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Extrait de éd. Claire Lumière, vol.
2 p.118 |
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| Dialogue entre la nonne
Khema et le roi Pasenadi, rapporté
par le Samyutta Nikaya |
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Pour en connaître
la raison, nous devons d'abord comprendre ce qu'impliquent ces quatre
vues. Elles concernent ici un Tathagata,
qui dans ce cas, ne signifie pas seulement un Bouddha suprême mais
tout sage libéré. La seconde réponse (à savoir qu'un Tathagata n'existe pas après la mort) reflète le désir de non-existence, d'annihilation. Le théoricien considère le Parfait comme un soi qui existe réellement dont la destinée à la mort est l'anéantissement total. Selon cette perspective, la libération n'est rien de plus que la dissolution absolue d'un soi réel. La troisième réponse cherche un compromis : tout ce qui est impermanent dans un Tathagata serait annihilé à la mort, mais l'essence permanente, son âme, subsisterait. La quatrième réponse essaie d'éviter la difficulté en formulant une solution "ni l'une/ni l'autre", une approche sceptique qui accepte toujours implicitement la validité du Tathagata comme un soi réel. Ces quatre formules ont été rejetées par le Bouddha comme étant des vues erronées. Toutes présupposent l'existence d'un "moi" distinct du monde - un "moi" qui est soit élevé à la vie éternelle, soit anéanti dans l'abîme du néant - alors qu'en fait "moi" et le "monde" sont de pures abstractions énoncées sur la base des cinq agrégats constituant le processus de l'expérience. Seuls les Eveillés et leurs sages disciples peuvent voir cette vérité telle qu'elle est. Ceux qui n'ont pas cette compréhension profonde admettent une des quatre vues spéculatives. Soit ils supposent qu'un "moi", un "soi" essentiellement permanent, erre dans le samsara, le cycle de la naissance et de la mort, et s'élève progressivement jusqu'à sa libération dans l'essence divine ; soit ils concluent que la libération est simplement la destruction d'un soi réel ; ou bien ils tentent de formuler une position syncrétique, ou encore tombent dans le scepticisme. Le Bouddha
cependant enseigne qu'il n'y a pas de "moi" ou de "soi"
réel projeté dans l'éternité ou anéanti ; un tel soi substantiel n'a jamais existé et n'a donc jamais erré
dans le samsara. Ce que nous appelons "moi"
et le "monde" sont en réalité un processus en
perpétuel changement, qui fluctue sans cesse. Ce processus projette
un "moi" et un "monde" illusoires, qui deviennent
des objets de spéculation quant à leur origine passée
et leur destinée future. La voie qui mène à la libération
exige de cesser de spéculer sur le "moi", d'abandonner
les idées habituelles et les schémas de pensée, et
d'examiner directement les phénomènes sur la base desquels
sont formulés les concepts du soi : les processus concrets de l'esprit
et du corps. |
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