Minobu san Gosho

身延山御書

みのぶさんごしょ

Lettres et traités de Nichiren Daishonin.

Pages 125 à 131 “Writing of Nichiren Shônin Biography and disciples”
Page 1915 du Showa Teihon Nichiren Shônin Ibun »

Avec l'aimable autorisation des traducteurs de la Nichiren Shu France

Introduction

On suppose que cette lettre fut écrite le 21ème jour du 8ème mois de la 5ème année de Kôan (1281). On trouve une copie de cette lettre dans le Hiraga-hon et dans le Nichii-hon Enzan Rukunai Gosho.

Dans cette lettre Nichiren compare sa vie au mont Minobu à la pratique du Bouddha sous Asita dans le chapitre XII du Sûtra du Lotus. Il exprime sa joie en se remémorant tous les efforts qu’il a fait de par le passé pour propager le Sûtra du Lotus. Il explique que toutes les personnes à l'époque de la dégénérescence du Dharma atteindront la bodhéité par la foi dans le Sûtra du Lotus.

Bien que le manuscrit original ait été égaré (note), cet écrit de Nichiren est des plus important car il relate tous ses efforts pour faire du Mont Minobu l'actualisation du Pic du Vautour. A la fin de cette lettre, on trouve un poème que Nichiren Shônin est censé avoir écrit.

La lettre du Mont Minobu

Résidant ici au Mont Minobu, c’est vraiment comme vivre au milieu des louanges éternelles des dieux en recevant les bénédictions du Ciel. Même les hommes et les femmes incultes seraient attirés par ce lieu. Dans l'automne crépusculaire et mélancolique, la rosée s’accumule sur l’herbe autour de mon ermitage et dans les combles elle fait comme des perles sur les toiles d'araignées. Les feuilles deviennent écarlates et leur couleur se reflète dans le flot intermittent de l'eau qui coule dans les tuyaux de bambou; il n’y a aucun doute que cette vue soit comparable à celle de la partie supérieure de la rivière Tatsutakawa.

Il y a aussi derrière chez moi des montagnes escarpées qui s’élèvent des profondeurs et, les fruits à la cime des arbres permettraient d’embaumer le Véhicule Unique. Sous les branches les cigales chantent avec un son rauque. En face de ma demeure, s’écoulent des eaux tumultueuses. La lune représente la nature du véritable aspect de toutes choses aériennes qui flottent dans un ciel dégagé de l'obscurité et de l'ignorance profonde, car il n'y a pas de nuages dans le Ciel du Dharma. Dans ce cadre paisible, à l'intérieur de ma hutte, nous passons toute la journée à discuter du Dharma du Sutra merveilleux du Véhicule Unique, et tout au long de la nuit nous récitons les écrits essentiels. C’est comme au Mont Sacré du Vautour où j’entends l'Honoré du Monde Shakyamuni comme s’il vivait ici. Dans le brouillard et les fortes tempêtes je suis allé dans les montagnes couper du bois de chauffage. Sur l'herbe couverte de rosée, je descends dans les vallées profondes pour cueillir du persil d’eau. Dans les rapides des torrents tumultueux, je rince les légumes et comme j’attends avec impatience que mes manches humides soient sèches, je pense au vieux poète Hi­tomaro* qui récitait, comme dans Waka-no-ura* , « les pêcheurs pensent qu’ils passent leur vie dans l'attente que l'algue sèche."

Lorsque je réfléchis à l’aspect éphémère de ma propre vie, elle n’est pas si différente de celle du Bouddha quand il était à la recherche du Dharma. Il y a bien longtemps, quand Shakyamuni était le brahmane appelé Joie du Dharma, il utilisa sa peau comme papier, sa moelle comme de l’encre en bâton, trancha sa chair pour obtenir du sang à mélanger à l'encre et utilisa les échardes de ses os comme des pinceaux.

