PRESENTATION
Fiche de lecture
DICTIONNAIRE

Comment la philosophie indienne
s'est-elle développée ?

La querelle brahmanes-bouddhistes

Auteur : Michel Hulin
Maison d'édition : Panama, collection Cyclo
Nb. de pages : p. 200
Année de parution : 2008
Disponibilité : toutes les librairies
Cotation des Etudes-Nichireniennes:
ouvrage de qualité, étude approfondie ; pour public averti.

Critique et appréciation :

Pour ceux qui aiment les débats philosophiques c'est un vrai roman à suspense : atman contre anatman. A chaque chapitre le lecteur est amené à remettre en cause sa compréhension du Soi et du Non-soi, grand sujet de divergence entre les deux grands courants religieux. L'enjeu ? Rien de moins que la délivrance. Un extrait donne le ton de cette polémique :

Le Vatsiputriya entend lui aussi suivre une voie médiane, donc ne concevoir la personne, dans son destin métaphysique, ni comme inconditionnée et soustraite à toute altération ni comme totalement destructible. D'où son recours au modèle du feu et du combustible. [...] Le Vatsiputriya part de la dimension "phénoménologique" du rapport feu/combustible, en jouant sur la dualité qui lui est inhérente. D'un côté, il y a extériorité réciproque, lutte, opposition : le feu "attaque" le combustible, lequel lui résiste en ne s'enflammant pas immédiatement dans ses profondeurs. De l'autre, il y a assimilation, identification : au fur et à mesure qu'il s'embrase, le combustible tend à se confondre avec le feu lui-même. Inversement, le feu a besoin du combustible pour se manifester, puisqu'il s'éteint dès que ce dernier est épuisé. Or ce schéma se laisse transposer à la personne dans sa relation aux skandha [agrégats]. D'un côté, la personne apparaît comme une puissance assimilatrice "enflammant" les skandha, c'est-à-dire les soumettant à un principe d'unité monadique, les attelant à un même joug, coordonnant leur fonctionnement. De l'autre, elle apparaît comme une force qui "consume" la substance des skanda en se nourrissant d'eux... et qui tend à disparaître lorsque cette substance s'épuise par vieillissement, maladie, etc.

Michel Hulin, professeur de philosophie indienne et comparée à l'université Paris-IV la Sorbonne, expose ensuite les interrogations qui surgissent dans le droit file de cette comparaison.


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