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Contact à Paris
Droits d'auteur
Dernière mise à jour le 7 juillet 2026 - site initié le 1er juin
2004
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Le bouddhisme est né il y a environ 2500 ans au Népal
, son créateur est Siddhartha
Gautama, aussi appelé
Bouddha (en sanskrit buddha = éveillé).
C'est seulement plusieurs
siècles après sa mort que son enseignement commence à être fixé
par écrit dans ce que l'on appelle des sutras.
C’est donc par transmission orale que le bouddhisme
s’est propagé à travers l’Asie. Ainsi, de récit en récit, la vie du
Bouddha a été enrichie de légendes décrivant des
faits miraculeux et des pouvoirs surnaturels.
Chaque pays, chaque région, chaque temple possédait une
version légèrement différente de celle de son voisin. Différences qui, aux cours
des siècles, n’ont cessé de grandir.
Ces différences sont maintenant telles que certains conçoivent le
bouddhisme comme une philosophie laïque alors que d’autres le considèrent comme une
religion.
La famille de Siddharta
appartenait à la caste des guerriers et des
princes. D'après la tradition, son père était le
roi Shuddhodana et sa mère, la
reine Maya. Elle serait morte peu de temps
après la naissance de l'enfant qui fut élevé par
sa tante maternelle, Mahaprajapati. Siddharta a été
marié vers l'âge de 16 ans à Yashodhara dont il eut un fils, Rahula. Selon la tradition
de sa caste, il avait ainsi accompli son devoir familial et pouvait
désormais se consacrer à la vie spirituelle.
A cette époque, la religion prédominante
en Inde était le brahmanisme avec, au centre, la théorie
de la transmigration qui enfermait l'individu dans un cycle sans fin
de renaissances et de souffrances, le
samsara
. Peu
satisfait de ces explications, Siddharta décida de devenir un ascète errant pour chercher un sens
à la vie et aux souffrances de la vieillesse, de la maladie et de la mort.
Bien que, selon la tradition, le Bouddha ait enseigné 80 000 sutras qui aboutirent à d'innombrables écoles de pensée,
on trouve un fond commun conservé par les trois grands courants (ou Véhicules) : le
Véhicule des Anciens, le Grand Véhicule et le Véhicule du Diamant.
Souvent traduit
par Loi, désigne l'ensemble des principes (physiques, psychiques, spirituels, etc.) qui sous-tendent
l'existence de tout ce qui est : notre monde visible et invisible. Le Dharma désigne également l'enseignement du Bouddha, ce qui,
dans la pensée indienne, est la même chose que le Dharma-Loi.
L'affirmation que les dharmas sont sans
substance ou "vides" signifie que rien ne peut exister en soi, mais que tout est
"relation", que tout est interconnecté dans l'espace (non séparabilité du
corps et de l'esprit, inséparabilité de soi et de l'environnement, etc.) et
interconnecté dans le temps : tout phénomène (ou effet) est généré
par une cause et tout effet est la cause
de l'effet suivant.
Même si l'idée du nirvana varie selon les écoles, toutes admettent que la
recherche de l'Éveil a un sens et vaut la peine que l'être humain
cherche à y parvenir.
Le Bouddha a
résumé cette vision du monde par les Quatre Nobles Vérités :
Le
Theravada
: le "Véhicule des Anciens" est apparenté aux courants
définis comme
Hinayana
(Petit Véhicule) par le bouddhisme
mahayana
(Grand Véhicule) apparu au début de notre ère. La "doctrine des
Anciens" s'appuie sur un canon rédigé en pali
comprenant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha,
recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard. C'est la forme de bouddhisme dominante
en Asie du Sud et du Sud-Est.
Le
Mahayana
: le "Grand véhicule"
apparaît vers le début de notre ère dans le nord de l’Inde, d’où il
se répand rapidement en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient. Il
reconnaît le canon pali mais lui ajoute d'autres sutras et surtout d'autres commentaires. Il se distingue du
Hinayana
par l'importance qu'il accorde aux bodhisattvas, ces
"êtres d'Éveil" qui se consacrent au salut des autres.
Le Vajrayana ou bouddhisme
tibétain, nommé aussi bouddhisme tantrique. Il contient des
éléments qui l'apparentent à l'hindouisme. Au
Tibet, le vajrayana (Véhicule du diamant) et le bön, chamanisme local, se sont influencés réciproquement. Il
reconnaît aussi bien le
Hinayana
que le
Mahayana
mais lui adjoint de nombreuses pratiques ésotériques et des rites de magie.
Toutes les écoles confondues, le bouddhisme compte actuellement (2013) entre 350
millions et 1,7 milliard de pratiquants.
Depuis l'Inde, le bouddhisme mahayana s'est
propagé en Chine, puis en Corée et, vers le Vème siècle,
atteignit le Japon dont la religion principale était alors le shintoisme.
Au XIIIème siècle, dix grandes
écoles se partageaient les faveurs des empereurs et des shoguns, ces
seigneurs de guerre qui gouvernaient en fait le pays.