Il rencontra le Bouddha Kasyapa dans un monde inférieur pour qu’il lui apprenne le verset suivant:

C’est le Dharma qui doit être pratiqué.
Ce qui n’est pas le Dharma, ne doit pas être mis en pratique.
Dans cette vie présente et dans la suivante,
Pratiquer le Dharma et trouver la paix.

Comme le prince Mahasattva qui a donné son corps à un tigre affamé. Comme le jeune ascète des montagnes de neige, qui se jeta [d'une falaise] afin d'obtenir un demi-verset de l'enseignement. Comme le roi Shibi qui découpa sa propre chair et la mit sur une échelle enfin de sauver une colombe et comme le brahmane des yeux-de la mendicité le pria de s’arracher un œil pour le lui donner.

Dans une autre vie passée du Bouddha, il fût le dirigeant d'un grand pays en raison de l'accumulation de vertus dans le passé. Mais il était négligent dans la conduite du pays. Ses 100 ministres et tous les gens le vénéraient à cause des résultats agréables dus à son ancien respect des dix actes vertueux. Mais ceci pourrait évoquer la flamme vacillante d'une lampe dans le vent, ou le rêve d’une nuit de printemps, ou encore la brève floraison des pousses du matin sur une clôture de bambou. Bien qu’il ait suivi les préceptes vertueux dans ses vies passées,
négligeant de pratiquer le bien. [Il poursuivit de cette manière], il est prévu qu’il s’enfoncerait au plus profond des flammes de l'Enfer aux souffrances incessantes là où il n’existe aucune distinction entre les guerriers et les paysans. Les flammes des trois tourments le rôtiraient, ses cinq membres seraient liés par des cordons de fer et le bâillon des trois tourments inséré dans sa bouche. Les monstrueux geôliers de l'enfer armés de tridents et criant avec brutalité, le puniraient en le poignardant sur tout le corps. Les sons de ses cris s’élèveraient jusqu'aux cieux et la douleur le ferait tomber sur le sol. Ses 100 ministres et tout son peuple ne seraient alors pas en mesure de lui venir en aide, pas plus que sa famille ni ses proches. [Il pensait à son épouse bien-aimée] avec lmaquelle quel il dormait et se réveillait dans le même lit tendu de rideaux de brocart. Ensemble, ils étaient comme deux oiseaux qui ne possédaient qu’une aile pour voler de concert dans les cieux, ou comme deux arbres avec des branches entrelacées sur la terre. Les jours et les mois qu'ils avaient passé ensemble ressemblaient à un bon nombre d’années, mais cependant, ni elle, ni leurs enfants ne pourraient lui rendre visite. En réfléchissant sur ces choses, il ouvrit ses entrepôts et fit don de l'or et de l’argent ainsi que les sept trésors afin de soutenir le Sangha. Il fit don de ses éléphants et de ses chevaux, et même ceux de sa femme et de ses enfants. Ensuite, il souffla dans une conque à la recherche du grand Dharma. Il battit le tambour à la recherche du grand Dharma. Il chercha le Dharma dans toutes les directions. A cette époque, il y avait un voyant nommé Ashi. Ce voyant, vint au roi en disant: "Je peux vous enseigner le vrai Dharma si vous avez la capacité de bien me servir". Le roi se réjouit et prit refuge dans les montagnes où il cueillit des fruits et des légumes, ramassa du bois de chauffage, et puisa de l'eau pour mille années. Pendant tout ce temps, constamment, il récita, "Jôzon Myôhôko, Shinjin Mukeken", ce qui signifie, «Parce que je suis à la recherche du merveilleux Dharma je ne me sens pas fatigué que ce soit de corps ou d'esprit." Grâce à cette pratique, il fut en mesure d'obtenir le Dharma des cinq caractères chinois: myô, hô, ren, gue, kyô. Ce roi devint le Bouddha Shakyamuni dans une vie future. Dans notre pays, il y a un poème japonais qui raconte comment il reçut le Dharma en servant son maître. Lorsque l’on copie un sutra ou qu’on le lise, on récite ce verset: "j’ai obtenu le Sutra du Lotus en ramassant du bois, en cueillant des légumes et en puisant de l'eau ". En entendant cela, je suis saisi d’émotion.

