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De nos jours, la plupart
des gens, sages aussi bien qu'ignorants, vous diront que le grand bodhisattva
Hachiman est une émanation
du bouddha Amida, et ils appuyent
cette affirmation par des écrits. Certains documents de l'ère
Nara et de l'ère Heian, ainsi que des oracles du bodhisattva Hachiman
lui-même, l'identifient au bouddha Amida.
Cela vient de personnes qui, dans leur cœur, sont des croyants du
Nembutsu. C'est comme confondre
une pierre rouge avec une pépite d'or ou prendre une souche d'arbre
pour un lièvre.
Car en réalité, Hachiman
n'est autre que le Bouddha Shakyamuni. Si je l'affirme, c'est que, dans
la province d'Osumi, une inscription sur une pierre l'indique.
Cette pierre est maintenant cassée en deux. Sur l'un des deux morceaux,
on lit les deux caractères Hachi Man.
Et sur l'autre : "Autrefois, j'ai enseigné le Sutra du Lotus au Pic du Vautour et
maintenant je suis le grand bodhisattva qui se manifeste et réside
dans ce sanctuaire." C'est une première preuve que le bodhisattva
Hachiman est bien le Bouddha Shakyamuni.
Mais il existe une autre preuve, encore plus concluante. Voir la suite
dans
Sur le Bodhisattva
Hachiman (Minobu,
12e mois 1280, à Nichigen-nyo, l'épouse de Shijo Kingo)
Si le pouvoir
était aux mains d'un dirigeant sage et vertueux, les plus grands
honneurs au Japon, et même le titre de Grand-maître, me seraient
décernés de mon vivant. Je m'attendais à être
consulté au sujet des Mongols, à être invité
au conseil de guerre, et à ce qu'on me demande de prier pour la
défaite de l'ennemi. Mais puisque ce ne fut pas le cas, j'envoyai
des lettres d'avertissement à onze autorités de ce pays,
le dixième mois de cette même année.
S'il s'était trouvé un dirigeant capable parmi nous, il
se serait dit : "Quelle merveille! Quelle clairvoyance exceptionnelle!
Ce sont les divinités bouddhiques Tensho
Daijin et
Hachiman qui ont dû concevoir, par l'intermédiaire
de ce moine, le moyen de sauver le Japon." [...] En arrivant dans
l'avenue Wakamiya, je regardai la foule des
soldats qui m'entouraient et leur dis: "Ne craignez rien, je n'ai
pas l'intention de vous créer des ennuis. Je veux seulement dire
mes derniers mots au bodhisattva Hachiman." Je descendis
de cheval et m'écriai: "Bodhisattva Hachiman,
es-tu donc vraiment une divinité? Quand Wake
no Kiyomoro allait être décapité, tu as pris
la forme d'une lune de dix pieds de large. Quand le Grand-maître
Saisho (Dengyo) exposait le Sutra du Lotus, tu lui as fait don d'un surplis pourpre. Moi, Nichiren,
je suis le plus grand pratiquant du Sutra du Lotus au Japon et
je ne suis coupable d'aucun crime. J'ai exposé le Dharma pour éviter
à tous les êtes de tomber dans l'enfer
des souffrances incessantes auquel les condamne leur opposition au
Sutra du Lotus. D'ailleurs, si le grand empire mongol
attaque ce pays, comment les divinités bouddhiques comme Tensho
Daijin et Hachiman pourraient-elles êtres
épargnées? Quand le Bouddha Shakyamuni enseigna le Sutra du Lotus, le bouddha Taho, et
de nombreux autres bouddha et bodhisattva apparurent, brillant comme autant
de soleils, de lunes, d'étoiles et de miroirs. En présence
des innombrables bouddha et dieux de l'Inde, de la Chine et du Japon,
le vénérable Bouddha demandaià chacun d'eux de faire
serment d'assurer au pratiquant
du Sutra du Lotus une protection constante. Et chacune d'entre
vous, divinités bouddhiques, avez prêté ce serment.
Je ne devrais pas avoir besoin de vous le rappeler. Pourquoi n'êtes-vous
pas ici, maintenant que le moment est venu d'honorer votre promesse solennelle?"
Pour finir j'ai crié: "Si je dois être exécuté
ce soir et accéder à la Terre
pure du Pic du Vautour, je
rapporterai immédiatement au Bouddha Shakyamuni que Tensho
Daijin et Hachiman ont trahi la promesse qu'ils
lui avaient faite. Si cela vous semble insupportable, vous feriez mieux
d'agir sans tarder!" Puis, ayant dit ce que j'avais à dire,
je suis remonté à cheval. [...]
"Quoi que vous fassiez, tant que le Régent
Hojo Tokimune ne croira pas en le Dharma correct, les Japonais n'y croiront pas non plus, et le pays courra
à sa perte. Je suis peut-être bien insignifiant, mais je
propage le Sutra du Lotus et je suis donc l'envoyé
du Bouddha Shakyamuni. Tensho Daijin
et Sho Hachiman sont respectés
comme les divinités tutélaires de ce pays, mais ne sont
que des divinités mineures si on les compare à Bonten
et à Taishaku, au Soleil
et à la Lune, ou aux Quatre
Grands Rois du ciel. On dit pourtant que tuer une personne qui sert
ces deux divinités est un crime aussi grave que sept meurtres et
demi. C'est pour cette raison que périrent Taira
no Kiyomori et l'empereur retiré Gotoba.
Ainsi, il est infiniment plus grave de me persécuter que de maltraiter
les serviteurs de ces deux divinités. Je suis l'envoyé du
Bouddha Shakyamuni et devant moi Tensho Daijin
et Sho Hachiman doivent
joindre les mains et s'incliner avec respect. Parce que je suis le Pratiquant
du Sutra du Lotus, Bonten et Taishaku
marchent respectivement à ma droite et à ma gauche, et le
Soleil et la Lune éclairent ma route devant et derrière
moi.
Sur le comportement
du Bouddha
(Minobu, 1276, à Konichi-ama)
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