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Chapitre III La
parabole 譬喻品第三 |
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{§2}"Au
son du Dharma que je viens à présent d'entendre du Vénéré
du Monde, ma pensée exulte comme jamais auparavant. {§3}
Vénéré du monde, je demeurai constamment, solitaire,
dans les montagnes boisées, au pied des arbres; {§4} Pourquoi
cela? Si nous avions attendu qu'il prêchât comment réaliser
l'Éveil complet et parfait sans
supérieur {§5} Vénéré
du monde, depuis ces temps anciens, je me suis jour et nuit, sans trêve,
accablé de reproches. Or, j'entends {§6} Alors
Shariputra, voulant réitérer
cette idée, s'exprima en stances : {§7} Ayant
entendu le son de ce Dharma, {§8} J'ai
autrefois reçu en grâce la doctrine du Bouddha, {§9} Je
m'étais déjà débarassé des infections {§10} assis
ou en déambulant, {§11} Nous
sommes nous aussi fils de bouddha, {§12} La
couleur dorée du corps, ses trente-deux
marques, {§13} Les
quatre-vingts caractères
sublimes, {§14} Seul
dans ma déambulation, {§15} Je
songeais en moi-même que je manquais ces bénéfices,
{§16} et
voulais demander au Vénéré du monde, {§17} pour
cela, jour et nuit, {§18} sans
infections, si difficile à concevoir qu'il soit, {§19} Le
Vénéré du monde, connaissant mon coeur, {§20} En
ce temps-l, j'estimai en pensée {§21} Si
j'obtiens un jour de devenir Éveillé, {§22} alors
seulement je pourrai me dire {§23} à
entendre ce son du Dharma; {§24} n'était-ce
pas plutôt Mara, contrefaisant
l'Éveillé, {§25} sa
pensée était calme comme la mer; {§26} par
des expédients {§27} eux
aussi à l'aide des expédients, {§28} à
l'obtention de la Voie, à
la mise en branle de la roue du Dharma,
{§29} c'est
ainsi que je sais décidément {§30} A
entendre les sons mélodieux du Bouddha, {§31} mes
doutes et regrets sont à jamais épuisés: {§32} Alors
l'Éveillé déclara à Shariputra
: {§33} "Je
prêche à présent au sein d'une grande foule de dieux
et d'hommes, d'ascètes et de brahmanes;
{§34}
Shariputra,
je t'ai dans le passé fait aspirer à la voie d'Éveillé;
tu l'as maintenant complètement oubliée, {§35} Shariputra,
dans l'avenir, ayant passé un nombre incalculable, illimité,
inconcevable de kalpa, ayant rendu
hommage {§36} Ton
royaume aura nom Viradja (Immaculé),
à la terre unie, pure, ornée, pacifique, prospère;
dieux et hommes y {§37} L'Ainsi-Venu
Padmaprabha (Éclat-Fleuri), lui
aussi, enseignera et convertira les êtres à l'aide des
trois véhicules. {§37} Lorsqu'ils
voudront marcher, des lotus de diamant recevront leurs pas. Ces bodhisattvas
n'en seront pas à leur {§38}
Passé douze kalpa mineurs, l'Ainsi-Venu Padmaprabha
(Éclat-Fleuri) confèrera au bodhisattva - mahasattva {§39}
Alors le Vénéré du monde, voulant réitérer
cette idée, s'exprima en stances : {§40}
Shariputra,
en un âge à venir, {§40}
ayant
rendu hommage à des bouddhas sans nombre, {§41}
D'incalculables kalpa ayant passé, {§42}
le sol en sera de béryl, {§43} Les
bodhisattvas de ce royaume {§44} auprès
d'innombrables bouddhas {§45} Ce
bouddha, alors qu'il sera encore kumara
(prince), {§46} Le
bouddha Padmaprabha demeurera au monde
{§47} Après
que ce bouddha sera passé en nirvana, {§48} Après
la disparition du Dharma correct, {§49} Telles
seront toutes {§50} Alors
les quatre congrégations, les bhiksu
et bhiksuni, les upasaka
et upasika, {§51} Chakra
Devendra (Indra) et Brahma le