Ainsi, pour atteindre la bodhéité nous devons servir un maître sans faillir. Dans le fascicule IV des Annotations sur la grande concentration et la vision*, le Grand Maître Miao-lo* souligne: «S’il est un disciple qui trouve à redire à ses maîtres, que ce soit justifié ou non, son esprit sera ruiné et il perdra le mérite du Dharma ».

Il dit aussi dans le premier fascicule de la Grande concentration de la vision : parce que le Tathagata avec diligence admirait et louait ce Dharma, ceux qui l'entendirent se réjouirent. Le Bodhisattva jamais en larmes chercha le Dharma dans l'Est, Sudhana le rechercha dans le Sud, le Bodhisattva roi médecine* brûla ses bras pour lui, et le Roi de la Luminosité Universelle offrit sa propre tête à son égard. Bien que vous ne puissiez donner autant d’organes tels que les innombrables grains de sable du Gange trois fois par jour, vous ne pourrez obtenir autant de satisfaction qu’avec un seul vers. Même si vous portez le Bouddha sur vos épaules pendant un billion de kalpa, cela ne pourra pas vous permettre d’obtenir la faveur du Dharma du Bouddha. [Répété dans le texte]

Le chapitre V de la Grande concentration et de la vision raconte : "A la ville de Fragrance il pulvérisa ses os, dans les montagnes de neige il jeta son corps du haut des sommets enneigés, cependant par ces actes vertueux pourrait-il s’acquitter suffisamment pour obtenir le Dharma?"

Le chapitre IV des Annotations sur la Grande Concentration et de la vision dit: « Il y a longtemps dans le grand pays de Bima, un renard poursuivi par un lion tenta de s’échapper, mais il tomba dans un puits sec. Le lion bondit et courut au puits. Quand le renard essaya d’en sortir, il ne le pouvait pas parce que le trou était trop profond. De nombreux jours passèrent et la bête était près de mourir de faim. A ce moment, le renard s’écria: «Malheur à moi je vais mourir misérablement dans ce puits sec ». Toutes les choses sont impermanentes. Il eut mieux valut que le lion mange le renard. S’adressant à tous les Bouddha des mondes dans les dix directions le renard dit : "grâce à votre sagesse vous pouvez voir que mon cœur est pur et sincère." [Répété dans le texte]

A cet moment, le dieu Indra entendit le cri du renard et descendit lui-même pour le libérer du puits et lui demanda de lui d'enseigner le Dharma. "C’est totalement erroné", déclara le renard. "Le disciple est au sommet alors que le maître est au fond." Tous, dans les cieux rirent d'entendre cela. Indra, reconnut que le renard avait raison. Toutefois il s’assit à ses pieds et lui a demanda de lui d’enseigner. Le renard dit : "Tout ceci est faux. Il n’est pas bon pour un disciple et un maître de s’asseoir ensemble." Là-dessus, Indra s’empara de toutes les robes célestes et les entassa de façon à faire un siège en hauteur pour le renard, et lui demanda encore de prêcher le Dharma. Le renard dit: "Il y a ceux qui se réjouissent de vivre et haïssent la mort. Il y a ceux qui se réjouissent de mourir et haïssent la vie." Les ignorants ne savent rien au sujet de vies futures et ils espèrent vivre et haïssent la mort. Les bonnes personnes savent la vérité du fonctionnement du karma et de la rétribution et donc ils espèrent mourir et haïssent la vie. Indra ayant appris cela, prit le renard comme son maître. Le Grand Maître T’ien-T’ai* enseigne: "Le jeune ascète dans les montagnes de neige s’offrit lui-même à un démon pour connaitre un demi-verset, Indra vénéra un animal et en fit son maître. Personne n’ignore l'or parce qu’une bourse est malodorante. "Peu importe que ce soit une humble personne qui connaisse le vrai Dharma, on ne doit pas la regarder de haut. Le chapitre VIII du Sutra du Lotus enseigne: «Ceux qui, en voyant celui qui garde ce Sutra, le blâment justement ou injustement, souffriront de la lèpre dans leur vie présente." Cela signifie que ceux qui accusent de fautes le pratiquant du Sûtra du Lotus, que se soit justifié ou non, contracteront la lèpre dans cette vie et, dans la prochaine, ils tomberont dans l'enfer des souffrances incessantes.