Bien que se réclamant du Mahayana,
ces écoles s'inspiraient de sutras différents et avaient élaboré des
doctrines souvent en opposition les unes avec les autres. Le
Zen
préconisait la transmission de maître à disciple sans le recours à aucun
sutra. Le
Shingon
était un ésotérisme avec quantité de rites secrets. L'amidisme enseignait que l'Éveil
n'était possible qu'après la mort et vénérait un bouddha transcendant,
Amida
Les différences entre les écoles s'expliquent tant par l'influence
des divers pays que le bouddhisme avait traversés et dont il s'était imprégné
que par la méthode qu'avait utilisée Shakyamuni pour former ses disciples.
D'après la tradition, tout de suite après son Éveil, le Bouddha chercha à transmettre
tout ce qu'il avait compris de la Réalité Ultime mais s'est rapidement rendu compte que ses
auditeurs étaient incapables de le comprendre. Ce n'est qu'après de nombreuses années
d'enseignements progressifs qu'il put enfin exposer de nouveau son Véritable Dharma lors du sermon du Pic du Vautour.
Lors d'une cérémonie grandiose qui se passe dans les
"Airs" (le monde spirituel), Shakyamuni exposa son enseignement suprême, le Sutra du Lotus, à une foule aussi nombreuse que "les
sables du Gange".
Cet enseignement fut soigneusement conservé et transmis oralement
pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que les disciples passent outre leur répulsion
à mettre par écrit des paroles aussi sacrées.
Le Sutra du Lotus fut
compilé en plusieurs étapes au cours du Ier siècle de notre ère. La version la
plus courante est sa traduction en chinois qui fut aussi celle utilisée au Japon. Il comporte 28
chapitres qui sous une forme souvent allégorique exposent des concepts propres au bouddhisme mahayana.
Le Bouddha y expose
l'éternité de la vie : l'idée que nous nous faisons du temps, et donc de l'alternance
vie/mort, est due à notre ignorance de la Vérité
Ultime, cette "obscurité fondamentale" liée à notre condition d'êtres
humains. Le concept d'atemporalité ne peut être compris que si l'on se purifie des Trois poisons (ignorance, avidité, agressivité).
Tous les êtres vivants, même les femmes - une
nouveauté à l'époque -, "les hommes mauvais",
les animaux et les plantes possèdent,
à l'état latent, la nature de bouddha qui peut être
"réveillée" grâce au Sutra du
Lotus. Les enseignements précédents, bien que tous vrais, n'étaient que
des "moyens habiles" ou des stratagèmes pour amener les
hommes à ce Véhicule unique.
Les "mérites" accumulés lors de la pratique du Sutra du Lotus peuvent être transmis aux autres personnes
et à tout son environnement (principes de non-dualité et d'interdépendance
universelle).
Nichiren était un moine
bouddhiste japonais du XIIIe siècle,
fondateur d'une nouvelle école qui remettait à l'honneur l'enseignement du Sutra du Lotus
Dès son plus jeune âge il s'interrogea sur les
malheurs qui frappaient son pays : épidémies, famines, sécheresses, inondations,
guerres intestines. Après avoir longuement étudié tous les sutras, il parvint à
la conclusion que le Japon était en plein chaos spirituel. Alors que le pays entier était
couvert de temples splendides, ni les dirigeants ni les religieux ne respectaient plus les lois de la vie.
Les rites et l'arrogance des
moines avaient pris le pas sur le développement
personnel ; et la majeure partie de la population (souvent illettrée) n'avait pas accès
à la spiritualité.
Nichiren lutta,
risquant plusieurs fois la mort, pour restaurer les valeurs prônées pas le Sutra du Lotus.
Il instaura une
pratique, basée sur la compréhension du Sutra du
Lotus avec un apprentissage progressif de la méditation et de la concentration (samadhi en sanskrit). Elle vise
à développer un état de conscience lucide et bienveillant. Pour y parvenir, il
préconisa la récitation votive du titre du Sutra du
Lotus (
mantra
) :
Namu Myoho Renge Kyo
.
Relégué pendant près de sept
siècles dans les temples, le bouddhisme de Nichiren connut un
nouvel essor après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale quand les
élites japonaises se sont interrogées, comme le fit Nichiren,
sur les causes de tant de souffrances.
Avec la mobilité toute nouvelle des populations, le bouddhisme de Nichiren s'est propagé en
Occident. Des Japonais ont commencé à le propager en France vers le milieu des années
60, entraînant à leur suite la visite de quelques moines.
Au Japon, chaque temple dispose d'une très grande autonomie. La
majorité des adeptes font ainsi partie d'une fédération, la Nichiren Shu. Tolérants à l'égard de toutes les croyances,
ils coexistent avec un autre courant, très prosélyte et "exclusiviste", la Nichiren Shoshu dont est issue l'association laïque Soka Gakkaï. Depuis,1991, la Soka Gakkai s’est
totalement désolidarisée de la Nichiren Shoshu et transmet
aujourd’hui le « bon sens » de l’enseignement de Nichiren.