et réapparurent
à l'époque du Dharma formel où en pratiquant des
enseignements du Mahayana provisoire tels
que les sutras Vimalakirti,
Shiyaku, Kammuryoju,
Ninno et Hannya,
ils purent obtenir les mêmes preuves que les personnes de capacités
supérieures parvenues à l'Eveil du vivant de Shakyamuni.
Ainsi, à l'époque du Dharma correct, les trois éléments,
l'enseignement, la pratique et la preuve (shin
gyo gaku), étaient tous présents; à l'époque
du Dharma formel, l'enseignement et la pratique existaient encore mais
la preuve avait disparu.
Maintenant, à l'époque des Derniers
jours du Dharma, il ne reste plus que l'enseignement. Il n'y a plus
ni pratique ni preuve. Car, à l'époque des Derniers jours
du Dharma, il n'y a plus une seule personne qui ait créé
un lien avec Shakyamuni de son vivant. Ceux qui avaient la capacité
de parvenir à la boddhéité grâce aux enseignements
du Mahayana provisoire ou définitif
ont depuis longtemps disparu. A notre époque mauvaise et impure
des Derniers jours du Dharma, tous s'opposent au Dharma et commettent
les Cinq forfaits. Chez des
personnes de ce genre, il faut planter pour la première fois
la graine de la boddhéité grâce à Namu
Myoho Renge Kyo, principe caché dans les profondeurs du
chapitre Juryo (réf)
coeur de l'enseignement essentiel.
Il est dit dans le chapitre Juryo (réf)
: "Je laisse maintenant
ici ce bon remède pour vous. Vous devez le prendre et ne pas
penser qu'il est inefficace."
Dans un lointain passé, à l'époque du Dharma formel
du bouddha Ionno, plus personne
ne respectait les Trois Trésors.
Mais c'est alors qu'apparut le bodhisattva Fukyo,
qui saluait tous les simples mortels en récitant les vingt-quatre
caractères que ce bouddha lui avait enseignés. Personne
parmi eux ne prêta attention à ces vingt-quatre caractères
mais tous ceux qui les entendirent, sans exception, atteignirent la
boddhéité, parce qu'ils avaient créé un
lien avec le bodhisattva Fukyo et renaquirent
avec lui par la suite. Ce fut entièrement dû au fait qu'ils
avaient déjà reçu la graine de cet enseignement
la première fois qu'ils l'avaient entendu. Il en va de même
à notre époque. L'époque du bodhisattva Fukyo
était celle du Dharma
formel, alors que nous vivons à l'époque mauvaise et impure
des Derniers jours du Dharma. Le bodhisattva Fukyo
était un pratiquant
à l'étape de shozuiki,
alors que moi, Nichiren, je suis un simple mortel à l'étape
de myoji-soku. Il plantait les
graines de la boddhéité avec un enseignement en vingt-quatre
caractères, alors que je plante la graine avec un enseignement
de cinq caractères seulement. L'époque est différente
mais le principe qui permet de parvenir à l'Eveil est exactement
le même.
Question : Vous avez
dit plus haut que l'enseignement, la pratique et la preuve ne sont pas
tous présents aux trois époques du Dharma correct, du
Dharma formel et des Derniers jours du Dharma. Dans ce cas, comment
expliquez-vous que le Grand-maître Zhanlan
ait dit: "Le début de l'époque des Derniers jours
du Dharma ne sera pas sans bienfaits inapparents, car c'est l'époque
où le grand enseignement sera propagé"?(réf)
Réponse : Le sens
de ce passage est que ceux qui obtinrent le bienfait de la boddhéité
aux époques du Dharma correct et du Dharma formel avaient tous
créé un lien avec le Sutra du Lotus du vivant
de Shakyamuni. Ainsi, lorsque cette graine fut parvenue à maturité,
elle se transforma en bienfait apparent. Par contre, de nos jours, ceux
qui sont nés à l'époque des Derniers jours du Dharma
reçoivent la graine de la boddhéité pour la première
fois, c'est pourquoi leur bienfait est inapparent. L'enseignement, la
pratique et la preuve de l'enseignement
essentiel du Sutra du Lotus [celui de notre époque]
sont extrêmement différents de ceux du Hinayana,
du Mahayana provisoire, des enseignements
antérieurs au Sutra du Lotus ou des enseignements
théoriques du Sutra du Lotus. C'est pourquoi, de
nos jours, personne ne peut obtenir de bienfaits comparables à
ceux des époques du Dharma correct et du Dharma formel. Le commentaire
du Grand-maître Zhanlan
indique que, puisque les bienfaits [à l'époque des Derniers
jours du Dharma] sont inapparents, les gens ne les perçoivent
et ne les comprennent pas.
Question: Y a-t-il des
passages de sutra disant que les bienfaits inapparents se limiteront
à l'époque des Derniers jours du Dharma?
Réponse: Il est
dit, au chapitre Yakuo (réf)
du septième volume du Sutra du Lotus: "Ce Sutra
est un bon remède pour les maladies de tous les habitants
du Jambudvipa [de l'humanité
tout entière]. Si une personne malade peut entendre ce Sutra,
sa maladie guérira et elle ne connaîtra ni vieillesse ni
mort." Le Grand-maître Zhanlan
a dit: "Considérer que la cinquième
période de cinq cents ans sera une époque où
personne ne pourra obtenir de bienfaits est un point de vue superficiel.
Le début des Derniers jours du Dharma ne sera pas sans bienfaits
inapparents car c'est le moment où sera propagé le grand
enseignement. Il correspond à l'époque que l'on appelle
la cinquième période de cinq cents ans."
