|
Extraits de gosho de Nichiren sur |
![]() |
||
| Les différences
entre le Shingon et le Sutra du Lotus |
|||
| Certains suivent
les enseignements ésotériques
de l'école Shingon et conduisent
des rituels qui consistent à remplir d'eau cinq jarres
(note). Le Shingon
divise les enseignements bouddhiques en deux catégories : les enseignements exotériques de Shakyamuni, exposés
dans les sutras Kegon*,
dans le Sutra du Lotus et dans divers autres sutras, et les enseignements
ésotériques de Vairocana,
exposés principalement dans le Sutra
Vairocana*. Le Sutra
du Lotus est le plus élevé des enseignements exotériques.
Mais, même si ses principes essentiels [selon l'école Shingon]
ressemblent à ceux de l'enseignement ésotérique du
Sutra Vairocana*, parce que
l'on n'y trouve pas la moindre allusion à la pratique des mudra
et des mantra dharani*,
ni aux Trois mystères,
il est considéré comme "un enseignement incomplet". L'école
Shingon avance le principe des
dix stades de l'esprit
(jujushin), déclarant que tous les autres sutra sont des enseignements
exotériques, donc inférieurs à ceux de l'école
Shingon que leur ésotérisme
rend supérieurs. Par cela,
il [Shubhakarasimha*]
voulait dire que, bien que le principe d'ichinen
sanzen soit le même dans le Sutra du Lotus et
dans le Sutra Vairocana*, le Sutra
du Lotus ne mentionne ni mudra
ni mantra dharani*,
et que, par conséquent, du point de vue des pratiques qu'il enseigne,
il est inférieur au Sutra
Vairocana*. Puisque
l'on n'y trouvait pas concrètement l'énoncé des formules
pour la pratique, on ne pouvait pas dire qu'il représentait les
enseignements ésotériques à la fois
du point de vue de la théorie et de la pratique. II - Pratique des mudra Parmi ces
divers enseignements, celui de l'école Shingon
est particulièrement erroné. [Ses fondateurs] Shubhakarasimha*
et Vajrabodhi*
ont affirmé : "Le concept d'ichinen
sanzen est le plus essentiel des principes énoncés par
Zhiyi et le coeur même de tous
les enseignements exposés par le Bouddha Shakyamuni de son vivant.
Mais indépendamment du principe d'ichinen
sanzen qui constitue la
base des enseignements exotériques
aussi bien qu'ésotériques,
les mudra et les mantra
dharani*,
forment la partie essentielle des enseignements bouddhiques." Partant
de là, les maîtres du Shingon
ont affirmé par la suite que les sutras qui ne comportent ni mudra
ni mantra dharani*
doivent être considérés comme inférieurs, c'est-à-dire
du même niveau que les enseignements non bouddhiques. Shubhakarasimha*
affirme que l'école Shingon
est supérieure à l'école Tian tai
sur un point : elle utilise les mudra
et les mantra dharani*."
(...) L'enseignement ésotérique, à son tour, se divise
en deux catégories. La première est celle de l'enseignement
théorique*,
qui comprend les sutras Kegon*,
Hannya*,
Vimalakirti, du
le Sutra du Lotus et du Nirvana.
Bien qu'ils enseignent l'inséparabilité des vérités
profanes et de la vérité suprême du bouddhisme, ils
n'enseignent pas les mudra
et les mantra dharani*.
La deuxième catégorie est celle de l'enseignement ésotérique
à la fois la pratique et théorique. Ce sont les principes
que l'on trouve dans les Sutra
Vairocana*, Sutra
Kongocho et Soshitsuji.
Ils enseignent la non-dualité des vérités profanes
et bouddhiques ainsi que les mantra
dharani*
et les mudra."
