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Extraits de gosho de Nichiren sur |
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Amida
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| Cependant, beaucoup mettent
tout leur espoir dans le "sabre tranchant" du bouddha Amida,
psalmodiant le nom de ce seigneur du paradis
de l'Ouest ; d'autres croient que le bouddha Yakushi
"guérira tous les maux" (note)
et récitent le sutra qui le décrit comme l'Ainsi-Venu
de la région de l'Est. Il est dit, dans le deuxième volume du Sutra du Lotus : "Maintenant, ce monde
des trois plans est tout
entier mon domaine. Les simples mortels qui y vivent sont tous mes enfants
(réf.)
." Ce passage signifie que pour nous, simples mortels, le
Bouddha Shakyamuni est Parent, Maître et Souverain. Pour nous,
simples mortels, Amida,
Yakushi et d'autres bouddhas
peuvent avoir la qualité de Souverain mais pas celle de Parent
ou de Maître. Le moine Shandao,
révéré pour sa maîtrise de la méditation
du Nembutsu, et respecté comme l'incarnation
vivante du bouddha Amida,
désigna cinq sortes de pratiques incorrectes et déclara
que le Sutra du Lotus ne pouvait pas sauver "une personne
sur mille", impliquant ainsi que, si mille personnes avaient foi
en ce sutra, pas une seule d'entre elles n'atteindrait la boddhéité.
Pour leur [adeptes du Shingon]
part, le moine Shandao était
une réincarnation du bouddha Amida,
seigneur de la Terre pure de l'Ouest,
et le moine Honen, une réincarnation
du bodhisattva Seishi.
De nos jours, il y a des moines et des nonnes qui, parce qu'ils pratiquent
le Shingon,
font du bouddha Vairocana*
leur objet fondamental de vénération et relèguent
à une position inférieure le Bouddha Shakyamuni. D'autres,
parce qu'ils croient aux vertus du Nembutsu,
adressent leurs prières exclusivement au bouddha Amida,
en négligeant totalement le Bouddha Shakyamuni. Ils ne sont pourtant
tous moines et nonnes que grâce au Bouddha Shakyamuni, mais ils
agissent ainsi en raison des erreurs commises par les fondateurs de
leurs diverses écoles. Dans le cas des sutras Daijuku,
Hannya*,
Konkomyo, et Amida,
le Bouddha, pour condamner l'idéal hinayana
des personnes des deux véhicules,
décrivit les Terres pures
des dix directions pour
donner aux bodhisattvas et aux simples mortels le désir d'y parvenir.
Il amena ainsi les personnes des deux
véhicules à abandonner l'idéal du Hinayana.
Il est dit dans le sutra : "La sagesse de tous les bouddhas est infiniment profonde et incommensurable."
"Tous les bouddhas" désigne chaque bouddha dans l'univers
et dans les trois phases de l'existence
y compris le bouddha Vairocana*
de l'école Shingon
et le bouddha Amida de
l'école Jodo. Cela désigne tous les bouddhas
et tous les bodhisattvas sans exception de tous les sutras ou toutes
les écoles, du passé, du présent et du futur, y
compris le Bouddha Shakyamuni.
Toutes ces terres, aussi
bien que la Terre pure du bouddha
Amida et la terre
émeraude du bouddha Yakushi
sont en flux constant - croissance, stabilité, déclin
et vacuité (ku).
Quand le vénérable Bouddha Shakyamuni entre dans le parinirvana,
tous les autres bouddhas et leurs terres disparaissent également
avec lui. Le monde saha que Shakyamuni
révéla dans le chapitre Juryo*
(XVI) est
la Terre éternelle et pure,
épargnée par les trois
calamités et non soumise aux quatre
cycles de kalpa. Quel grand médecin
ou quel bon médicament a le pouvoir de guérir tous les
êtres à l'époque des Derniers
jours du Dharma ? Ils ne peuvent pas être guéris
par les mudra et les mantra
dharani*
du bouddha Vairocana*,
par les quarante-huit voeux du bouddha Amida
ou les douze grands voeux du bouddha Yakushi,
ni même par son serment de guérir toutes les maladies.