En y réfléchissant il est moins difficile, à partir du palais dans les cieux du Grand Brahma, de passer un fil par le trou d'une aiguille placée sur la grande terre en-dessous, que pour nous d'être nés en tant qu'êtres humains. Même si une période sans fin d'une inconcevable longueur de billions de kalpa devait s’écouler, il est difficile de rencontrer les enseignements sacrés du Tathagata. Cependant, nous sommes nés en tant qu’êtres humains et avons rencontré les enseignements sacrés. Si par la suite l’on doit rencontrer un "mauvais ami," sans doute nous fera-t-il tomber dans les trois royaumes maléfiques. Selon un commentaire : si le maître tombe, alors les disciples tomberont, et si les disciples tombent ensuite leurs adeptes tomberont aussi.

Heureusement, vous avez rencontré le Pratiquant du Véhicule Unique sans avoir à vous taillader la peau et les chairs, ou servir pendant mille ans et vous fûtes capable d’apprendre les trois mille existences contenues dans une pensée, les dix mondes, les dix aspects, l’unique vérité de la Voie du Milieu ainsi que le Merveilleux Dharma de la Voie du Bouddha Suprême. Bien que nous n’ayons pas cultivé la vertu dans le passé, si nous n’étions pas nés à l'époque des Derniers jours de la dégénérescence, l'époque où le Dharma Merveilleux est transmis, il eut été difficile d'atteindre le chemin de la libération même après des éternités.

Regardez le monde autour de nous. Nombreux sont ceux qui disent qu'ils ont une foi profonde, mais il n’est pas une personne de sincère sur
10 000 000. Le Sutra du Nirvana enseigne:

- Ceux qui n’ont pas la foi dans le Dharma du Bouddha et tombent dans les mauvais chemins sont aussi nombreux que la saleté sur la terre; ceux qui ont foi dans le Dharma du Bouddha et deviennent bouddha sont aussi peu nombreux que la quantité de saleté empilée sur un ongle".
Dans le passé, le Bouddha, souhaitant rembourser sa dette à sa mère Maya, s’éleva au Ciel de Trayastrimsa le quinzième jour du quatrième mois. Pendant qu'il était là-bas, tout le monde dans les cinq régions de l'Inde, des dirigeants et de leurs grands vassaux jusqu’aux hommes et femmes ordinaires, sanglotait de douleur et se lamentait en disant avoir perdu le Bouddha, tout comme des parents qui ont perdu un enfant ou un enfant qui a perdu ses parents; Ou, pour un homme d'être séparé d'une épouse bien-aimée et pour une femme de son mari bien-aimé, peut leur sembler insupportable. Ainsi il est beaucoup plus insupportable d’être séparé de l'Honoré du Monde de Grande Lumière avec les trente-deux marques et quatre-vingts signes, dont la couleur de peau est d’un beau pourpre or, et dont la voix est celle de l'oiseau Kalavinka, et qui, de plus, enseigne que tous les êtres vivants vont atteindre la bodhéité. Parce que le Bouddha possède une profonde bonté et une grande compassion, imaginer le perdre fait ressentir un indescriptible chagrin. Il excède la douleur de la belle dame emprisonnée dans le Palace de Shang -yang; il dépasse en douleur celle des deux filles de Yao, O-huang et Nu-ying, quand elles furent séparées de l'empereur Shun et il dépasse le désir de Su Wu, banni pendant dix-neuf ans et condamné à vivre au milieu de la neige dans une terre étrangère,
Un homme qui avait envie de voir le Bouddha, pris du bois pour en faire une sculpture, mais il fut incapable en la taillant de faire qu’elle lui ressemble, pas même l'une des trente-deux marques. A cette époque le grand roi Udayâna fit mander Viśvakarman, le charpentier du Ciel Trayastrimsa, Ciel qui avait une statue sculptée dans le bois de santal rouge. Cette statue put rencontrer le Bouddha Originel dans le Ciel de Trayastrimsa, de par la foi profonde du roi Udayâna. Ce fut la première statue du Bouddha sculpté dans Jambudvipa.

