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Lorsque je fus banni
sur cette île de la mer du Nord, je n'avais ni suffisamment de nourriture
pour vivre, ni même des vêtements en lianes de glycines tressées
pour me couvrir le corps. Les habitants, moines aussi bien que laïcs
de cette province, ont été encore plus hostiles à
mon égard que les hommes et les femmes de la province de Sagami.
Abandonné dans un champ, sans protection contre la neige, j'ai
survécu en mangeant des herbes. [...] Toutefois, alors que je vivais
ainsi dans votre pays, vous et votre mari [Ko nyudo],
en vous cachant du regard des autres, de nuit, vous m'avez apporté
de quoi manger. En certaines occasions, sans craindre la menace des autorités
provinciales, vous n'avez pas hésité à lier votre
sort au mien. C'est pourquoi, malgré tant de difficultés
endurées dans cette province, au moment de vous quitter, j'ai ressenti
comme un regret de partir. C'était comme si j'avais été
retenu par le col ou comme si j'avais été repoussé
en arrière à chaque pas que je faisais pour m'éloigner.
Lettre à Ko
no ama Gozen (Minobu le 16 juin 1275 à
Ko-no ama Gozen)
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