Question: Les passages
de sutra et de traités que vous avez cités indiquent que
la propagation du Sutra du Lotus se limite "au début
des Derniers jours du Dharma, dans la première période
de cinq cents ans". Mais dans les sutras du Mahayana
provisoire, il est dit que leurs pratiques seront toujours valables
"dans les Derniers jours du Dharma, pour dix mille ans et plus."
Que pourriez-vous répondre à cela?
Réponse: Le Grand-maître
Zhanlan, dans le traité cité
plus haut, dit qu'une telle interprétation de la dernière
période de cinq cents ans est "superficielle". D'un
point de vue plus profond, cela indique que la propagation du Sutra
du Lotus se fera pendant les dix mille ans et plus des Derniers
jours du Dharma. C'est pourquoi le Grand-maître Zhiyi
dit, à propos du passage [du chapitre Yakuo
(réf)]
du Sutra, dans le Hokke
Mongu : "Ce ne sont pas seulement ceux qui vivent à
l'époque du Bouddha qui obtiendront de grands bienfaits. Dans
la cinquième période
de cinq cents ans, la Voie mystique se propagera [et contribuera
au bien-être de l'humanité] pour longtemps dans l'avenir."(réf)
N'est-ce pas une manière de désigner les dix mille ans
et plus des Derniers jours du Dharma? On lit, au chapitre Fumbetsu
kudoku (réf),
dans le sixième volume du Sutra du Lotus: "Ceux
qui seront capables de protéger ce Sutra à l'époque
mauvaise des Derniers jours du Dharma." Et également, dans
le chapitre Anrakugyo (réf)
: "Ceux qui souhaiteront enseigner ce Sutra à l'époque
des Derniers jours du Dharma..." Ces passages font allusion aux
dix mille ans et plus des Derniers jours du Dharma. Tous les sutras
différents du Sutra du Lotus cités plus haut
font partie des sutras dont Shakyamuni déclare: "Pendant
ces quarante et quelques années, je n'ai pas encore révélé
la vérité."
De plus, certains sutras ont été modifiés par l'interprétation
de ceux qui les ont recueillis, ils ne sont pas fiables.
Les maîtres des diverses écoles négligent le fait
que la graine de l'Eveil a été plantée par le Bouddha
lorsque fut exposé le Sutra du Lotus par le passé.
Quelle ignorance est la leur! Ne comprenant rien au lointain passé
de sanzen jintengo et gohyaku
jintengo, ils abandonnent le Sutra merveilleux de l'enseignement
pur et parfait et sombrent à nouveau dans l'océan des
souffrances de la vie et de la
mort. Nés dans un pays où la capacité des gens
à recevoir l'enseignement parfait et pur est pleinement parvenue
à maturité, ils retombent dans la grande citadelle de
l'enfer avici! Comme c'est regrettable
! On pourrait les comparer à des gens parvenus au mont Kunlun
qui s'en retourneraient dans leur pays pauvre sans avoir ramassé
un seul joyau. Ou qui, après avoir pénétré
dans une forêt de santals, repartiraient vers les débris
de tuiles et les cailloux de leur propre domaine sans même ramasser
les fleurs parfumées de champaka.
On lit, dans le troisième volume du Sutra du Lotus:
"C'est comme si quelqu'un, venant d'un pays de famine, se trouvait
soudain au banquet d'un grand roi".(réf) Et dans le sixième volume: "Cette terre, la mienne, est
paisible... ma Terre pure est indestructible."(réf)
Dans votre lettre, vous mentionnez une question difficile qui vous a
été posée par ceux qui prétendent qu'il
est possible d'atteindre la boddhéité en pratiquant des
enseignements antérieurs au Sutra du Lotus. Vous devriez
leur répondre en citant un passage du troisième volume
du Sutra du Nirvana
dans lequel on lit : "Hommes de foi sincère! Etudiez et
pratiquez jusqu'à ce que vous compreniez que les Trois
Trésors sont éternels et ne font qu'un." Ensuite,
vous devriez citer le Guketsu
qui commente ainsi ce passage: "Seuls ceux qui ont entendu l'enseignement
du Mahayana dans le lointain passé
peuvent parvenir à l'Eveil par
la pratique du Hinayana" et, "Ceux
qui ont atteint la boddhéité par la pratique des enseignements
antérieurs au Sutra du Lotus n'y sont parvenus que parce
qu'ils avaient déjà créé un lien avec ce
Sutra dans le lointain passé."
De cette manière, vous devriez clairement faire comprendre qu'il
n'y a pas le moindre bienfait à attendre des enseignements antérieurs
au Sutra du Lotus. Expliquez ensuite que le même principe
vaut pour la propagation à l'époque qui suit la disparition
du Bouddha. Tous ceux qui ont obtenu le bienfait de l'Eveil aux époques
du Dharma correct et du Dharma formel n'y parvinrent que parce qu'ils
avaient créé un lien avec le Sutra du Lotus du
vivant de Shakyamuni.
Si vos contradicteurs répètent que la voie qui mène
à l'Éveil peut se trouver dans des enseignements antérieurs
au Sutra du Lotus, citez-leur ce que le Bouddha Shakyamuni
dit lui-même dans le Sutra
Muryogi : "Pendant plus de quarante ans, je n'ai pas encore
révélé la vérité." De simples
mortels comme nous, à la première étape de la pratique,
pouvons atteindre la boddhéité en suivant l'enseignement
du Bouddha. Les mots des divers maîtres ne nous sont d'aucune
utilité. Le Bouddha nous a sévèrement conseillé
dans le Sutra du Nirvana:
"Il faut suivre le Dharma et non la personne."(réf) Rappelez-le
à ceux qui vous contredisent et citez sans cesse le passage "Je
n'ai pas encore révélé la vérité".
Toutefois, ne citez pas à la légère des passages
du Sutra du Lotus tels que "En rejetant sincèrement
les enseignements provisoires j'exposerai uniquement la Voie
suprême"(réf)
ou "Après avoir longuement enseigné ses doctrines,
l'Honoré du monde doit maintenant révéler la vérité."(réf)
Il vaut mieux les conserver toujours en mémoire et les garder
secrets.