Non seulement de tels remèdes n'ont pas le pouvoir de guérir
les maladies mais ils les aggravent. Nichiren proclame que, parce que les hommes vénèrent
Amida, Vairocana,
Yakushi et d'autres bouddhas,
plus encore que leurs parents et seigneurs, les trois
calamités et les sept
désastres se déchaînent avec plus de
violence qu'auparavant, et les désastres naturels n'ont jamais
été plus terrifiants. Dans les trois
sutras de l'école Jodo le bouddha Amida
déclare : "Dix kalpas
se sont écoulés depuis que j'ai atteint la boddhéité."
Est-ce vraiment comparable à la révélation, dans
le Sutra du Lotus, que Shakyamuni parvint à l'Eveil
dans le passé de gohyaku jintengo* ? "
Mais les gens suivent les
enseignements d'hommes comme Shandao
et Honen, qui furent possédés
par le Roi-Démon du sixième
Ciel. Les pratiquants du Nembutsu
bâtissent des temples au bouddha Amida
dans tout le pays. Dans chaque province, dans chaque village, dans chaque
hameau, ils construisent des salles de pratique consacrées au
bouddha Amida.
Chacun peint ou sculpte en bois l'image du bouddha Amida
pour l'enchâsser dans sa propre maison. Toutes les bouches prononcent
son nom. Certains récitent le Nembutsu
à voix haute, dix mille fois, soixante mille fois par jour. Et
des personnes d'une certaine sagesse s'empressent de les encourager
à ces pratiques. C'est comme de l'herbe sèche jetée
dans un feu ou un vent soufflant de plus en plus fort pour faire des
vagues de plus en plus hautes. Les habitants de ce pays sont tous, sans
aucune exception, les disciples ou les sujets du Bouddha Shakyamuni.
Ainsi, ceux qui ne peignent ni ne sculptent l'image d'Amida
ou d'un autre bouddha que Shakyamuni, et qui ne psalmodient pas le nom
d'Amida peuvent
bien être des personnes mauvaises, mais concrètement ils
n'ont rien fait pour rejeter le Bouddha Shakyamuni. Tandis que vénérer
exclusivement le bouddha Amida,
c'est déjà clairement manifester son abandon du Bouddha
Shakyamuni. Ceux qui récitent cette vaine et stérile invocation
du Nembutsu, voilà les
personnes véritablement mauvaises. Ce bouddha qui n'est ni leur
père, ni leur mère, ni leur souverain, ni leur maître,
ils le traitent avec autant de tendresse qu'une épouse bien-aimée.
Dans le même temps ils abandonnent Shakyamuni, notre véritable
souverain, parent et maître éveillé. De plus, Amoghavajra*
commit de nombreuses erreurs. Par exemple, dans sa traduction intitulée
Kanchi Giki qui traite
du Sutra du Lotus, il identifie le bouddha du chapitre Juryo*
(XVI) au
bouddha Amida, ce qui est une distorsion flagrante. Le Sutra Muryogi
et ce moine du Cloître du Saule sont aussi éloignés
l'un de l'autre que le ciel de la terre. Dans ces conditions, comment
pourrait-on croire que le bouddha Amida
prit la forme d'un moine, et apparut en rêve à Shandao
pour lui confirmer la véracité de ses commentaires ? Le bouddha Amida n'était-il pas présent
lorsque le Sutra du Lotus fut enseigné et n'a-t-il pas
tiré la langue [comme tous les autres pour témoigner de
la véracité du Sutra ? ] [Ses deux disciples] les
bodhisattvas Kannon et Seishi
n'étaient-ils pas présents eux aussi ? [L'erreur
de Shandao est évidente.]
De même, il apparaît clairement que le rêve de Ennin*
était un présage de malheur. Ainsi, les auditeurs-shravakas
à l'époque de Shakyamuni avaient reçu de lui la
graine de l'Eveil dans un passé sanzen
jintengo*,
lorsqu'il était le seizième fils du bouddha Daitsu.
Ils ne peuvent donc atteindre l'Eveil en suivant Amida,
Yakushi ni aucun autre bouddha.