Ce passage signifie essentiellement que, pour ce qui est de la supériorité
relative du Sutra du Lotus, les trois
sutras du Shingon mentionnés plus haut sont théoriquement
en accord, puisqu'elle réside dans le principe d'ichinen
sanzen. Mais la pratique des mudra
et des mantra dharani*
n'est pas exposée dans le Sutra du Lotus. C'est pourquoi
le Sutra du Lotus représente l'enseignement ésotérique
théorique, alors que les trois
sutras du Shingon représentent l'enseignement ésotérique
à la fois théorique et pratique. Il n'a pas
été établi de manière certaine si le terme
école Shingon fut utilisé
en Inde ou non. Il se pourrait simplement que, parce qu'un certain nombre
de sutras sont appelés sutras Shingon,
Shubhakarasimha*
et d'autres aient donné le nom d'"école" aux enseignements
basés sur ces sutras quand ils les introduisirent en Chine. C'est
un point qu'il faut garder en mémoire. En particulier, il faudrait
noter que, quand Shubhakarasimha*
entreprit d'évaluer les mérites relatifs du Sutra du
Lotus et du Sutra Vairocana*, il avança
cette interprétation que tous deux sont "équivalents
d'un point de vue théorique, mais que le dernier est supérieur
en termes de pratique." Par cela, il voulait dire que, bien que le
principe d'ichinen
sanzen soit le même dans le Sutra du Lotus et
dans le Sutra Vairocana*, le Sutra
du Lotus ne mentionne ni mudra
ni mantra dharani*,
et que, par conséquent, du point de vue des pratiques qu'il enseigne,
il est inférieur au Sutra
Vairocana*. Puisque
l'on n'y trouvait pas concrètement l'énoncé des formules
pour la pratique, on ne pouvait pas dire qu'il représentait les
enseignements ésotériques à la fois
du point de vue de la théorie et de la pratique. III - Rélégation de Shakyamuni à l'état de manifestation historique. Culte de Dainichi Selon les
tenants de ces écoles, les patriarches du Kegon,
Dushun, Zhiyan,
Fa-zang et Cheng-guan
et les maîtres du Shingon,
Shubhakarasimha*,
Vajrabodhi*
et Amoghavajra*
étaient supérieurs
à Zhiyi ou Saicho.
Mieux encore, ils prétendent que les enseignements de Shubhakarasimha*
descendent en droite ligne du bouddha Mahavairochana. Qui étaient
les parents du bouddha Vairocana*,
et dans quel pays apparut-il pour exposer le Sutra
Vairocana* ? S'il
s'est manifesté directement en ce monde sans avoir ni père
ni mère, dans quel sutra est-il écrit qu'après la
mort du Bouddha Shakyamuni, un bouddha comme lui [Vairocana]
apparaîtrait pour exposer l'enseignement au cours des cinquante-six
milliards soixante-dix millions d'années séparant la mort
du Bouddha Shakyamuni de l'apparition du vénérable et bienveillant
Maitreya ? Sans
le moindre passage pour servir de preuve, qui pourrait donc avoir
foi en une telle assertion ? La doctrine Shingon
est pleine d'affirmations étranges de ce genre, c'est pourquoi
j'en parle comme d'un enseignement erroné. Le Sutra
Vairocana* ne
fait pas la plus petite allusion à l'Eveil
primordial du Bouddha dans un passé illimité.
Et pourtant, cet Eveil primordial est la source de l'Eveil de tous les
bouddhas. Si nous comparions l'Eveil primordial du Bouddha dans le passé
illimité à un vaste océan, nous pourrions dire que
les plus de mille deux cents Honorés de l'école du Shingon
sont les poissons et les oiseaux qui l'habitent. Sans la révélation
que le Bouddha atteignit l'Eveil à une époque infiniment
plus lointaine, les plus de mille deux cents Honorés seraient comme
autant de brins d'herbe flottant sans racine, ou comme la rosée
nocturne s'évaporant au lever du soleil. Question
: L’objet de culte dans l’école Shingon
est Mahavairocana (Dainichi)
et celui de l’école Jodo est le bouddha Amida.
L’objet de culte de l’école Zen
est le Bouddha qui a atteint l’Eveil sous l’arbre
bodhi, nommément le Bouddha Shakyamuni. Toutes ces écoles
et groupes montrent l’image de Bouddha comme leur objet de culte,
mais pourquoi est-ce que l’école Hokke
est la seule qui a le Sutra du Lotus comme son objet de culte ? IV- Principe de l'atteinte de la boddhéité dès ce corps. J'ai ici un
exemplaire d'un ouvrage en un volume intitulé Bodaishin
Ron, que l'on dit écrit par le bodhisattva Nagarjuna.
On y lit : "Seuls les enseignements du Shingon
permettent d'atteindre la boddhéité
sans changer d'apparence. C'est pourquoi le Shingon
enseigne la manière d'accéder à la samadhi.