Vous vous préoccupez aussi de ce qu'il faut répondre à
ceux qui prétendent que l'Eveil mentionné dans les enseignements
antérieurs au Sutra du Lotus et celui dont il est question
dans le Sutra du Lotus sont en définitive le même.
Ils s'appuient sur le fait qu'il est dit, dans le Sutra
Kammuryoju, que ceux qui suivront son enseignement pourront
accéder à la Terre pure
ou sur des affirmations semblables dans d'autres sutras. Citez-leur
de nouveau les passages où Shakyamuni dit "En quarante et
quelques années, je n'ai pas encore révélé
la vérité", ou d'autres comme "En ne me servant
que de noms ou de termes provisoires j'ai conduit et guidé tous
les êtres vivants afin de leur révéler la sagesse
du Bouddha."(réf)
S'ils prétendent encore que Sutra
Kammuryoju et le Sutra du Lotus ont été
exposés en même temps, vous devriez leur répondre
en citant un passage du chapitre Hosshi
(réf)
: "Parmi tous les sutras que j'ai enseignés, que j'enseigne
et que j'enseignerai, ce Sutra du Lotus est le plus difficile
à croire et le plus difficile à comprendre." Et vous
pourriez citer aussi des passages concluants du Hokke
Gengi ou du troisième volume du Shakusen.
Efforcez-vous, pourtant, de bien comprendre ces passages de Sutra
et de commentaires, et ne les citez pas à la légère.
Dans votre lettre, vous m'interrogez aussi sur la manière de
répondre aux arguments des adeptes de l'école Shingon.
Demandez-leur d'abord sur quels textes leur Grand-maître Kukai
s'est appuyé pour qualifier le Sutra du Lotus de "théorie
puérile", et pour dire que le Bouddha Shakyamuni était
"encore au stade de l'obscurité". S'ils vous répondent
en citant un sutra ou un autre, posez-leur la question : "Parmi
tous les bouddhas des Trois phases
de la vie, lequel représente le bouddha Vairocana?"
Et poursuivez en leur demandant : "Connaissez-vous la supercherie
utilisée par Shan-wu-wei
et Jin-gang-zhi?" Expliquez-leur
ensuite de quelle manière Shan-wu-wei
trompa le moine Yijing et lui
fit écrire un commentaire du Sutra
Vairocana
.
Bien qu'il n'y ait pas, dans le Sutra
Vairocana, la plus petite allusion au principe d'ichinen
sanzen
,
lorsque Shan-wu-wei introduisit ce sutra
en Chine, il prétendit mensongèrement qu'il s'y trouvait.
Quant à la pire de leurs distorsions, demandez-leur: "Existe-t-il
un seul passage, dans l'enseignement de quelque bouddha que ce soit,
parmi tous ceux qui apparurent dans les Trois
phases de la vie, qui autorise à piétiner le front
des bouddhas (note)?"
S'ils vous répondent d'une manière ou d'une autre, parlez-leur
du Brahmane Grand-Arrogance
qui, autrefois, en Inde, avait fait sculpter sur les pieds de sa chaire
l'image des quatre vénérés
.
S'ils soulèvent d'autres points, demandez-leur d'indiquer précisément
sur quels passages de sutra et de commentaires ils fondent leurs dires,
et débattez avec eux comme je vous l'ai toujours enseigné.
Quelle que soit l'école de votre interlocuteur, si l'enseignement
du Shingon est mentionné,
vous devriez le réfuter en montrant clairement qu'il est erroné.
Examinons ensuite les affirmations de l'école Nembutsu.
Le moine Tanluan a établi
une distinction entre la voie facile à pratiquer [le Nembutsu]
et la voie difficile à pratiquer
[l'enseignement des autres écoles]. Daochuo
a défini le Nembutsu comme les enseignements de la Terre
pure et les autres comme les enseignements de la Voie
sacrée. Shan-dao distingue
entre les pratiques correctes et incorrectes tandis que Honen
incite à "rejeter, fermer, ignorer et abandonner" tous
les sutras autres que ceux de l'école Jodo
du bouddha Amida. A ceux qui se
réfèrent à ces principes, posez la question : "Dans
quels sutras ou dans quels traités ces affirmations prennent-elles
précisément leur source?" Parmi les sutras, il en
est de deux sortes - provisoires et définitifs. Les traités
sont également de deux sortes, généraux
et spécifiques
.
Il y a, de plus, les traités qui sont fidèles à
l'enseignement du Bouddha, et ceux qui s'en écartent. Il faut
bien tenir compte de ces distinctions. Demandez-leur si, parmi les trois
sutras de l'école Jodo, il existe des passages pour étayer
les principes qu'ils défendent. Chacun révère le
Nembutsu. Mais, là encore,
demandez-leur s'il existe un enseignement qui offre une base littérale
solide pour cette pratique de l'invocation du nom du bouddha Amida.
Pour finir, demandez-leur de citer les passages de sutra ou de traités
qui autorisent les adeptes de l'école Nembutsu,
au Japon aussi bien qu'en Chine, à qualifier le Sutra du
Lotus de pratique incorrecte et à inciter les gens à
le rejeter, le fermer, l'ignorer et l'abandonner. S'ils sont incapables
de produire un passage qui justifie leurs dires, rappelez-leur que,
comme il est écrit dans le chapitre
Hiyu (réf)
du Sutra du Lotus, la grave offense qu'ils commettent en calomniant
l'enseignement définitif et en restant attachés à
des enseignements provisoires leur vaudra de tomber dans la grande citadelle
de l'enfer avici où ils souffriront,
vie après vie, pendant d'innombrables kalpa.