Ou, pour prendre un autre exemple, si quelqu'un ramène chez lui
de l'eau de l'océan, toute sa famille peut s'en servir. Il serait
terriblement inopportun et même insensé de refuser absolument
d'en faire usage pour aller chercher l'eau d'un autre océan.
Nous nous
rendîmes à la résidence de Homma
Rokurozaemon. Là, je commandai du saké et en offris
aux soldats. Quand vint pour eux le moment de partir, certains dirent,
en joignant les mains et en inclinant la tête de la façon
la plus respectueuse : "Nous ne savions absolument pas qui vous étiez.
Nous vous détestions uniquement parce que l'on nous avait dit que
vous calomniiez le bouddha Amida que nous vénérons.
Mais maintenant que nous avons vu votre noblesse de nos propres yeux,
nous allons abandonner le Nembutsu que nous pratiquons
depuis si longtemps." Certains allèrent même jusqu'à
sortir leur chapelet Nembutsu de son étui et à
le jeter au loin. D'autres firent serment de ne jamais plus pratiquer
le Nembutsu. De plus, les
mots "terre de paix et de félicité", sont l'expression
employée pour désigner les diverses Terres
pures. Et le bouddha Amida dont il est question ici
[dans le Sutra du Lotus] n'est pas le bouddha Amida
mentionné dans le Sutra
Kammuryoju. Ce dernier était à l'origine un moine
nommé Hozo, ayant formulé quarante-huit
voeux et un bouddha parvenu à l'illumination il y a de cela dix
kalpas. Or le bouddha Amida
mentionné dans l'enseignement
théorique*
du Sutra du Lotus était, lui, le neuvième des seize
princes héritiers, fils du bouddha Daitsu
Enchin, un bouddha Amida qui fit le serment solennel
de propager le Sutra du Lotus. Et le bouddha Amida
mentionné dans l'enseignement
essentiel*
est une émanation du Bouddha Shakyamuni. C'est pourquoi on lit
dans le commentaire : " Cette appellation d'Amida
ne désigne pas la personne mentionnée dans le Sutra
Kammuryoju et dans d'autres sutras." Il n'y a pas
de plus grande tromperie au monde que la statue du bouddha Amida
enchâssée de nos jours au temple
Zenko-ji et que l'on fait passer pour l'objet de vénération
originel. On lit dans
le Sutra du Lotus : "Maintenant ce monde des trois
plans est tout entier mon domaine. Les êtres vivants qui s'y
trouvent sont tous mes enfants."(réf.)
Si ce passage des écritures est exact, le seigneur Shakyamuni est
le père et la mère, le maître et le souverain de tous
les habitants du Japon. Le bouddha Amida
ne possède pas ces trois vertus.
Pourtant, vous négligez le bouddha doté des trois
vertus, et invoquez le nom d'un autre bouddha, jour et nuit, matin
et soir, soixante ou quatre-vingt mille fois par jour. N'est-ce pas agir
d'une manière contraire à la piété filiale ? C'est le Bouddha Shakyamuni lui-même qui enseigna que le vœu
originel d'Amida
avait été de sauver tous les êtres humains ; mais,
pour finir, il revint sur ce qu'il avait dit et déclara : "Je
suis le seul à pouvoir les sauver." Par la suite, il n'enseigna
jamais qu'il pouvait y avoir deux ou trois bouddhas capables de sauver
les êtres humains. Personne n'a deux pères ou deux mères.
Quel sutra désigne Amida
comme le père de ce pays ? Quel traité dit qu'il en
est la mère ? Des enseignements du Nembutsu comme le Sutra
Kammuryoju ont été exposés de manière
provisoire, en préparation du Sutra du Lotus. Ils sont
comme un échafaudage utilisé pour construire une pagode.
