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Quelle que soit l'importance de nos bonnes
actions, même si nous lisons et copions mille ou dix mille fois
l'intégralité du Sutra du Lotus, ou même
si nous maîtrisons la méditation sur le principe
d' ichinen sanzen, si nous
nous abstenons de réfuter les ennemis du Sutra du Lotus,
cela suffit pour nous rendre impossible l'atteinte de l'Eveil.
Encouragements
à une personne malade (13
décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)
Le Sutra
Kegon énonce
le principe que la conscience seule crée le monde phénoménal;
les sutras Hannya enseignent
qu'il y a dix-huit sortes de non-substantialité;
le Sutra Vairocana
définit les cinq aspects de la méditation
pour parvenir à la boddhéité, et dans le Sutra
Kammuryoju se trouve le principe de la renaissance sur la Terre
pure. Mais le principe de l'atteinte
de la boddhéité sans changer d'apparence (sokushin
jobutsu), contenu dans le Sutra du Lotus, les dépasse
tous.
L'essentiel du
chapitre Yakuo (1265-? à la mère de Nanjo Tokimitsu
?)
Ensuite, dans
le Maka Shikan, il
[Zhiyi] définit la méditation
sur le domaine de l'insondable, plus précisément
sur les trois mille mondes
présents en une seule pensée, en se fondant sur sa compréhension
profonde du Sutra du Lotus. C'est une pratique qui découle
de l'Eveil primordial du Bouddha,
et représente un principe de vérité inhérent
chez tout être.
Conversation
entre un sage et un ignorant (1265
? à un samouraï ?)
Zhiyi
et Saicho (Dengyo)
ont subi des persécutions et suscité haine et jalousie,
rien que pour avoir propagé "Une pensée - trois mille"
(ichinen sanzen) théorique
de l'enseignement provisoire.
[...] Parmi les nombreux disciples du Grand-maître Jie,
dix-huitième patriarche de l'école Tendai,
les quatre principaux furent Kakuun
(Danna),
Genshin, Soga et Zenyu.
A l'époque, cette école dispensait deux sortes d'enseignement
: le révérend Kakuun
(Danna) transmettait la doctrine,
et le moine Genshin se consacrait aux pratiques
de méditation. La doctrine est comparable à la
lune, et la pratique au soleil. Les études doctrinales sont superficielles,
alors que les pratiques de méditation sont profondes.
Les enseignements exposés par Kakuun
étaient donc étendus mais superficiels, alors que les enseignements
de Genshin
étaient limités mais profonds. L'enseignement que Nichiren
propage maintenant peut paraître limité, mais il est en fait
extrêmement profond.
Les désirs mènent
à l'éveil (Sado,
le 2 mai 1272; à Shijo Kingo)
Lorsque l'on
a des yeux, il faut comparer sa propre conduite avec ce qui est écrit
dans les sutras.
On lit dans le premier volume du Maka
Shikan : "Rien n'égale en clarté et
en sérénité la méditation shikan."
[...] On lit dans le septième volume: "[J'ai établi
dix critères pour comprendre et propager le Dharma.]
Mais neuf de ces critères n'ont rien à voir avec la pratique
des moines ordinaires de notre époque qui placent les écrits
avant toute chose, ni avec celle des maîtres Zen
qui donnent la priorité à la méditation.
Certains maîtres zen se consacrent
entièrement à la méditation, qui
est l'un des dix éléments de mon enseignement. Mais leur
méditation est superficielle et fausse, et ils
négligent totalement les neuf autres éléments. Je
n'affirme pas cela sans preuves. Les hommes vertueux des époques
à venir qui auront des yeux pour voir comprendront la vérité
de mes propos."
Dans le septième volume du Guketsu,
on lit ce commentaire de Zhanlan: "Les
moines qui placent les écrits avant toute chose" désignent
ceux qui ne parviennent à aucune perception ou compréhension
intérieure [par la méditation] et ne se préoccupent
que des aspects extérieurs du Dharma. "Les maîtres zen
[qui] donnent la priorité à la méditation"
se réfère aux hommes qui ne trouvent ni vérité
ni sagesse par la méditation et ne se préoccupent
que des techniques de contrôle de la respiration.