Montrez-leur l'effroyable gravité de leur crime lorsque, en suivant
la doctrine de leur école, ils trahissent l'enseignement même
que tous les bouddhas des Trois phases
de la vie ont authentifié en disant: "Tout ce que vous avez
exposé est la vérité."
Quelle personne dotée de bon sens pourrait ne pas distinguer
le vrai du faux? Tout cela étant dit, réfutez sévèrement
les maîtres de leurs écoles.
Quel manque de maturité que de rester attaché à
la souche (note) d'un seul sutra, en étant incapable de distinguer, parmi les
sutras, ceux qui sont inférieurs et ceux qui sont supérieurs!
Même si l'on est incapable, en lisant tous les sutras, de le vérifier
par soi-même, le Sutra du Lotus est le seul dont la véracité
a été confirmée par Shakyamuni, Taho
et tous les bouddhas des Dix directions. Celui qui, malgré tout,
considérerait le Sutra du Lotus comme mensonger, et
lirait le passage "Pendant plus de quarante ans, je [Shakyamuni]
n'ai pas encore révélé la vérité"
en prétendant qu'il signifie "J'ai déjà révélé
la vérité", ferait preuve de moins de jugeotte encore
qu'une vache ou un mouton. Pourquoi donc est-il dit, dans le chapitre
Hosshi (réf)
: "Parmi tous les sutras que j'ai enseignés, que j'enseigne
et que j'enseignerai, ce Sutra est le plus difficile à
croire et le plus difficile à comprendre Yakuo!
Ce sutra est la resserre du trésor essentiel et secret des bouddhas"?
Le Sutra Muryogi
n'établit-il pas clairement que Shakyamuni enseigna la pratique
des austérités bouddhiques pendant des myriades de kalpa
avant de déclarer: "En plus de quarante ans, je n'ai pas
encore révélé la vérité"? Ces
passages n'ont d'autre objet que d'établir la supériorité
et l'infériorité relative des sutras exposés [par
Shakyamuni] pendant cinquante et quelques années. Cette supériorité
ou infériorité relative est elle-même déterminée
par le fait qu'ils conduisent ou non à la boddhéité.
Ennin et Enchin
ont prétendu que le Sutra du Lotus et le Sutra
Vairocana étaient
équivalents du point de vue de la doctrine mais que, du point
de vue de la pratique, ce dernier était supérieur au Sutra
du Lotus. Shan-dao et Honen
ont prétendu qu'aucune pratique, à l'exception du Nembutsu,
ne correspondait aux capacités des hommes. Les adeptes du Zen
prétendent avoir reçu l'enseignement par une transmission
spéciale, en dehors des sutras. Leur vision est aussi faussée
que celle d'une personne qui confondrait l'est avec l'ouest, ou ne saurait
distinguer entre le nord et le sud. Ils ont encore moins de bon sens
que du bétail ou des moutons, et leurs enseignements sont aussi
hybrides qu'une chauve-souris. Comment peuvent-ils, sans terreur, s'opposer
aux paroles du Bouddha "Il faut suivre le Dharma et non la personne"(réf)
et "Celui qui calomnie
ce Sutra détruit immédiatement toutes les graines
qui conduisent à la boddhéité en ce monde"(réf)?
Les démons se sont probablement emparés d'eux et ils se
sont enivrés du mauvais alcool de l'obscurité
fondamentale.
Rien n'est plus concluant que la preuve actuelle. Voyez l'horrible mort
de Shan-wu-wei et de
Yijing,
et les conditions dans lesquelles sont morts Kukai
et Ennin. Auraient-ils pu mourir
ainsi s'ils avaient été des pratiquants du Dharma correct?
Comment comprenez-vous le Sutra
Kambutsu Sokai
et d'autres sutras, ou le traité de Nagarjuna
?
Yijing a écrit un commentaire absurde
du Sutra Vairocana],
Shan-wu-wei en répétant les
mensonges de Kukai a qualifié
le Sutra du Lotus de théorie puérile. Ennin
a prétendu que, d'un point de vue doctrinal, le Sutra
Vairocana et le Sutra du Lotus se valent mais que,
du point de vue de la pratique, le Sutra
Vairocanaa est supérieur. Tanluan
et Dao-cho ont prétendu qu'aucune
pratique, à l'exception du Nembutsu,
ne correspondait aux capacités des gens. Ces théories
mensongères sont très répandues dans les enseignements
erronés des écoles
qui s'appuient sur les sutras provisoires. La mort que toutes ces personnes
ont connue n'a rien d'enviable. Dites-le calmement mais fermement, d'une
voix douce, avec un regard serein et une expression aimable.
Dans votre lettre, vous demandez comment répondre à des
questions concernant la différence entre les bienfaits procurés
par le Sutra du Lotus et ceux obtenus par la pratique d'autres
sutras. Tout d'abord, déclarez que le bienfait des doctrines
antérieures au Sutra du Lotus n'est pas complet. Ensuite,
dites à vos interlocuteurs: "Les bouddhas Shakyamuni, Taho,
et les bouddhas des Dix directions sont-ils venus témoigner de
la véracité des sutras sur lesquels vous vous appuyez?
Je n'ai jamais entendu affirmer chose pareille. Le bouddha Taho
et tous les bouddhas venus des Dix directions qui étaient les
émanations de Shakyamuni, se sont rassemblés pour porter
témoignage de la véracité du Sutra du Lotus.
Comment pourraient-ils cautionner d'autres sutras? Un bouddha n'affirme
jamais deux choses contradictoires. Ensuite, demandez-leur s'il existe
d'autres sutras que le Sutra du Lotus qui mentionnent les Six
Actions difficiles et les Neuf Actes aisés. Ajoutez que,
à l'exception peut-être de sutra falsifiés, inventés
après la disparition du Bouddha, pas un mot ni une phrase dans
tous les enseignements exposés pendant cinquante ans n'y font
la plus petite allusion. Clarifiez bien tout cela.