Ce principe fait défaut à tous les autres sutras et n'est
mentionné nulle part ailleurs." Comme cette affirmation éveillait
mes doutes, j'ai fait des recherches dans les sutras. J'ai découvert
que même si l'on trouve [dans les sutras du Shingon]
les termes "atteindre la boddheité sans changer d'apparence"
(sokushin jobutsu) aucun exemple de personne y étant
parvenue n'en apportait la preuve. Et même si c'était le
cas, puisque ce principe est également enseigné dans le
Sutra du Lotus, il n'est pas juste de dire "ce principe
fait défaut à tous les autres sutras et n'est nulle part
ailleurs mentionné". C'est une grossière erreur. En
réalité, ce traité n'est pas l'oeuvre de Nagarjuna.
Je reviendrai sur ce point en une autre occasion. Pourtant, même
si c'était l'oeuvre du bodhisattva Nagarjuna,
une erreur reste une erreur. Vers la deuxième décade du mois de juillet dernier, j’ai commenté dans les grandes lignes la doctrine de l’Eveil sous sa forme présente (sokushin jobutsu) selon le Shingon et selon le Lotus. Sans doute que par la suite, vous avez utilisé uniquement l’Eveil sous sa forme présente selon le Sutra du Lotus. Si ce n’est pas le cas, ce sera, comme pour les gens de notre époque, l’Eveil sous sa forme présente sans obtenir la voie (tokudo). Cela m’inquiète. Vous devez lire avec toute votre attention la doctrine dont je vous ai parlé l’autre jour. La doctrine appelée "devenir Bouddha dès cette existence-ci" (issho jobutsu), tous les savants reconnus de ce monde, la considèrent comme l’affaire la plus importante. En particulier, mes disciples doivent prêter attention uniquement à cette question, en laissant toute autre de côté. Depuis la cinquième année de Kencho (1253) jusqu’à présent cette troisième année de Koan, pendant vingt-sept ans, les doctrines dont j’ai parlé dans tous les lieux où je me suis trouvé sont nombreuses, cependant, leur finalité se résume à cela. Parmi les savants de ce monde, ceux de la lignée du Shingon considèrent que l’abhiseka célébrant l’intronisation des bodhisattvas de l’enseignement particulier (bekkyo), dans les trois sutras dont le Dainichi kyo, incorporés aux quatre saveurs, trois eseignements [tripitaka, tsukyo, bekkyo] prêchés par Shakyamuni, est l’ultime Eveil dès ce corps (sokushin jobutsu). Il s’agit en fait de l’attestation de l’obtention de la terre de la joie par les bodhisattvas des dix bhumi parmi les sept degrés. Il ne s’agit nullement de la doctrine sokushin jobutsu (Eveil dès ce corps) de l’enseignement parfait*. (note) Même si l’on objecte que c’est dans le sutra, les bienfaits (kudoku) attestant de la pratique de la joie (note) sont déterminés en fonction de la condition (des bodhisattvas). Il s’agit uniquement de la pratique de la cause par les bodhisattvas des dix degrés. Les bodhisattvas à partir des dix développements* jusqu’à l’Eveil d’indifférenciation (tokaku) ignorent les effets. Si j’en parle de façon strictement rigoureuse, avec l’esprit de l'enseignement parfait*, sokushin est semblable à la Une pensée (ichinen) des identités de dénomination (myojisokui) et de contemplation (kangyosoku) au sein des six identités. Et si l’on en parle avec moins de rigueur, il s’agit alors de la fusion harmonieuse du factuel et du principiel (ji ri wayu) de l’identité de contemplation, et non pas de la contemplation du principe par la sagesse (ri e soo). Même en se référant au Bodaishin ron ou aux trois sutras de Vairocana, ce n’est nullement l’Eveil dès ce corps. C’est une doctrine largement inférieure à l’obtention du degré de l’endurance de son corps vivant. Ainsi, mystifiés (note) par les phrases du Bodaishin ron affirmant que l’Eveil dès ce corps se trouve uniquement dans l’enseignement du Shingon, les gens de ce monde pensent que devenir Bouddha dès ce corps ne se limite qu’à l’école du Shingon. Pour cette raison, ils disent que le Sutra du Lotus, qui prêche de manière correcte l’Eveil dès ce corps, est une plaisanterie. Le cinquième volume du Maka Shikan indique : "Par exemple, même celui qui est dégoûté du monde se complait dans un véhicule vulgaire et s’accroche aux branches et aux feuilles. Le chien s’habitue au serviteur, on respecte un babouin comme si c’était Taishaku, on vénère un caillou pensant que c’est un joyau. Comment de tels hommes, plongés dans l’obscurité peuvent-ils enseigner la voie" ? C’est la même chose. Quelle tristesse que les savants du Kegon, du Shingon, du Hosso, perdent leur temps en vain et s’écartent de la doctrine de l’Eveil dès ce corps. En premier
lieu, la doctrine sokushin jobutsu (devenir
bouddha dès ce corps) selon le Sutra du Lotus est attestée
par la fille du Roi Dragon. [...]