Une autre fois, il y avait un homme riche appelé Sudatta. Lorsque le Bouddha descendit du Ciel de Trayastrimsa pour venir en Inde le quinzième jour du septième mois, Sudatta voulut construire un monastère, mais il ne possédait pas de terrain sur lequel le construire. Le prince Jeta, un fils du roi Prasenajit, possédait lui même un parc appelé Jetavana, qui mesurait environ 40 li. Ce parc était un lieu sacré et paisible où personne n’osait apporter des épées ou des couteaux et si l’on en portait, on devait s’en défaire rapidement. Quand l'homme riche Sudatta demanda d’acquérir le parc pour construire son monastère, le prince lui dit qu'il le vendrait l’équivalent de la
quantité d'or qu'il faudrait pour couvrir le parc de 4 pouces d'épaisseur. Sudatta accepta les conditions, mais le prince dit alors:

- Je ne faisais que plaisanter le parc n’est pas à vendre.
Cependant Sudatta insista ;
- Le Fils du Ciel ne peut avoir un double langage. Comment pourriez-vous mentir ne serait ce qu’un instant?
Il rapporta alors au roi Prasenajit ce qui était arrivé et celui ci lui répondit;
- Le prince Jeta est l'héritier du trône. Comment pourrait-il mentir même en plaisantant.

Finalement le prince Jeta n’eut d'autre choix que de vendre le parc. Puis, quand le riche Sudatta eut payé, comme promis, pour le parc l’équivalent de 4 pouces d’épaisseur d'or étendus sur la totalité du terrain, il se mit joyeusement à construire le monastère. Sâriputra parut avec une corde pour délimiter le terrain. Puis il  leva les yeux vers le ciel et rit. Sudatta le remarqua et lui dit:

- Un grand sage doit toujours avoir une attitude digne et garder son sang froid. C’est une chose étrange que vous veniez ici et que vous vous mettiez à rire ?
Sâriputra répondit ;
- C’est au sujet du monastère vous construisez car les six cieux du royaume du désir ont chacun une armée pour vous combattre. Chacun de ces dieux veut s’attirer dans son propre Ciel les bonnes grâces de la personne qui cultive une telle belle action. Je ris contre eux pour les combattre et lorsque votre durée de vie touchera à sa fin, vous renaitrez dans le Ciel Tushita."

Ainsi, le monastère fut-il construit et s’appela le Monastère du bosquet de Jeta.

Dans la nuit du quinzième jour du septième mois au moment où le Bouddha était sur le point d'entrer dans le temple, Indra et le Roi du Ciel de Brahma construisirent trois ponts faits d'or, d'argent et cristal qui menaient jusqu’au Ciel de Trayastrimsa. Le bouddha y entra en empruntant le pont du milieu, tandis qu’Indra à sa gauche et le roi du Ciel de Brahma à sa droite portaient un dais pour le couvrir.  

Derrière le  Bouddha venaient les quatre catégories de bouddhistes (religieux, religieuses, laïcs et laïques), les huit sortes d'êtres surnaturels (dieux, asura, dragons, gandharvas*, kiṃnara, garuḍa, mahoraga et yakșa); douze cents arhats dirigés par Kasyapa, Katyayana, Maudgalyayana et Subhuti ; douze mille auditeurs; et quatre vingt mille bodhisattvas.