Est-il dit, dans un autre sutra que le Sutra du Lotus, que
Shakyamuni atteignit la boddhéité dans le passé
de gohyaku jintengo? Est-il expliqué
dans d'autres sutras que certaines personnes créèrent
la cause qui leur permit d'atteindre la boddhéité en l'entendant
exposer le Sutra du Lotus dans le lointain passé de
sanzen jintengo? Quel autre sutra
enseigne qu'il est possible d'obtenir un inestimable bienfait en ayant,
ne serait-ce qu'un instant, foi en
ce Sutra (réf)
ou que d'incommensurables bienfaits rejailliront jusque sur la cinquantième
personne qui se réjouira d'en avoir entendu parler (réf)?
Les autres sutras ne promettent même pas un aussi grand bienfait
au premier, deuxième, au troisième ou dixième auditeur,
par conséquent moins encore au cinquantième. Ils ne mentionnent
même pas le passé de ichi
ni jintengo. Par conséquent, ils ne peuvent rien dire d'un
passé encore plus lointain comme gohyaku
jintengo ou sanzen jintengo.
Seul le Sutra du Lotus promet la boddhéité aux
personnes des Deux véhicules
et permet à la fille du roi-dragon
de devenir bouddha sans changer d'apparence. Où, dans les sutras
Kegon
ou Hannya, dans quel
autre sutra du Mahayana trouve-t-on des
principes aussi merveilleux? La possibilité pour les personnes
des Deux véhicules d'atteindre la boddhéité a été
révélée pour la première fois dans le Sutra
du Lotus. Le Grand-maître
Zhiyi a affirmé cela et comment un maître aussi éclairé
pourrait-il avoir fabriqué des théories mensongères
n'étant fondées ni sur les mots ni sur le sens des sutras,
comme l'ont fait Kukai et Ennin?
Le Sutra du Lotus prédit que Devadatta
atteindra la boddhéité dans une terre appelée Voie
céleste [tendo], mais quel autre
sutra affirme qu'une personne aussi mauvaise peut obtenir le suprême
bienfait? Même en laissant de côté cette question,
quel autre sutra enseigne l'implication
réciproque des dix mondes-états,
ou la possibilité pour les végétaux de manifester
l'état de Bouddha? Zhiyi a expliqué
[ce principe de l'Eveil des végétaux] (note) en disant: "Tout ce qui est doté de couleur et de parfum
est une manifestation de la Voie du
milieu." Le Grand-maître Zhanlan
ajoute qu'un principe aussi étonnant que celui de l'atteinte
de la boddhéité par les êtres non
sensitifs surprendra probablement beaucoup ceux qui l'entendront
et suscitera chez eux des doutes. Peut-on confondre de tels commentaires
avec les interprétations erronées de Ennin
et Enchin prétendant que
le Sutra Vairocana
est égal au Sutra du Lotus du point de vue de la doctrine
mais lui est supérieur du point de vue de la pratique? Le Grand-maître
Zhiyi est l'un des maîtres qui ont
permis à le flambeau du bouddhisme de continuer à briller
à travers l'Inde, la Chine et le Japon. Et il est un grand sage
qui parvint à l'Eveil au monastère Puxien;
il est aussi la réincarnation d'un bodhisattva (note) et parvint à l'Eveil par sa propre sagesse. Comment aurait-il
pu formuler une interprétation personnelle qui ne soit pas fondée
sur les sutras ou les traités?
Y a-t-il un seul principe important qui soit enseigné dans un
autre sutra? Le Sutra du Lotus contient vingt grands principes.
Le plus important de tous est la révélation, dans le chapitre
Juryo (réf),
que Shakyamuni atteignit pour la première fois l'Eveil
dans le passé de gohyaku jintengo.
Beaucoup se demanderont sans doute quel est le sens profond de cet enseignement.
Vous pouvez le leur expliquer en disant: "Nous, simples mortels,
immergés de toute éternité dans l'océan
des souffrances de la vie et de la
mort, n'imaginions pas pouvoir un jour atteindre l'autre
rive et parvenir à la boddhéité. Mais le Sutra
du Lotus enseigne que nous sommes en réalité des
bouddhas dotés des Trois propriétés
illuminées. Autrement dit, il enseigne le principe suprême
d'ichinen sanzen. Ainsi,
vous devriez établir clairement la supériorité
du Sutra du Lotus sur tous les autres enseignements du Bouddha.
Des notions aussi profondes peuvent être évoquées
lors d'un débat public, mais jamais au cours de conversations
privées. Si vous parlez de ces principes sans tenir compte de
la personne à qui vous vous adressez, en tous lieux, en toutes
circonstances et à tout moment, les bouddhas des Trois
phases de la vie vous enverront inévitablement des rétributions
négatives. Ce sont les principes sur lesquels je me suis toujours
appuyé, ceux qui constituent ma propre réalisation intérieure.