Ils sont incapables d'éliminer les illusions
fondamentales. "Certains maîtres zen
se consacrent entièrement à la méditation
qui est l'un des dix éléments", indique [de la part
de Zhiyi] une certaine indulgence, mais finalement
il conclut que leur méditation ne les mène
jamais à aucune perception ou compréhension intérieure.
Ceux qui pratiquent le Zen aujourd'hui n'accordent
de valeur qu'à une méditation vide et n'approfondissent
pas les enseignements doctrinaux.
[...] On lit dans le cinquième volume du Maka
Shikan: "Les faibles bonnes causes créées
par un esprit qui n'est pas totalement dirigé vers le bien ne suffisent
pas à modifier [le cycle de
la naissance et de la mort]. Mais si on pratique la méditation,
en parvenant à une profonde intuition (shikan),
en contrôlant les Cinq agrégats
dans sa vie, en évitant ainsi la maladie et en réfrénant
les désirs terrestres, alors
on peut transcender le cycle de la vie et de la mort."
[...] Le chemin vers la boddhéité ne peut pas se trouver
dans la doctrine du Kegon qui prétend
que l'esprit est la seule réalité,
dans les huit négations
de l'école Sanron, dans le principe
du "Rien que conscience"
de l'école Hosso, ni dans cette sorte
de méditation préconisée par le Shingon
sur les cinq éléments de l'univers.
Seul le principe du Tendai, ichinen
sanzen, est le chemin qui mène à la boddhéité.
Et, même ce principe d'ichinen sanzen,
ni notre sagesse ni notre intelligence ne nous permettent de le saisir
pleinement.
[...] Ces maîtres des écoles Tendai
et Shingon tomberont dans l'état d'avidité
en cette vie-ci, et connaîtront l'enfer avici
dans les vies suivantes. Même s'ils se retirent dans des forêts
de montagne et méditent intensément sur
le principe d'ichinen sanzen, ou même
s'ils vont vivre en un lieu isolé pour se consacrer aux Trois
mystères du corps, de la bouche et de l'esprit, s'ils ne comprennent
pas l'époque ou la capacité des gens et ne perçoivent
pas quelle est celle des deux méthodes, de shoju
ou de shakubuku, qui convient, ils ne pourront
jamais se libérer des souffrances de la naissance et de la mort.
Traité pour
ouvrir les yeux (Sado,
février 1272 à Shijo Kingo)
Quelque cinq
cents ans après le début de l'époque du Dharma
formel, le Grand-maître Zhiyi apparut
en Chine et réfuta les principes erronés des écoles
du Nord et du Sud afin d'établir l'enseignement correct. Sur le
plan de l'étude doctrinale, il élabora le principe des cinq
périodes, et sur le plan des pratiques de méditation,
il forgea le concept d'ichinen
sanzen.
La Chine tout entière fit son éloge, en l'appelant Petit
Shakyamuni. Pourtant, parmi les Trois
sortes d'étude, il enseigna la méditation
et la sagesse-prajna
parfaites, mais pas les préceptes
de l'enseignement parfait.
Réponse au seigneur
Hakiri Saburo (Sado,
3e jour du 8e mois de 1273 à Hakiri Sanenaga)
Par exemple,
l'école Kegon énonce
le principe des Six Formes et les Dix
Mystères, l'école Sanron,
la voie du milieu des Huit Négations,
l'école Hosso insiste sur la perception
que tous les phénomènes ne sont "Rien
que conscience", l'école Ritsu
préconise les Deux cent
cinquante préceptes, l'école Jodo,
l'invocation du nom du bouddha Amida,
l'école Zen, la méditation
sur son propre état de bouddha, l'école Shingon,
la méditation sur
les cinq éléments et l'école Tendai a
formulé la théorie d'ichinen sanzen.
Le don du mandala
du Dharma merveilleux (
Sado, 1273 à Sennichi-ama ?)