Parmi les savants de ce monde, ceux de la lignée du Shingon
considèrent que l’abhiseka
célébrant l’intronisation des bodhisattvas de l’enseignement
particulier (bekkyo),
dans les trois sutras dont le
Dainichi kyo, incorporés
aux quatre saveurs, trois
eseignements [tripitaka, tsukyo, bekkyo] prêchés par
Shakyamuni, est l’ultime Eveil dès ce corps
(sokushin jobutsu).
Il s’agit en fait de l’attestation de l’obtention
de la terre de la joie par les bodhisattvas des dix
bhumi parmi les sept degrés.
Il ne s’agit nullement de la doctrine sokushin
jobutsu (Eveil dès
ce corps) de l’enseignement
parfait*. (note)
[...] Ce traité
[Bodaishin Ron] ne prend pas en compte tous les enseignements
de Shakyamuni et il comprend de nombreuses affirmations inexactes. A commencer
par la phrase qui prétend que : "Seul l'enseignement du Shingon
peut conduire à la boddhéité." C'est une erreur,
puisque cela nie la possibilité d'atteindre
la boddhéité sans changer d'apparence grâce
aux enseignements du Sutra du Lotus, un fait largement établi
par les preuves scripturales aussi bien que par des événements
concrets. (...). Le mot "seul" dans l'affirmation que seul l'enseignement
du Shingon peut conduire à
la boddhéité est de toutes l'erreur la plus grave. Le Grand-maître
Saicho énuméra dix
principes remarquables qui placent le Sutra du Lotus
au-dessus de tous les autres. L'un d'eux est l'atteinte de la
boddhéité sans changer d'apparence [en tant que
simple mortel]. C'est le principe le plus important de la doctrine de
l'école Tendai, et une
partie du Hokke Mongu*
a pour titre : "Le principe suprême de l'atteinte de
la boddhéité sans changer d'apparence". C'est
également un élément de controverse entre les écoles
Shingon et Tendai.
La fille du Roi-dragon atteignit
l'Eveil grâce au pouvoir du Sutra du Lotus. Le
bodhisattva Manjushri déclara : "Je proclame toujours et j'enseigne uniquement le Sutra du Lotus."
Les mots "uniquement" et "toujours" constituent l'essentiel
de cette citation. Toutefois, on lit dans le
Bodaishin Ron : "[le principe de l'atteinte de la boddhéité
sans changer d'apparence] se trouve uniquement dans les enseignements
du Shingon." A quel "uniquement"
pouvons nous faire confiance ? C'est le Bodaishin Ron qui
doit se tromper. Question -
Au Japon, le bouddhisme se divise en six
écoles, sept écoles
ou huit écoles. Parmi elles,
quelle est celle qui enseigne le principe de sokushin jobutsu,
l'atteinte de la boddhéité
sans changer d'apparence ? Réponse -
Selon le Grand-maître Saicho,
ce principe se trouve uniquement dans le Sutra du Lotus. Alors
que, d'après le Grand-maître Kukai*,
il se trouve seulement que dans l'enseignement du Shingon. V Personnes pouvant atteindre la boddheité L'affirmation que le Shingon est, de tous les enseignements, le plus profond et le plus secret vient d'un passage du Sutra Soshitsuji qui dit que ce sutra doit être considéré comme le roi des trois sutras du Shingon. Nulle part dans les sutras eux-mêmes nous ne lisons qu'il est le plus élevé de tous les enseignements du Bouddha. En bouddhisme, il faut considérer comme suprême le sutra qui permet à tous les êtres humains, qu'ils soient bons ou mauvais, d'atteindre la boddhéité. Un critère aussi raisonnable peut certainement être compris par tous. En le prenant pour base, nous pouvons comparer les divers sutras et établir lequel d'entre eux est le plus élevé. Le Sutra du Lotus révèle que même les personnes des deux véhicules peuvent atteindre la boddhéité, mais les sutras du Shingon ne l'enseignent pas. Au contraire, ils nient catégoriquement ce principe. Le Sutra du Lotus enseigne que les femmes peuvent atteindre la boddhéité, mais pas la moindre mention de ce principe ne peut se trouver dans les sutras du Shingon. Dans le Sutra du Lotus, on lit bien que les personnes mauvaises peuvent parvenir à la boddhéité, mais rien de tel n'est écrit dans les sutras du Shingon. Comment peut-on prétendre alors que les sutras du Shingon sont supérieurs au Sutra du Lotus ? Réponse à Hoshina Goro Taro (5 décembre 1267 à Hoshina) Par ailleurs,
les écoles Kegon et Shingon
sont d'un niveau incomparablement plus élevé que les écoles
Hosso et Sanron.
