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Condamné à l'exil, je suis arrivé
le douzième jour du cinquième mois sur une côte dont
je n'avais jamais entendu parler auparavant. Alors que je débarquai,
souffrant encore du mal de mer, vous avez eu la bonté de me prendre
sous votre protection. Quel destin nous a donc réunis ? [...]
Quand le seigneur
de cette région m'a demandé de prier pour sa guérison,
je me suis interrogé sur l'opportunité de le faire mais
puisqu'il semblait avoir une certaine foi en moi, j'ai décidé
d'invoquer le Sutra du Lotus. Si je le faisais, il me semblerait
impossible que les dix Filles-démones
(Jurasetsu) ne viennent joindre leurs forces
aux miennes. C'est pourquoi j'ai fait appel au Sûtra du lotus,
à Shakyamuni, à Taho
et à tous les bouddhas de l'univers, ainsi qu'à la déesse
Tensho Daijin*, à Hachiman
et aux autres divinités
majeures ou mineures. J'étais certain que ma requête serait
entendue et que le résultat apparaîtrait. [...] convaincu
qu'ils ne resteraient jamais sourds aux prières de Nichiren et
les exauceraient aussi naturellement que l'on soigne une plaie ou que
l'on soulage une démangeaison. Et en effet, le seigneur retrouva
la santé. Par gratitude, il m'offrit une statue du Bouddha qu'on
avait trouvée dans la mer en pêchant du poisson. Il le fit
parce que sa maladie était enfin guérie, et que cette guérison
était due aux dix filles-démones
[...]
La route qui mène d'Ito à Kawana
n'est pas longue, mais il nous est difficile de parler librement. J'écris
cette lettre afin que vous puissiez la relire plus tard. Ne parlez pas
de cela aux autres, mais réfléchissez-y vous-mêmes.
Si quelqu'un soupçonnait l'existence de cette lettre, cela pourrait
vous nuire.
L'exil
d'Izu (juin 1261 à Funamori Yasaburo)
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