Répondez clairement à vos interlocuteurs, point par point,
en utilisant à chaque fois la citation qui convient. Demandez-leur:
"Peut-on trouver la plus petite allusion à un principe de
ce genre dans le Sutra
Vairocana?" Dans les trois sutras de l'école Jodo
le bouddha Amida déclare: "Dix
kalpa se sont écoulés depuis
que j'ai atteint la boddhéité." Est-ce vraiment comparable
à la révélation, dans le Sutra du Lotus,
que Shakyamuni parvint à l'Eveil dans le passé de gohyaku
jintengo?" Ensuite, dites-leur : "Réfléchissez
bien. C'est précisément parce que c'est un sutra éminemment
respectable que le bouddha Taho est venu
de très loin
pour témoigner de sa véracité et que tous les autres
bouddhas se sont joints à lui. Puis, Shakyamuni, Taho
et tous les autres bouddhas ont attesté que le Sutra
était exempt de tout mensonge en tirant leur longue et large
langue jusqu'au séjour
de Brahma. D'innombrables bodhisattvas ont surgi
de la Terre, et le Bouddha leur a spécifiquement confié
la mission de propager Myoho Renge Kyo
auprès de tous les simples mortels du monde entier en cette époque
impure et mauvaise des Derniers jours du Dharma. N'est-ce pas précisément
parce que ces bodhisattvas Surgis de Terre étaient les envoyés
du Bouddha que Shakyamuni refusa de confier cette tâche aux autres
bodhisattvas, au nombre de quatre-vingts
myriades de millions de nayuta,
en leur disant: "Renoncez, hommes de Foi sincère.
"
Si, comme le font toujours les adeptes des enseignements erronés,
ils vous demandent de citer des passages de sutra pour appuyer vos dires,
citez le chapitre Yujutsu (réf)
ainsi que le neuvième volume du Hokke
Mongu et un passage du neuvième volume du Hokke
Mongu Ki qui expose
les trois raisons du refus de la proposition des bodhisattvas venus
des autres mondes (note) et les trois raisons de l'apparition des bodhisattvas de l'enseignement
essentiel (note).
Ce sont là des principes de la plus haute importance pour Nichiren
et ceux qui suivent son enseignement.
Les adeptes des autres écoles essaieront peut-être de vous
contredire en citant le passage du Daichido
Ron dans lequel il est dit: "Ceux qui dénigrent
l'enseignement des autres par attachement au leur, même s'ils
observent les préceptes, ne pourront manquer de tomber dans les
voies mauvaises."
Demandez-leur alors s'ils savent dans quel but cette phrase fut écrite
[dans le Daichido Ron de Nagarjuna]?
Nagarjuna aurait-il pu ignorer la gravité
du crime de calomnier l'enseignement
définitif par attachement à des enseignements provisoires,
alors qu'il déclara: "Les autres sutras ne sont pas des
enseignements implicites. Seul le Sutra du Lotus est implicite"?
Il affirma aussi que le Sutra du Lotus était le seul
à planter la graine de la boddhéité, le comparant
à un grand médecin. Se pourrait-il que, par la suite,
il soit revenu sur cette affirmation en disant: "Ceux qui dénigrent
l'enseignement des autres par attachement au leur, même s'ils
observent les préceptes, ne pourront manquer de tomber dans les
voies mauvaises"? Dans ce cas, il aurait totalement contredit les
paroles mêmes du Bouddha puisqu'on lit dans le Sutra du Lotus:
"En rejetant sincèrement les enseignements provisoires,"
et... "N'acceptez jamais même une seule phrase des autres
sutras.(réf)"
C'est difficilement concevable. Dites-leur: "Nagarjuna
fut un grand bodhisattva dont le Bouddha avait prédit l'apparition
dans le monde, et un maître dans la lignée directe des
successeurs de Shakyamuni. N'aurait-il pas plutôt écrit
cette phrase en prévoyant l'apparition de [moines tels que] Kukai
et Tanluan qui calomnieraient le Sutra
du Lotus, l'enseignement qui convient à notre époque
des Derniers jours du Dharma? [Reprochez-leur plutôt de ne pas
connaître le sens des passages qu'ils citent.] Ajoutez: "Ne
suivez-vous pas vous-mêmes ceux qui "ne peuvent manquer de
tomber dans les voies mauvaises"? Ne serez-vous pas au nombre des
personnes qui devront subir les souffrances de l'enfer à l'avenir
pendant d'innombrables kalpa? Comme c'est
regrettable!
Dans sa pétition à Hojo
Tokimune, Ryokan, de l'école
Ritsu, a écrit: "Je
dois me plaindre de ce fait: Il y a un moine, du nom de Nichiren, qui
prétend que ceux qui observent les préceptes tomberont
en enfer. Dans quel sutra ou traité trouve-t-on une telle affirmation?
[C'est la première question que je pose.] De plus, alors que,
de nos jours, on ne trouve presque personne, des milieux les plus haut
placés aux plus modestes, qui ne récite le Nembutsu,
il prétend que le Nembutsu crée
une cause karmique qui fait tomber
dans l'enfer avici. Quel passage de sutra
peut fonder une telle assertion? Je voudrais demander au moine Nichiren
quelle preuve littérale peut justifier ses déclarations.
[Telle est ma deuxième question]." Il a envoyé aux
autorités une lettre comportant six questions concernant le bouddhisme,
et demandant s'il était possible de parvenir à l'Éveil
par la pratique des sutras antérieurs au Sutra du Lotus.
Si Ryokan, du temple Gokuraku-ji,
fait à nouveau savoir, comme il le dit dans sa pétition,
qu'il est prêt à débattre avec moi, demandez au
gouvernement de rencontrer Ryokan et dites
lui: "Mon maître [Nichiren] a été banni sur
l'île de Sado dans la huitième
année de Bun'ei (1272). Puis,
dans le premier mois
de la neuvième année de Bun'ei
(1274), il a été grâcié et il est revenu
à Kamakura. A son retour, il a fait
des remontrances à Hei no Saemon
sur divers sujets puis il s'est retiré au fin fond de la montagne,
dans la province de Kai. Mon maître
a déclaré que, même si l'empereur ou l'impératrice
l'ordonnaient, il ne quitterait jamais sa retraite pour débattre
avec les moines des autres écoles. Par conséquent, bien
que je sois un novice et que ma connaissance de son enseignement soit
aussi minime qu'un poil dans le pelage de neuf vaches, si certains ont
des questions à propos du Sutra du Lotus, je ferai de
mon mieux pour répondre à sa place." Et exposez franchement
mon enseignement quand des questions vous seront posées.