roi divin, avec d'innombrables fils de dieux, firent offrande à
l'Éveillé {§52} Alors
les fils de dieux, voulant réitérer cette idée,
s'exprimèrent en stances : {§53} Jadis
à Varanasi, {§54} Maintenant
à nouveau il met en branle la roue {§55} Nous
autres, depuis les temps anciens, {§56} A
la prédication de ce Dharma par le Vénéré
du monde, {§57} nous
aussi, tout comme lui, {§58} La
voie de bouddha défie le concevable : {§59} Alors
Shariputra déclara à l'Éveillé: "Vénéré
du monde, je n'ai à présent plus de doute ni de regret
: {§60} "Mon
Dharma est capable de vous détacher de la naissance, de la vieillesse,
de la maladie et de la mort, ainsi {§61} Alors
l'Éveillé proclama à Shariputra
: {§62} N'ai-je
pas dit auparavant que si les bouddhas, Vénérés
du monde, prêchaient le Dharma à l'aide d'une variété
{§62}
Shariputra, imagine
que dans un pays, une région, un village, il y avait un maître
de maison, d'un âge fort avancé {§63}
Les salles et les
pavillons en étaient vermoulus, les murs croulaient, les piliers
étaient pourris à la base, les {§64}
Le maître de
maison, voyant ce grand feu qui avait surgi des quatre directions, fut
saisi de frayeur et eut cette pensée: {§65}
Shariputra,
le maître de maison se fit cette réflexion: moi-même
je suis assez vigoureux pour sortir mais réussirais-je {§66}
Mais,
malgré les bonnes paroles d'incitation que le père, dans
sa tendresse et son affection, leur adressait, les enfants, plongés
avec délice dans leurs jeux, se refusaient à le croire.
Pas plus étonnés qu'effrayés, ils n'avaient aucunement
le coeur à sortir, d'autant qu'ils ne savaient pas ce qu'était
le feu, ni une maison, ni davantage une perte; courant d'est en ouest,
ils se contentaient de regarder leur père. {§67}
Alors le maître
de maison eut cette pensée : ce logis est désormais la
proie de l'incendie; si, mes fils et moi, {§68} "Vos
jouets favoris, rares et difficiles à trouver, si vous ne les
prenez pas, vous le regretterez forcément plus tard; {§69} Alors,
comme les jouets rares que les enfants entendaient leur père
évoquer étaient conformes à leurs souhaits, {§70} Shariputra,
le maître de maison, offrit alors à ses enfants un unique
grand char. Ce char était haut et vaste, {§71} C'est
que ce maître de maison avait des richesses incalculables, ses
nombreux magasins étaient tous pleins à déborder
{§71} Alors,
les enfants montèrent chacun sur un grand char, obtenant quelque
chose sans précédent, sans que ce fût {§72} Shariputra,
quel est ton sentiment? Ce maître de maison, en donnant de façon
égale un grand char de précieux joyaux {§73} Shariputra
dit: "Non, Vénéré du monde, ce maître de
maison n'a fait que permettre à ses fils d'éviter le danger
{§74} L'Éveillé
déclara à Shariputra: {§75} C'est
bien, c'est fort bien, il en est comme tu le dis, Shariputra,
l'Ainsi-Venu est lui aussi comme cela, car il est père {§76} Or,
il a pris naissance dans cette vieille demeure vermoulue et en proie
au feu que sont les trois mondes-états {§77} S'ils
naissent parmi les dieux et parmi les hommes, ce sera douleur de la
gêne et de la pauvreté, douleur de se {§78} Shariputra,
l'Éveillé, à cette vue, eut cette pensée:
je suis le père des êtres et je me dois d'extirper leurs
souffrances, {§79} Shariputra,
l'Ainsi-Venu eut encore cette pensée: si je me contente d'avoir
recours aux pouvoirs supranaturels