Elles prétendent que la possibilité pour les personnes
des deux véhicules
d'atteindre la boddhéité, et la révélation
du fait que le Bouddha atteignit l'Eveil il y a d'innombrables kalpas
sont énoncées non seulement dans le Sutra du Lotus,
mais également dans les sutras
Kegon*
et Vairocana*. VI- Primauté du véhicule de bodhisattva et non pas du véhicule Unique du Bouddha Sous le règne
de l'empereur Xuan-zang, de la dynastie Tang, Shubhakarasimha*,
Vajrabodhi*
et Amoghavajra*
ont apporté les sutras Vairocana*, Kongocho
et Soshitsuji d'Inde
et les ont introduits en Chine. Les enseignements de ces trois sutras
sont très clairement énoncés. Si nous en recherchons
le principe essentiel, nous voyons qu'il consiste à réunir
les Deux Véhicules et à les remplacer par le Véhicule
unique de l'état de Bodhisattva, à réfuter
les Deux Véhicules pour révéler le Véhicule
unique de l'état de bodhisattva. VII Principe d'ichinen sanzen Les savants
du Tendai d’aujourd’hui
pensent également être les seuls à avoir maîtrisé
la doctrine d'ichinen
sanzen. Mais ils
considèrent que le Sutra du Lotus est égal au Sutra
Kegon*
ou au Sutra Vairocana*. Lorsqu’ils
développent leurs théories, ils ne vont pas au-delà
de la vision de Chen Guan. Ils sont comme Shubhakarasimha*
et Amoghavajra*.
En conséquence, si la cérémonie de l’ouverture
des yeux d’une image sculptée ou peinte est dirigée
par un maître shingon, cette
image ne peut pas devenir le véritable Bouddha, mais un bouddha
provisoire. En fait, elle ne deviendra même pas un bouddha provisoire.
Son aspect ressemblera à celui d’un bouddha provisoire, mais
son cœur sera celui du végétal, son origine. Pire,
elle ne sera pas non plus le végétal d’origine, elle
sera un démon, un esprit malfaisant, parce que les doctrines erronées
du maître Shingon, exprimées
à travers les mudra et les
mantra dharani*,
deviennent le cœur de l’image sculptée ou peinte. Le Sutra
du Lotus contient deux principes importants
(note), dont les écoles Kusha,
Jojitsu, Ritsu,
Hosso et Sanron
ne connaissent rien, pas même le nom. Par contre, les écoles
Kegon et Shingon
se sont sournoisement emparées de ces principes pour en faire le
coeur de leurs propres enseignements. Le principe d'ichinen
sanzen ne se trouve que dans l'enseignement
essentiel*
du Sutra du Lotus, caché dans les profondeurs du chapitre
Juryo*
(XVI). Il
est dit dans le Sutra : "La sagesse de tous les bouddhas
est infiniment profonde et incommensurable." "Tous les bouddhas"
désigne chaque bouddha dans l'univers et dans les trois
phases de l'existence y compris le bouddha Vairocana*
de l'école Shingon et le
bouddha Amida de l'école Jodo.
Cela désigne tous les bouddhas et tous les bodhisattvas sans exception
de tous les sutras ou toutes les écoles, du passé, du présent
et du futur, y compris le Bouddha Shakyamuni. Il est question de sagesse.
Mais qu'entend-on par "la sagesse" de tous les bouddha ? C'est le principe de shoho jisso
[l'aspet réel est tous les phénomènes] que Shakyamuni
expliqua par les Dix modalités (dix
nyoze) d'expression de la vie. En quoi consiste ce principe ? C'est Namu Myoho Renge Kyo (...)