Ce fut comme
ce qui s'était passé en Chine, lorsque les maîtres
des écoles bouddhiques du Sud et du Nord, après avoir été
vaincus dans un débat, au palais de la dynastie
Chen,
par le Grand-maître Zhiyi, devinrent
ses disciples. Mais des Trois disciplines
Zhiyi n'avait utilisé que
la méditation parfaite et la sagesse parfaite.
[...] Le Grand-maître Saicho, par l'ampleur
de la tâche qu'il accomplit, surpassa Nagarjuna
et Vasubandhu, et fut plus sage
encore que Zhiyi et Zhanlan.
S'il en est ainsi, comment, à notre époque au Japon, les
moines des temples To-ji, Onjo-ji
ou des sept grands temples et les
adeptes des Huit Écoles et
du Shingon, Zen
ou Ritsu, peuvent-ils transgresser
les préceptes parfaits du Grand-maître Saicho?
Les moines des neuf régions de Chine devinrent les disciples de
Zhiyi, et adoptèrent les principes
de méditation parfaite et de sagesse parfaite qu'il
enseignait.
En plus des ouvrages mentionnés plus haut, il écrivit encore
le Maka Shikan en dix
volumes, ouvrage dans lequel, résumant tous les enseignements
sur la méditation donnés par Shakyamuni de son
vivant, il formula le principe d'ichinen,
et appréhenda toutes les entités vivantes et leur environnement
dans les dix mondes-états
par le concept de sanzen [trois mille mondes].
Par ses qualités, cet écrit de Zhiyi
surpasse ceux de tous les maîtres de doctrine qui vécurent
en Inde pendant les mille ans de l'époque du Dharma correct, dans
un passé lointain, et il est supérieur aussi, dans un passé
plus proche, aux commentaires des maîtres qui vécurent en
Chine dans les cinq cents années qui précédèrent.
"Par le passé Huisi, avec sa
forme supérieure de sagesse, Zhiyi,
avec sa philosophie clairvoyante, ont reçu et pratiqué le
Sutra du Lotus par la pensée, la parole et l'action, et,
aujourd'hui, ils sont apparus à nouveau comme deux maîtres
honorés. [...] Ils possèdent une compréhension innée
du Dharma merveilleux depuis leur
naissance, et leurs commentaires sur les textes sacrés n'ont pas
d'équivalent depuis l'époque des dynasties
Wei et Jin.
C'est pourquoi je souhaite me rendre, avec plus de cent moines
pratiquant la méditation auprès du Grand-maître
sage [Da-Zhi] et le supplier de nous permettre
de l'écouter."
Le Grand-maître Zhiyi exposa et propagea
en Chine une méditation parfaite et une sagesse
parfaite qui dépassent l'enseignement donné par Shakyamuni
de son vivant et celui de tous les maîtres apparus au cours des
mille quatre cents ans écoulés depuis la disparition du
Bouddha, c'est-à-dire les mille ans de l'époque du Dharma
correct et les premiers quatre cents ans de l'époque du Dharma
formel. [...] On utilisait les préceptes du Hinayana que l'on greffait
sur la sagesse parfaite et la méditation parfaite.
C'est un fait regrettable.
[...] Question : Le Grand-maître Saicho
naquit au Japon et vécut sous le règne de l'empereur
Kammu. Il réfuta les enseignements
erronés acceptés au Japon pendant quelque deux cents ans,
depuis le règne de l'empereur Kimmei.
Il restaura les principes de la sagesse et de la méditation
parfaites enseignés par le Grand-maître Zhiyi,
et, de plus, déclara sans valeur les trois sanctuaires pour l'ordination
selon les préceptes du Hinayana
introduits au Japon par le moine Ganjin,
faisant construire à leur place, sur le mont Hiei,
le sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes du Mahayana
menant à l'Eveil parfait et immédiat.
Le choix en fonction
du temps (Minobu,
10 juin 1275; à Yui)
C'est pourquoi
le Grand-maître Guanding
écrivit: "Cette
méditation shikan procure une clarté et
une sérénité sans pareilles, aucune autre avant elle
ne lui est comparable»;
et voilà pourquoi il est dit par le Grand-maître Zhanlan:
"La révélation de l'existence de l'état de bouddha
chez les êtres non sensitifs
surprend et stupéfie ceux qui en entendent pour la première
fois le principe."