Tous les habitants des cinq régions de l'Inde se réunirent pour recueillir et offrir de l'huile à lampes. Certains en allumèrent dix mille, d’autres mille et d’autres seulement une seule. Parmi eux se trouvait une femme pauvre, incomparablement pauvre. Elle n’avait pas de vêtements, à l'exception d'un tapis tressé avec des branches de glycine, aussi grossier qu'une natte de jonc. Elle cherchait dans les quatre  directions mais n'avait pas été en mesure de trouver assez d'argent pour acheter suffisamment d’huile, ne serait ce que pour une seule lampe. Elle leva les yeux vers le ciel et pleura, pensant que ses larmes pourraient se changer en huile et alimenter cent, mille, dix mille lampes ou bien plus. Après mûre réflexion, elle coupa ses cheveux, et les tressa pour en faire une perruque qu'elle vendit pour acheter juste l’huile nécessaire pour alimenter une seule lampe. Peut-être parce que son dévouement fut remarqué par le Bouddha et les dieux, les trois trésors, les divinités célestes, et les déités terrestres, seule sa lampe ne fut pas soufflée par les vents violents qui s’élevèrent pour participer à la destruction du monde et au début d'un nouveau cycle. Elle resta allumée pour accompagner le Bouddha qui entrait dans le Monastère du bosquet de Jeta. Comme vous le voyez, même si les gens sont riches et donnent de grands trésors en offrande, si leur foi est faible, ils ne pourront pas atteindre la bodhéité. Même si des gens sont pauvres, s’ils ont une forte foi et une détermination profonde, ils atteindront la bodhéité à coup sûr.

Il était une fois, deux garçons nommés Invaincu et Victoire Vertueuse* [qui avaient rencontré le Bouddha, mais n'avaient rien de valeur à lui offrir] alors ils lui donnèrent un gâteau de boue et par cet acte vertueux, l'un d'eux* renaquit en tant que roi Asoka le seigneur du Jambudvipa. Après avoir fait construire 84.000 stupa et les avoir envoyés dans différents pays, il put réaliser le souhait qu’il murissait de longue date et atteint l'illumination. Dans le Sûtra du Lotus, après quelques quarante années [pendant lesquels les autres sûtra enseignaient que les femmes ne pouvaient pas atteindre la bodhéité,] une femme finalement atteint la bodhéité et même Devadatta, qui fut appelé un icchantika car il avait réalisé les cinq offenses d’insoumission atteignit la bodhéité. Ainsi, il ne fait aucun doute que, dans cette mauvaise période, les moines, les hommes laïques, les religieuses et les femmes laïques, qui sont icchantika parce qu'ils ont réalisé les cinq offenses d’insoumission et calomnié le Dharma, atteindront tous la bodhéité avec le Sûtra du Lotus. Ainsi, nous devons faire confiance à ces mots du chapitre VII du Sûtra du Lotus :

Après mon parinirvana
Celui qui défend ce sûtra
Atteindra la Voie du Bouddha
Définitivement et sans aucun doute.

En réfléchissant à ces questions, je commence à rêver, tout en me reposant sur mon coussin de méditation. Réveillé par un cerf bramant pour sa compagne, je réalise qu’à l'intérieur de moi la lune de l'unité des triples vérités et la triple contemplation en une seule pensée a brillé tout le temps, mais parce que la lune était couverte par les nuages de l'ignorance profonde, j’ai eu à souffrir au travers du cycle de la naissance et de la mort dans les neuf royaumes jusqu'à aujourd'hui. Ma prise de conscience présente est :

Même les nuages de l'ignorance
Qui passent au-dessus de nous
Seront dispersés
Par les vents du Pic du Vautour
Remplis du son du Dharma sacré.


Nichiren (signature kao)

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