Certains pensent que, parce que tous deux font partie du bouddhisme, leur
seule différence réside dans le fait que les uns furent
exposés avant les autres ; mais ils partent de prémisses
totalement erronées. C'est aussi stupide que de vouloir conserver
l'échafaudage même lorsque la pagode est entièrement
construite, ou de dire que les étoiles sont plus brillantes que
le soleil. C'est pourquoi,
même si tous les habitants du Japon servaient le Bouddha Shakyamuni
avec autant de respect qu'ils en manifestent actuellement à l'égard
du bouddha Amida,
parce qu'ils le placeraient sur le même plan qu'un autre bouddha
et le traiteraient de la même manière, ils commettraient
encore une grave erreur. Par exemple, si quelqu'un, alors même que
son propre dirigeant est un homme sage, se mettait au service du roi d'un
autre pays, et si, bien que vivant au Japon, il rendait hommage au roi
de Chine ou de Koguryo en négligeant le souverain du Japon, pourrait-on
le considérer comme un bon sujet du grand roi de son pays ? [...] Et que dire alors des moines du Japon, qui, tous sans exception,
ont reçu la tonsure en tant que disciples du Bouddha Shakyamuni
! La robe qu'ils portent, ils ne l'ont
pas revêtue en tant que disciples du bouddha Amida.
Pourtant, on ne trouve pas une seule salle consacrée dans leurs
temples au Bouddha Shakyamuni, pas une où la méditation
du Sutra du Lotus soit pratiquée, où une image
peinte ou sculptée de Shakyamuni soit enchâssée. Ils
ne possèdent pas un seul exemplaire du Sutra du Lotus
et négligent le Bouddha Shakyamuni pourtant doté des trois
vertus. Mais dans tout le pays, dans chaque district, chaque village
et chaque foyer, ils érigent plus de statues qu'il n'y a d'habitants,
à l'image du bouddha Amida
qui ne possède pourtant aucune de ces trois
vertus ; et tous psalmodient le nom du bouddha Amida,
à l'exclusion de tout autre, soixante mille ou quatre-vingt
mille fois par jour. Question
: L'ouvrage de Zhiyi*,
intitulé Maka Shikan
décrit le pratiquant marchant autour d’une statue du bouddha
Amida
comme objet de vénération lorsqu’il pratique
la deuxième des quatre
méditations (shishu-sanmai,
chaturdhyana) Mais au cœur
des enseignements bouddhiques règne la plus grande confusion. Les
adeptes de l'école de la Terre
pure prennent le bouddha Amida
comme objet de culte, les tenants du Shingon
vénèrent le bouddha Vairocana*,
tandis que les pratiquants du Zen,
sans égard ni pour les sutras ni pour les bouddhas, révèrent
Bodhidharma. Quant aux adhérents
des autres écoles, ils sont pour la plupart influencés par
les adeptes du Nembutsu et les
défenseurs du Shingon, et
les suivent. Ceux qui ont
fait construire par milliers de temples au Japon ne savaient pas qu'ils
auraient dû prendre pour objet de vénération le Bouddha
de l'enseignement essentiel*
accompagné des Quatre bodhisattva. Même le prince Shotoku,
lorsqu'il fit construire l'ancien temple Shitenno-ji,
le premier temple bouddhique au Japon, prit pour objet de culte le bouddha
Amida accompagné
de bodhisattva comme Kannon, en y
ajoutant des images des quatre Rois du
Ciel. Il [Nichiren]
est la personne qu'hommes et femmes haïssent le plus. Car, malgré
le grand nombre de provinces et d'habitants du Japon, tous récitent
d'un même coeur Namu Amida Butsu.
Ils ont pris le bouddha Amida
pour objet de culte, rejettent totalement les neuf autres directions et
ne rêvent que de l'ouest.. De nos jours,
la plupart des gens, sages aussi bien qu'ignorants, vous diront que le
grand bodhisattva Hachiman est
une émanation du bouddha Amida,
et cette affirmation n'est pas sans fondement. Certains documents de la
période de Nara
et de la période Heian,
ainsi que des oracles du bodhisattva Hachiman
lui-même, l'identifient au bouddha Amida.
Cela vient de personnes qui, dans leur cœur, sont des croyants du
Nembutsu. C'est comme confondre
une pierre rouge avec une pépite d'or ou prendre une souche d'arbre
pour un lièvre. |
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