La consécration
d'une statue du bouddha (Minobu,
le 15 juillet 1276 à Shijo Kingo)
Le Grand-maître
Saicho se
rendit en Chine; il y rencontra les moines Daosui
du temple Xi-ming-si
et Xingman,
du temple Fo-long-si,
et reçut les enseignements shikan
ainsi que les grands préceptes
pour l'Eveil parfait et immédiat.
Il rencontra également le moine Shun-xiao,
du temple Ling-gang-si, et étudia
sous sa direction le Shingon. Il revint au
Japon le sixième mois de la vingt-quatrième année
de l'ère Enryaku (805). L'empereur
Kammu lui accorda une audience et fit publier
un décret recommandant aux étudiants des Six écoles
la pratique de shikan [la
méditation du Tiantai] et de shingon
[la récitation de mantra-dharani
ésotériques], et incitant à les adopter dans les
Sept temples principaux [de Nara]. Il y avait
en Chine plusieurs théories sur la supériorité relative
de ces deux enseignements, shikan
et shingon. De plus, le Dainichikyo
Gishaku affirme que, bien qu'ils soient équivalents en
théorie, le shingon
est supérieur en terme de pratique. Le Grand-maître Saicho,
cependant, réalisa qu'il s'agissait là d'une erreur de la
part de Shan-Wuwei, et comprit que le Sutra
Vairocana était inférieur au Sutra du Lotus.
C'est pourquoi il renonça à établir une huitième
école fondée sur les enseignements
shingon et préféra
les incorporer aux enseignements de la septième école du
Japon, l'école Hokke, après
leur avoir retiré le nom de Shingon-shu.
Il déclara que le Sutra Vairocana devait être considéré
comme un sutra supplémentaire de l'école Hokke-Tendai,
et le situa au même niveau que les sutras Kegon, Sutra
Daibon hannya et
du Nirvana.
[...] Mais l'édit qui fut rendu public à sa [Ennin]
demande déclare en réalité: "Il a été
finalement établi que les principes de méditation
[shikan] de l'école Tendai
et la doctrine du Shingon s'harmonisent parfaitement
en théorie." Ennin avait
prié pour avoir la confirmation que le Sutra du Lotus était
inférieur au Sutra Vairocana mais l'édit qui fut
publié proclamait au contraire que le Sutra du Lotus et
le Sutra Vairocana étaient du même niveau!
Traité
sur la dette de reconnaissance (Minobu,
le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)
Le
Grand-maître Saicho reçut, de
ses maîtres Dao-sui et Sing-man,
les principes de la méditation
shikan, et les grands préceptes de l'Eveil
parfait. Cela fait de lui un juste. Mais, avant même d'aller
en Chine, alors qu'il était encore au Japon, il avait déjà
compris et maîtrisé tous les principes de shingon
et de shikan sans l'aide
d'aucun maître et il avait compris que la sagesse de l'école
Tendai surpassait celle des Six
et Sept Ecoles. Cela fait de lui un sage.
Lettre à Myomitsu
Shonin (Minobu,
le 5ème jour du 3ème mois intercalaire
1276 à Myomitsu Shonin)
On lit encore,
dans le neuvième volume du Hokke
Mongu Ki : "En ce qui concerne l'étape, [à
laquelle un pratiquant doit être parvenu pour obtenir l'Eveil] plus
l'objet de méditation est profond, plus basse est l'étape."
Laissons de côté les adeptes des autres écoles. Mais
d'où vient que des maîtres de l'école Tendai
rejettent ce principe qui établit que "plus un enseignement
est élevé, plus faible est le niveau [des personnes qu'il
peut sauver] et lui préfèrent les interprétations
du Supérieur des moines Genshin
?