De plus, en répondant aux six questions difficiles posées
par Ryokan dans sa pétition, souvenez-vous,
comme je l'ai enseigné depuis longtemps, que les disciples de
Nichiren n'accompliront jamais rien s'ils sont lâches. Lorsque,
pour déterminer quel est le sutra le plus élevé
et le plus profond, vous comparez le Sutra du Lotus aux autres
sutras, ou quand vous vous demandez quels sont ceux qui permettent d'atteindre
la boddhéité, rappelez-vous que le Shakyamuni des enseignements
antérieurs au Sutra du Lotus, et même des enseignements
provisoires du Sutra du Lotus, est facile à vaincre;
les bodhisattvas parvenus à l'étape de togaku
sont encore moins redoutables, et vous n'aurez guère à
vous préoccuper des adeptes des enseignements provisoires. En
débattant, soyez bien convaincu que, parce que nous défendons
le Sutra du Lotus, notre fonction est comparable à celle
du roi du ciel Daibonten, et qu'il
n'est pas faux de considérer les adeptes des enseignements provisoires
comme des personnes de qualité inférieure ou même
comme des ogres maléfiques.
Les tenants du Ritsu transgressent les
préceptes avec autant de violence qu'une montagne s'effondre
ou qu'une rivière déborde. Loin de pouvoir atteindre la
boddhéité, ils ne pourront même pas renaître
dans les mondes-états des Hommes
ou du Ciel. Le Grand-maître
Zhanlan a dit: "Ceux qui
observent ne serait-ce qu'un précepte pourront renaître
en tant qu'être humain, mais ceux qui transgressent ne serait-ce
qu'un précepte, tomberont dans les Trois Mauvaises
Voies.
Vous devriez leur demander: "Qui, parmi les disciples de Ryokan
de l'école Ritsu, observe ne serait-ce
qu'un seul des préceptes énoncés dans les sutras
Saiho, Shobonen
et autres? Qui observe véritablement un seul des préceptes
enseignés dans le Sutra
Agama et dans divers sutras du Mahayana
et du Hinayana? Il ne fait aucun doute
qu'ils sont destinés à tomber dans les Trois mauvaises
voies ou dans l'enfer avici. Comme c'est
regrettable pour eux!" Et vous devriez ensuite leur citer l'explication
donnée dans le chapitre Hoto
(réf)
du véritable sens de "l'observance des préceptes
(note)".
Laissez-leur un instant, puis dites-leur que les
cinq caractères de Myoho Renge Kyo,
coeur de l'enseignement essentiel du Sutra du Lotus, incluent
tous les bienfaits obtenus, grâce à leurs pratiques bénéfiques
et leurs actions méritoires, par tous les bouddhas passés,
présents et à venir. Comment se pourrait-il que ces cinq
caractères ne contiennent pas les bienfaits que l'on peut obtenir
en observant tous les préceptes du Bouddha? Ceux qui ont adhéré
à ce précepte merveilleux qui comprend tous les autres,
même s'ils le voulaient, ne parviendraient pas à le détruire.
C'est pourquoi on l'appelle le précepte du calice
de diamant. C'est seulement en observant ce précepte que
les bouddhas des Trois phases de
la vie ont obtenu le Corps du Dharma,
le Corps de la rétribution et le Corps de la sagesse, et sont
devenus des bouddhas dans le passé
infini et dans l'avenir sans limites. A ce propos, le Grand-maître
Zhiyi écrivit: "Le Bouddha
conserva ce précepte secret et ne le révéla dans
aucun autre sutra que le Sutra du Lotus."(réf) De nos jours, ceux qui vivent à l'époque des Derniers
jours du Dharma et se consacrent à la pratique de Myoho
Renge Kyo telle qu'elle est enseignée dans le Sutra,
qu'ils soient sages ou ignorants, moines ou laïcs, de la plus haute
ou de la plus basse condition, ne peuvent manquer d'atteindre la boddhéité.
C'est précisément pour cela qu'il est dit, à propos
des pratiquants du Sutra du Lotus à l'époque
mauvaise et impure des Derniers jours du Dharma qui suivra la disparition
du Bouddha: "II ne fait aucun doute qu'ils atteindront la boddhéité."(réf) Par contre, ceux qui s'appuient sur les enseignements provisoires, sans
tenir compte du témoignage du Bouddha Shakyamuni, de Taho
et des bouddhas des Dix directions, tomberont immanquablement dans l'enfer
avici. Maintenant qu'un précepte
aussi précieux a été révélé,
aucun des préceptes exposés dans les enseignements antérieurs
au Sutra du Lotus, ou même dans l'enseignement
théorique du Sutra du Lotus n'a plus le moindre
pouvoir bénéfique. Puisque ces préceptes ne peuvent
plus procurer le moindre bienfait, il est inutile de les observer, même
un seul jour.
A l'époque où ce précepte merveilleux de l'enseignement
essentiel devra se propager, il est certain que se produiront des
phénomènes sans précédent. Les tremblements
de terre de l'ère Shoka et la comète
de l'ère Bun'ei sont des présages
de ce genre. Mais qui, de nos jours, dans quelle école bouddhique,
propage les principes du Honzon
de l'enseignement essentiel et du Grand Sanctuaire (kaidan)
de l'enseignement essentiel
?
Depuis la disparition du Bouddha, pendant deux mille deux cent vingt
et quelques années, personne ne l'a fait. Maintenant, sept cents
ans après que le bouddhisme fut introduit au Japon sous le règne
du trentième empereur, Kimmei,
un Grand Dharma, inconnu aux époques précédentes,
se propage au Japon. Comme il est exaltant de savoir que non seulement
les gens d'ici mais tous les habitants de l'Inde et de la Chine, comme
tous les simples mortels du monde entier pourront atteindre la boddhéité!
