Concept fondamental du bouddhisme traduit de façons
diverses telles que non-substantialité, vide, vacuité,
latence, relativité, etc. Le concept était étroitement
liée à la notion d'origine interdépendante, ou
production conditionnée (pratitya-samutpada,
engi) qui affirme que, parce que les phénomènes
ne naissent et ne continuent d'exister qu'en fonction de leur relation
avec d'autres phénomènes, ils n'ont aucune substance propre :
rien n'existe en-soi, de façon indépendente. Ses implications
pratiques sont le rejet de l'attachement aux phénomènes
transitoires et à l'égocentricité de celui qui
se considère comme un être absolu inscrit dans une durée.
C'est un concept d'une importance toute particulière pour le
bouddhisme Mahayana. Sur la base de sutras connus comme les sutras Hannya,
Nagarjuna qui le définit précisément
comme la voie du milieu, ce qui n'est ni existence
ni non-existence.
Le concept de non-substantialité entraîne principalement
deux notions : la non-substantialité des personnes (nin-ku)
et la non-substantialité des dharmas
(ho-ku). La première implique qu'une
entité vivante, n'étant rien d'autre qu'une union temporaire
des cinq agrégats, ne peut avoir
de soi absolu ; la seconde est que, parce que les dharmas
ou éléments d'existence sont le fruit d'une production
conditionnée, ils n'ont pas de nature individuelle immuable.
Zhiyi, en analysant les divers enseignements bouddhiques, donne
plusieurs autres définitions du concept de ku,
L'enseignement du tripitaka (zokyo)
analyse progressivement des entités ou constructions telles que
le soi dans leurs éléments constituants ou dharmas jusqu'à
ce qu'ils ne puissent plus être définis ni comme existence
ni comme non-existence ; il s'agit du point de vue analytique de la non-substantialité
(shakku, vacuité analytique). Par
ailleurs, l'enseignement intermédiaire (tsugyo)
dit que, parce que toute chose naît d'une production conditionnée,
son existence est en elle-même non-substantielle (taiku,
vacuité substantielle). L'enseignement spécifique (bekkyo)
voit la non-substantialité comme une réalité distincte
de l'existence temporaire (ke)
et de la voie du milieu (chudo) ; ce point de vue est appelé henku.
L'enseignement parfait (engyo) révèle
que la non-substantialité (ku) est
unie d'une façon inséparable avec les réalités
de l'existence temporaire (ke) et de la
voie du milieu (chu), en énonçant
que chacune de ces trois réalités comporte ces trois aspects
en elle-même.