et au {§80} Shariputra,
de même que ce maître de maison, malgré la vigueur
de ses membres, ne l'utilisa pas, mais eut recours avec {§81} "N'en
arrivez pas à vous délecter de demeurer dans la maison
en flammes des trois mondes! Ne soyez pas avides des objets grossiers
des formes, sons, odeurs, saveurs, contacts. En vous y attachant avidement,
vous ferez naître l'appétence et {§82} L'Ainsi-Venu
attire et incite les êtres grâce à ces expédients
et il leur tient encore ces propos: "Il vous faut le savoir, {§83}
Shariputra, s'il est
des êtres qui ont en eux-mêmes une nature de sagesse et
qui, entendant le Dharma du Bouddha, {§84}
S'il est des êtres
qui, entendant le Dharma du Bouddha, Vénéré du
monde, la reçoivent avec foi et se mettent d'eux-mêmes,
avec diligence et énergie, en quête de la sagesse naturelle,
se délectent tout seuls du bon apaisement, et prennent {§85}
S'il est des êtres
qui, entendant le Dharma du Bouddha, Vénéré du
monde, la reçoivent avec foi et se mettent en quête, {§85}
Shariputra,
de la même façon que ce maître de maison, voyant
que ses fils avaient pu sortir sains et saufs de la maison {§86} Ainsi
en est-il pour l'Ainsi-Venu, qui est le père de l'ensemble des
êtres: s'il voit les millions de myriades d'innombrables êtres
sortir de la douleur, des voies périlleuses et effrayantes des
trois mondes par la porte de la doctrine du bouddha, gagnant ainsi le
nirvana, l'Ainsi-Venu a alors cette pensée: je possède
le trésor incalculable, infini des attributs d'Éveillé,
la sagesse, les puissances, l'assurance et autres; ces êtres sont
tous mes enfants et je leur donnerai pareillement un grand char, je
ne permettrai pas que certains soient seuls à obtenir de passer
en nirvana et je les ferai tous passer dans le
nirvana d'Ainsi-Venu. {§86} A
ceux des êtres qui se seront délivrés des trois
mondes, il donne intégralement les instruments de divertissement
que {§87}
Shariputra, de même que ce maître de maison a tout
d'abord attiré et incité ses fils en évoquant trois
chars, pour ne leur donner après qu'un grand char, orné
de matières précieuses, de premier confort, et qu'il échappe
ensuite au reproche de mensonge, ainsi en va-t-il de l'Ainsi-Venu: il
est exempt de tromperie; il prêche tout d'abord les trois véhicules
pour attirer et inciter les êtres et ne leur donne ensuite que
le Mahayana pour les mener à
la délivrance. Pourquoi cela? L'Ainsi-Venu possède le
trésor incalculable et infini des méthodes, des sagesses,
des puissances, de l'assurance et est capable de donner à l'ensemble
des êtres le Dharma du Mahayana, mais ceux-ci ne peuvent la recevoir
intégralement. 「舍利弗!如彼長者,初以三車誘引諸子,然後但與大車,寶物莊嚴,
安隱第一;然彼長者無虛妄之咎。 {§88}
Shariputra, il faut donc se rendre compte
de ces circonstances: : c'est à cause de la puissance des expédients
des bouddhas que ceux-ci divisent en trois dans leur prédication
l'Unique véhicule de bouddha.
{§89} L'Éveillé,
voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances
{§89}
Imaginez
un maître de maison {§90} aux
madriers gauchis; {§91} la
palissade d'enceinte était tordue, {§92} lézards,
serpents, vipères, scorpions, {§93} Des
lieux puant l'urine et les excréments {§94} pour
déchiqueter et dévorer les cadavres, {§95} ils
se la disputaient, se l'arrachaient, {§96} rakshasa
et démons malins {§97} les
rakshasa survenaient à qui mieux
mieux, {§98}
Les démons kumbhandaka, | ||