Zhiyi écrivit : "Le profond
principe de jisso (aspect réel) est le Dharma
originel (atemporel) de Myoho Renge Kyo". La véritable réalité
manifestée dans tous les phénomènes est représentée
par les deux bouddhas Shakyamuni et Taho.
Taho représente tous les phénomènes
et Shakyamuni, l'aspect réel. Les deux bouddhas symbolisent également
kyo [l'objet] et chi
[le sujet]. Le bouddha Taho représente
l'objet et Shakyamuni, le sujet. Bien qu'ils soient deux, ils ne font
qu'un dans l'Eveil du Bouddha. Comme il est
regrettable que les successeurs de Zhiyi
aient permis à ces voleurs que sont les fondateurs des écoles
Kegon et Shingon
de s'emparer du joyau sans prix d'ichinen
sanzen pour ensuite,
avec tant d'inconscience, épouser leurs doctrines ! Pendant plus
de deux mille deux cents vingt ans écoulés depuis la disparition
du Bouddha, les maladies des hommes, c'est-à-dire leurs illusions
et leur karma négatif, étaient
sans gravité. Et il a donc suffi qu'apparaisse une succession de
savants maîtres qui, tels des médecins, ont dispensé
les remèdes appropriés pour ces maladies. Ces maîtres
étaient issus des écoles Kusha,
Jojitsu, Ritsu,
Hosso, Sanron,
Shingon, Kegon,
Tendai, Jodo
et Zen. Chacune de ces écoles
prescrit son propre médicament. Par exemple, l'école Kegon
énonce le principe des six formes
et les dix mystères, l'école Sanron,
la voie du milieu des huit négations,
l'école Hosso insiste sur
la perception que tous les phénomènes ne sont "Rien-que-Conscience", l'école Ritsu
préconise les deux cent
cinquante préceptes, l'école
Jodo, l'invocation du nom du bouddha Amida,
l'école Zen, la méditation
sur son propre état de bouddha, l'école Shingon,
la méditation sur les cinq
éléments et l'école Tendai
a formulé la théorie d'ichinen
sanzen. Cependant,
quelque deux cents ans ou plus après l'époque de Zhiyi,
Shubhakarasimha*,
Vajrabodhi*
et Amoghavajra*
ont fondé l'école que l'on appelle Shingon
en s'appuyant sur le Sutra
Vairocana*. Et bien
que ce principe n'apparaisse nulle part dans le Sutra
Vairocana*, ils volèrent
le principe d'ichinen
sanzen dans le
Sutra du Lotus, et les commentaires qu'en avait fait Zhiyi,
pour en fairele coeur de l'école Shingon.
De plus ils prétendirent que ce principe était originaire
d'Inde, et ainsi ils abusèrent les lettrés de Chine et du
Japon des époques ultérieures. Ignorant la vérité
en la matière, tous acceptent et croient les affirmations de l'école
Shingon. Cela dure maintenant depuis
plus de cinq cents ans. Par cela,
il [Shubhakarasimha*]
voulait dire que, bien que le principe d'ichinen
sanzen soit le
même dans le Sutra du Lotus et dans le Sutra
Vairocana*, le Sutra
du Lotus ne mentionne ni mudra
ni mantra dharani*,
et que, par conséquent, du point de vue des pratiques qu'il enseigne,
il est inférieur au Sutra
Vairocana*. Puisque
l'on n'y trouvait pas concrètement l'énoncé des formules
pour la pratique, on ne pouvait pas dire qu'il représentait les
enseignements ésotériques à la fois du point de vue
de la théorie et de la pratique. VIII Principe d'ensemencement, maturation, récolte Les sutras
qui forment la base des écoles Shingon
et Kegon ne contiennent même
pas les termes "ensemencement",
"maturation" et "récolte", encore moins les
principes [de l'ensemencement des graines de la boddhéité,
de la maturation de ces graines, et finalement de l'atteinte de la boddhéité]
auxquels ces termes se réfèrent. Lorsque les sutras des
écoles Kegon et Shingon
affirment qu'il suffit de croire en leur enseignement pour entrer dans
la première*
des dix étapes de développement*
et atteindre la boddhéité
sans changer d'apparence, ils ne s'appuient que sur les enseignements
des sutras provisoires, enseignements qui voilent le passé. IX - Zuitai - zuiriki Aucune autre
doctrine ne surpasse cet enseignement [du Sutra du Lotus], grande