[...] La phrase suivante, qui décrit la quatrième [des Cinq
étapes] de la pratique, se poursuit ainsi: "C'est encore
plus vrai de ceux qui, tout en étant capables de pratiquer ce Sutra,
pratiquent simultanément le don d'aumônes et l'observance
des préceptes, [patience, assiduité, méditation
et sagesse]!" Ce passage du Sutra indique clairement que les personnes
aux première, deuxième et troisième étapes
de la pratique sont dispensées de pratiquer le don d'aumônes,
l'observance des préceptes et le reste des cinq paramita. Ce n'est
qu'à la quatrième étape de la pratique [pratiquer
les six paramita tout en adhérant au Sutra du Lotus] qu'il
leur est permis de les observer. [...]
On lit, dans le neuvième volume du Hokke
Mongu: "Les débutants dans la pratique peuvent parfois
se laisser distraire par des préoccupations secondaires qui font
obstacle à la pratique essentielle. Il est alors préférable
qu'ils se consacrent totalement à la croyance dans le Sutra; c'est
la forme de don la plus élevée. Même en s'abstenant
des pratiques formelles mais en persévérant dans
la méditation sur le principe essentiel, les bienfaits
seront nombreux et immenses." [...] "En s'abstenant des pratiques
formelles, mais en persévérant dans la méditation
sur le principe essentiel" signifie que l'on doit rejeter
l'observance des préceptes et les autres pratiques spécifiques
[des cinq paramita] pour adhérer exclusivement au principe du daimoku.
Question : Pourquoi n'encouragez-vous
pas la méditation sur le principe des trois mille mondes
en un seul instant de vie (ichinen
sanzen), mais uniquement la récitation du daimoku?
Réponse : Les deux
caractères qui composent le mot Nihon
(Japon) représentent à eux seuls tous les êtres humains,
tous les animaux et toutes les richesses des cinquante-six provinces du
pays sans la moindre exception. [...] Zhanlan
écrivit: "Lorsque, sous forme abrégée, nous
mentionnons le Titre du Sutra, c'est le Sutra dans son intégralité
qui est évoqué."
Et aussi : "Lorsque, par souci de concision, nous parlons des Dix
Etats ou des Dix Modalités,
ce sont les trois mille mondes qui sont implicitement évoqués."
Les Quatre Etapes de
la foi (Minobu;
10 avril 1277 ? à Toki Jonin).
Par la croyance
dans le Sutra du Lotus, parmi ceux qui saisissent en profondeur
l'essence du Sutra, qui pratiquent la méditation assise
décrite dans le Maka
Shikan, et se concentrent sur les principes d'ichinen
sanzen, des Dix objets
et des Dix méditations,
certains atteindront peut-être effectivement la boddhéité
sous leur forme présente et parviendront à l'Eveil. Quant
aux autres, même sans comprendre le coeur du Sutra du Lotus
et en étant ignorants du bouddhisme, s'ils ont un esprit de recherche
sincère, ils renaîtront invariablement sur une Terre pure.
Car il est dit dans le Sutra du Lotus: "Ils renaîtront
en présence de tous les bouddhas des Dix
directions"
Parvenir directement
à la boddhéité grâce au Sutra du Lotus
(Minobu, mars
de 1277 ?; autres dates avancées : 1271, 1276, 1281, 1282) à
Myoho-ama
Vous dites
que Ryosho-bo a proclamé ensuite que
ceux qui pratiquent la méditation shikan sont
tenus d'observer les préceptes.
Pourtant, il est dit, dans le neuvième volume du Hokke
Mongu, que [après la disparition du Bouddha] aux première,
deuxième et troisième [des cinq étapes de pratique]
on peut s'abstenir d'bserver les préceptes.
Le troisième
enseignement (Minobu,
1er jour du 10e mois de 1277, à Toki Jonin)
Cent ans ou
plus après l'introduction du Sutra du Lotus en Chine,
le Grand-maître Zhiyi établit,
dans le domaines des études doctrinales, la classification des
cinq périodes et des quatre
enseignements. Il réfuta les interprétations doctrinales
avancées par les lettrés pendant les plus de cinq
cents années précédentes, et, par sa pratique
de la méditation, s'éveilla à la
vérité d'ichinen
sanzen, comprenant pour la première fois le principe du Sutra
du Lotus. L'école Sanron,
créée avant la naissance du Grand-maître Zhiyi,
et l'école Hosso, créée
après sa mort, enseignèrent toutes deux un principe des
huit mondes-états mais ne mentionnèrent jamais Dix
mondes-états. Par conséquent, ces deux écoles
ne pouvaient en aucune manière établir le principe d'ichinen
sanzen.