Quelle merveille, quelle merveille!
Ces trois éléments dont je parlais plus haut, l'enseignement,
la pratique et la preuve (shin, gyo,
gaku), sont tous trois présents
à l'époque des Derniers jours du Dharma, tout comme ils
l'étaient à l'époque du Dharma correct. Le bodhisattva Jogyo, guide des bodhisattvas Surgis
de Terre, est déjà apparu en ce monde. Le Grand Dharma,
coeur du Sutra du Lotus, se propagera donc inévitablement.
Pour tous les habitants du Japon, de la Chine et du monde entier, c'est
comme s'ils assistaient à l'éclosion de la fleur udumbara annonçant l'apparition d'un Roi
faisant tourner la roue. Ni pendant les quarante-deux premières
années d'enseignement de Shakyamuni ni dans les quatorze chapitres
de l'enseignement provisoire du Sutra du Lotus, ce Dharma n'avait
encore été enseigné, mais le Bouddha l'a exposé
pour la première fois dans la partie "révélation"
de
l'enseignement essentiel du Sutra du Lotus.
On m'a rapporté que, lorsque Ryokan a su que je vivais retiré dans une province lointaine, il a dit
à la ronde: "J'aimerais que Nichiren revienne le plus tôt
possible à Kamakura. En tenant un
débat sur la doctrine avec lui, je dissiperais les doutes."
Demandez donc si se vanter ainsi en rabaissant les autres fait partie
des préceptes de l'école Ritsu.
Car, lorsque je suis rentré à Kamakura,
il a fait barricader son entrée et fermer ses portes. Parfois,
il s'est même déclaré malade, prétendant
avoir attrapé froid. Dites-lui: "Je ne suis pas Nichiren,
mais seulement l'un de ses disciples. Je n'ai guère de talent
pour parler et ma compréhension de sa doctrine est incomplète,
mais je soutiens comme lui que l'école Ritsu conduit à la trahison." Au cours d'un débat public,
même si votre argumentation est parfaitement logique et fidèle
à la vérité, vous ne devriez jamais pour cela devenir
agressif ou grossier, ou adopter une attitude prétentieuse. Agir
ainsi serait honteux. Contrôlez vos pensées, vos mots et
votre comportement, et restez modéré dans les propos que
vous tenez au cours d'un débat.
Le vingt et unième jour du troisième mois.
Nichiren
Au moine
Sammi Ajari
ARRIERE-PLAN
- Ayant adressé trois remontrances au gouvernement, Nichiren
Daishonin se consacra ensuite à la transmission correcte de son
enseignement pour la postérité. En mai 1274, il quitta
Kamakura pour aller vivre dans un petit ermitage dans la nature sauvage
du mont Minobu. Là, il consacra les années qu'il lui restait
à vivre à écrire des textes importants, formant
ses disciples et donnant des cours sur le Sutra du Lotus. A dater de
ce moment, ses disciples, autour de Nikko Shonin, prirent l'initiative
dans les activités de propagation.
A Kamakura les disciples continuèrent également à
déployer de grands efforts pour propager les enseignements de
Nichiren Daishonin et pour organiser des débats. La lettre d'accompagnement
du "Traité sur la dette de reconnaissance" datée
de juillet 1276, fait allusion à la rumeur que "des débats
de doctrines avec d'autres écoles auraient vraisemblablement
lieu prochainement." On pense donc généralement que
ce gosho fut écrit en 1277, peu avant que Sammi-bo, un disciple
érudit de Nichiren Daishonin, au cours d'un débat l'emporte
sur un moine du Tendai, Ryuzo-bo, au lieu dit de Kuwagayatsu à
Kamakura, événement que l'on appelle "le débat
de Kuwagayatsu ". Quoi qu'il en soit, on y trouve la réponse
de Nichiren Daishonin aux questions de Sammi-bo sur la manière
de se préparer à un débat religieux.
Dans cette lettre, Nichiren Daishonin indique à Sammi-bo le point
qu'il est le plus important de garder à l'esprit au cours d'un
débat religieux, et donne des réponses claires et détaillées
à ses diverses questions. Il lui demande également de
ne révéler qu'avec prudence les enseignements profonds
du véritable bouddhisme, connaissant la tendance de Sammi-bo
à être vaniteux et à vouloir faire étalage
de son érudition et de sa sagesse. Si Sammi-bo avait révélé
ces enseignements à la légère, les moines du Shingon
et des autres écoles auraient évité le débat,
par peur d'être vaincus. Aussi Nichiren Daishonin lui dit-il :
"Des notions aussi profondes peuvent être révélées
au cours d'un débat public mais jamais au cours de conversations
privées."
Sammi-bo fut l'un des premiers disciples de Nichiren Daishonin. Né
dans la province de Shimosa, il excellait dans les débats et
était grandement respecté pour son savoir parmi les disciples
de Nichiren Daishonin. Toutefois, il avait tendance à rechercher
les honneurs du monde, et Nichiren Daishonin trouva nécessaire
de le mettre en garde en plusieurs occasions, notamment dans le gosho
"Sur la manière de débattre avec les autres écoles".
Au cours de la Persécution d'Atsuhara, il abandonna la foi, et
on rapporte qu'il mourut de manière tragique. Toutefois, on manque
d'informations précises concernant Sammi-bo, et il a été
parfois suggéré que le Sammi-bo qui reçut ce gosho
n'était peut-être pas le même que celui à
qui fut adressé "Sur la manière de débattre
avec les autres écoles". (Commentaire ACEP)
En anglais : Teaching, Practice, and Proof
- commentaires : http://nichiren.info/gosho/bk_TeachingPracticeProof.htm
- http://www.sgilibrary.org/view.php?page=483&m=0&q=