lanterne qui illumine la longue nuit des souffrances de la vie
et de la mort, épée acérée qui tranche
la racine de l'obscurité fondamentale
inhérente à la vie. Les enseignements des écoles
Shingon et Kegon
entrent dans la catégorie de zuitai. Ils sont par conséquent faciles à croire et faciles
à comprendre puisque le Bouddha les exposa en tenant compte
des capacités ou des désirs des personnes dans les neuf
états, tout comme un père sage instruirait son enfant
ignorant [de la manière la mieux adaptée à ses facultés
de compréhension]. Par ailleurs, on appelle zuiriki
l'enseignement que le Bouddha exposa en puisant directement dans
son état de Bouddha, de la même manière qu'un
père sage guide son enfant ignorant vers la compréhension
à laquelle il est lui-même parvenu. X Pratiques et rituels Depuis plus
de vingt ans, les éminents maîtres du Tendai
et du Shingon ont à plusieurs
reprises prié pour des affaires importantes de l'Etat, sans
avoir guère obtenu de résultats. Les prières
de ces moines semblent avoir été encore moins efficaces
que les efforts de personnes s'appuyant sur des enseignements non bouddhiques. Le Grand-maître
Saicho étudia
les enseignements Tendai et Shingon
pendant quinze ans au Japon, par lui-même. Il possédait de
manière innée des capacités de compréhension
merveilleuses, et, sans l'aide d'un maître, s'éveilla à
la vérité. Mais, pour dissiper les doutes des autres, il
se rendit en Chine où il reçut l'enseignement des écoles
Tian tai et Shingon.
Les maîtres, en Chine, avaient à cet égard diverses
opinions mais, dans son coeur, Saicho
était certain que l'enseignement
du Sutra du Lotus était supérieur au Shingon.
C'est pourquoi il n'utilisa jamais le terme "école" pour
se référer au Shingon,
parlant seulement des "pratiques shikan
et "paroles véritables" de l'école Tendai". [...] En réalité,
les sutras du Shingon appartiennent
aux enseignements provisoires
et sont même inférieurs aux sutras
Kegon*
ou Hannya*.
Pourtant, Ennin*
et Kukai*
se sont trompés sur ce point et ont prétendu que les sutras
du Shingon étaient égaux
ou même supérieurs au Sutra du Lotus. La cérémonie
"d'ouverture des yeux" d'une nouvelle effigie du Bouddha est
donc conduite avec le mudra de la
déesse Butsugenson et le mantra
dharani*
du bouddha Vairocana*.
Il en résulte que toutes les images peintes et sculptures en bois
[représentant le Bouddha] au Japon, ont été privées
d'âme et d'yeux, et qu'elles sont en fin de compte possédées
par le Démon du sixième
Ciel, causant la perte de ceux-là mêmes qui leur rendent
un culte. C'est pour cela que les édits de la cour impériale
[à Kyoto] ont presque perdu toute validité. Le Shingon
nuisible a maintenant fait son entrée à Kamakura, menaçant
de détruire aussi le Japon tout entier. Ainsi les
images peintes et sculptées consacrées avant l'apparition
de l'école Shingon [alors
qu'était encore respectée l'orthodoxie de l'école
Tendai] ont révélé
des pouvoirs remarquables, mais celles qui furent enchâssées
dans des temples et des pagodes construits par la suite [et consacrées
selon les rites d'ouverture des yeux de l'école Shingon]
ne procurent que très peu de bienfaits. Les exemples sont trop
nombreux pour que je les énumère ici en détail.
Moi [Nichiren],
je suis arrivé à la conclusion, après avoir ré-examiné
cet incident, que le camp de la cour impériale a perdu la guerre
parce qu’ils ont adressé des prières selon les principes
de l’école Shingon
qui sont erronés, mensongers et déviés. Même
s’il n’y avait eu qu’une personne pour offrir une prière
à une loi aussi peu fiable, cette prière pourrait causer
un tel désastre que même une nation pourrait être ruinée
– à plus forte raison quand le dirigeant adresse des prières,
à l’unisson avec 300 moines, au Dharma de l’école
Shingon qui considère le
Sutra du Lotus comme son plus grand ennemi ! |
|||