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1. Pratique conférant la joie à tous les êtres vivants (don de
soi)
Le Sutra de la Guirlande de Fleurs (Avatamsaka)
dit :
Enfants du Bouddha, quelle est la pratique des bodhisattvas-mahasattvas
qui confère la joie ?
Ces bodhisattvas sont de grands maîtres du don, capables
de tout donner l’esprit serein. Sans âpreté ni regret, sans attendre de
récompense, sans chercher ni louanges ni profit, ils donnent avec le seul
but de protéger et de sauver tous les êtres, en globant tous les êtres,
en faisant profiter tous les êtres. Ils donnent uniquement pour :
- étudier et assimiler la pratique de base des bouddhas
;
- garder à l’esprit et réfléchir sur la pratique de base des bouddhas
;
- trouver le contentement dans la pratique de base des bouddhas ;
- purifier la pratique de base des bouddhas ;
- progresser dans la pratique de base des bouddhas.
Lorsque les bodhisattvas-mahasattvas développent cette
pratique ils apportent la joie et le bien-être à tous les êtres vivants.
Quel que soit le lieu de la misère et de la nécessité, par la force mystique
de leur vœux ils produisent de grandes richesses et d’inépuisables trésors.
Pensée après pensée, il y aura d’innombrables êtres vivants venant vers
eux pour leur dire :
"Bienheureux, nous sommes pauvres et sans ressources
pour manger. Nous sommes faibles, épuisés et souffrants, notre vie est
proche de la fin. Nous vous demandons d’avoir pitié de nous et nous
donner à manger votre chair pour que nous puissions vivre."
Les bodhisattvas la leur donneront pour qu’ils se réjouissent
et soient satisfaits. De la même façon des centaines et milliers d’êtres
vivants viendront à eux les priant de leur donner leur chair. Les bodhisattvas
ne se détourneront pas mais renforceront leur générosité et la compassion
de leur cœur. Comme les êtres viendront de partout demandant leur chair
les bodhisattvas augmenteront leur joie. En les voyant ils auront cette
pensée :
«Je vais en tirer d’excellents bénéfices, ces êtres
vivants sont pour moi un terrain de bénédictions. Ce sont mes amis (zenchshiki)
– sans que je leur demande quoi que ce soit ils sont venus à moi et
m’ont montré comment pénétrer dans la bodhéité. Je vais m’entraîner
et me développer sans négliger le souhait d’un seul être.
Plus tard ils penseront :
- Je prie pour que toutes les bonnes racines spirituelles
que j’ai planté, plante et planterai, me donnent un corps vaste qui
englobe le monde entier ainsi que tous les êtres futurs. Avec un tel
corps de chair je serai en mesure de satisfaire la faim de tous les
êtres.
- En outre, je prie pour ne pas quitter cette vie s’il reste ne serait-ce
qu’un seul être vivant non satisfait et pour que la chair taillée dans
mon corps soit inépuisable.
- Je prie pour atteindre le suprême Eveil universel et de parvenir au
nirvana sans reliquat grâce à ces bonnes racines spirituelles.
- En outre, je prie pour que tous les êtres qui se nourrissent de ma
chair, atteignent eux aussi le suprême Eveil universel, sauvegardent
la sagesse séreine, acquièrent l'Eveil aux enseignements du Bouddha,
accomplissent l’œuvre du Bouddha et entrent dans le nirvana
sans reliquat.
- Si l’esprit ne serait-ce que d’un seul être n’est pas satisfait, je
m’arrêterai sans atteindre le suprême Eveil universel.
Les bodhisattvas combleront ainsi de bénéficesles êtres
vivants sans se préoccuper ni d’eux-mêmes, ni de la société, ni des moyens
d’existence, ni de personnalité (pudgala), ni de manavaka (personne divine),
ni du le fait de donner ou reçevoir, ni de rien de ce genre. Ils observent
seulement le monde de l'esprit, les êtres vivants et la spiritualité (Dharma)
qui est sans entraves, vide d’existence, vide d’aspects, vide de substantialité,
en dehors des lieux et des conditions, et qui est innée, non créée. En
observant cela ils ne se soucieront pas de leur propre vie, ni de ce qu’ils
ont donné, ni de ceux qui ont reçu, ni du domaine des bénédictions, ni
des causes ou rétributions karmiques, ni de quelque autre résultat, grand
ou petit.
Lorsque les bodhisattvas verront que tous les êtres du
passé, du présent et de l’avenir reçoivent la vie qui finira par les quitter,
ils se diront en pensée :
"Comme c’est extraordinaire que les êtres vivants
soient si stupides et dépourvus de sagesse. Ils reçoivent d’innombrables
existences dans le monde des vies/morts, toutes transitoires et périssables,
allant toutes vers la dégradation et l’extinction. Bien qu’ils soient
déjà passés par là, ils recommencent à agir pareillement, et feront
de même dans l’avenir ; avec leur corps instable et incertain ils ne
sont pas capables de rechercher le corps stable et sûr. Je dois absolument
m’entraîner dans tout ce à quoi le Bouddha s’est exercé, parvenir à
la sagesse et comprendre tout du monde spirituel. Pour tous les êtres
vivants je vais enseigner la sérénité et le calme qui sont la nature
indestructible de spiritualité qu’est le Dharma. Ainsi ils atteindront
la paix et le contentement."
Cela s'appelle première pratique du boddhisattva-mahasattva
conférant la joie.
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