[...] Cette école [Kegon], dans ses interprétations doctrinales,
établit les cinq enseignements,
et, pour sa pratique de la méditation, énonce
les principes des Dix mystères
et des Six Formes
[...] Le Grand-maître Saicho
reçut l'enseignement des deux écoles, Tendai
et Shingon [en Chine], et les rapporta
au temple Enryaku-ji, sur le mont
Hiei. Mais, en voulant créer un sanctuaire
pour conférer les préceptes (kaidan),
Saicho aspirait à la méditation
parfaite, à la sagesse parfaite et aux préceptes
parfaits menant à l'Eveil parfait
sans supérieur (myogaku) et immédiat
selon l'école Tendai.
Il semble bien qu'il jugea incorrecte l'utilisation du terme "école"
pour désigner le Shingon comme une
doctrine distincte de l'école Tendai.
Dans le mémorandum qu'il adressa à la cour impériale,
il mentionne les pratiques shikan
(arrêt et exeman) et shingon
(la discipline de Vairocana) de l'école
Tendai-Hokke. Et le serment concernant
les préceptes transmis
par Saicho à son disciple Ennin
parle, en fait, des "shikan
et shingon de l'école Tendai-Hokke",
en évitant clairement l'emploi du terme "école Shingon".
Lettre à Shomitsu-bo
(Minobu,
1277 à Shomitsu-bo)
Question : Pourquoi rejetez vous leurs opinions
et maintenez vous que le Titre du Sutra du Lotus est l’objet
de vénération?
Réponse : Cela
n’est absolument pas fondé sur ma réflexion personnelle.
C’est fondé sur les enseignements du Sutra du Lotus,
mentionnés plus haut, et sur l’interprétation de Zhiyi.
Quant au point douteux selon lequel le bouddha Amida
est l’objet de vénération lorsqu'on on pratique les
quatre niveaux de méditation d’après
le Maka Shikan, c’est parce que le bouddha Amida
est regardé comme l’objet de vénération seulement
quand on pratique la "méditation assise continuelle
pendant une période de 90 jours (joza-sanmai)" ,
"la méditation active continuelle pendant
une période de 90 jours", pendant laquelle le pratiquant marche
autour de la statue du bouddha Amida en invocant
son nom (nembutsu) et en se le
remémorant (jogyo-sanmai) ,
et " la méditation sur la réalité"
(higyo-hiza-sanmai) dans une posture non
spécifiée pour une période de temps non spécifiée.
Ce sont trois des quatre niveaux de méditation concentrée
(samadhi) de l’école Tendai.
Cette idée de l’objet de culte est basée sur le Sutra
Monjumon, le Sutra Hanjusanmai et le Sutra
Kannon. Ces types de sutras existaient avant que le Sutra
du Lotus fût prêché, et c’étaient
des enseignements servant d'expédients
salvifiques pour conduire les êtres vivants à la vérité.
"En quarante ans et plus, la vérité n’a pas encore
été révélée", est-il écrit
dans le Sutra Muryogi.
En un mot, le Bouddha Shakyamuni n’a pas révélé
sa véritable intention pendant plus de quarante ans.
En outre, il y a deux sortes de méditations dans
hangyo-hanza-sanmai, la dernière des
quatre méditations.
L’une est hodo-sanmai (méditation
de la période de déploiement ),
qui considère les sept bouddhas
et les huit bodhisattvas comme l’objet de culte. La seconde est
hokke-sanmai, qui considère
le Bouddha Shakyamuni et le Bouddha Taho
du Sutra du Lotus comme les objets de culte. Cependant, si l’on
juge d’après ce que le Hokke Sanmai Sengi énonce,
la vérité est que le Sutra du Lotus devrait être
l’objet de culte.
Honzonmondosho
( Minobu, septembre
1278
à
Joken-bo) |