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Journal of Religious Studies 1999 26/3-4

Nichiren – Un autre regard

Avant-propos des rédacteurs

Ruben L. F. HABITO et Jacqueline I. STONE 

Nichiren est le général d’armée qui unira le monde. Le Japon est son quartier général. Le peuple du Japon forme ses troupes ;  les maitres et les érudits du bouddhisme nichirénien sont ses officiers. Le credo de Nichiren est une déclaration de guerre, et shakubuku est son plan d'attaque ... La foi dans le Lotus préparera ceux qui entreront dans la bataille. Le Japon a vraiment le mandat céleste pour unifier le monde.

- Tanaka Chigaku (1861-1939)

Shumon no ishin (Restauration de l’école Nichiren)

Pour lui, la vérité a toujours prévalu sur la nation. Pour la vérité, il pourrait même accepter la destruction de la nation ... Quel fléau ces prêtres qui cherchent à promouvoir la prospérité de leur propre école sous des appellations telles que "religion nationaliste"! Comme je suis désolé pour Nichiren, quand il est loué pour nationalisme par des prêtres canailles!

- Takayama Chogyil (1871-1902)
Nichiren Shonin to Nihonkoku (Nichiren Shonin et le Japon)

Dépouillé ainsi de son accoutrement du XIIIe siècle, de l'aberration de ses connaissances scientifiques et de son grain de folie (propre à tous les grands hommes), il nous apparait comme une figure remarquable, l'une des plus grandes au monde dans son domaine. Je ne vois personne de plus indépendant parmi mes compatriotes. En effet, par son authenticité et son originalité, il a fait du bouddhisme une religion japonaise...  Nichiren, sans son agressivité, est notre religieux idéal.

- Uchimura Kanzo (1861-1930) "Saint Nichiren"

NICHIREN (1222-1282) est principalement connu comme le fondateur de la tradition bouddhiste qui porte son nom et fait partie des nouveaux mouvements bouddhistes de la période Kamakura (1185-1333). Il vécut à une époque tourmentée, étant né un an après la victoire de Hojo Yoshitoki sur l'empereur retiré Go-Toba lors du soulèvement de Jokyu en 1221, qui s’est soldé par le renforcement du bakufu de Kamakura, et mourut l'année qui suivitla deuxième tentative mongole d'envahir le Japon en 1281. Sa propre carrière fut également mouvementée en raison de son insistance sur la vérité exclusive du Sutra du Lotus considéré comme seul véhicule de salut à l'ère des Derniers jours du Dharma (mappo). Chassé du temple dans lequel il avait été ordonné, il entra en conflit avec les autorités du bakufu à Kamakura et fut exilé à deux reprises. Ses partisans ont également été emprisonnés ou bien leurs domaines confisqués, si ce n’est, dans quelques cas,  mis à mort. Mais Nichiren a toujours persévéré, et, après sa mort, sa communauté naissante allait devenir l’une des grandes traditions bouddhistes. De nos jours, une quarantaine de courants religieux prétendent descendre de Nichiren, aussi bien les écoles traditionnelles que ce qu’il est convenu d’appeler les « nouvelles religions ».

Comme l'illustrent les citations ci-dessus en exergue, personne n'a vu Nichiren de la même manière. La littérature actuelle, en particulier, a engendré une prolifération d'images divergentes de ce maitre bouddhiste. Il a été présenté comme un thaumaturge dont les prières ont sauvé le Japon de l'invasion mongole, comme patriote et prophète de la conquête du monde par les Japonais, comme défenseur de la Vérité universelle, comme héros marxiste des gens du peuple et comme objet d'étude de la psychologie religieuse.

Certains auteurs ont qualifié son attitude de rigide et intransigeante, le trouvant arrogant et pharisaïque, tandis que d'autres ont souligné sa douceur envers ses disciples. Il a été comparé à des figures aussi diverses que les prophètes de la Bible, Jésus, Mohammed, Loyola, Savonarole, Luther et Joseph Smith. Ces images, cependant, en disent souvent plus sur la façon dont Nichiren a été perçu dans notre monde que sur cette grande figure médiévale elle-même.

En fait, jusqu'à tout récemment Nichiren a été relativement peu étudié en dehors des cercles fermés de ses écoles, surtout en comparaison avec d'autres «fondateurs» bouddhistes de Kamakura, tels que Honen (1133-1212), Shinran (1173-1263) ou Dogen (1200-1253). L'ultranationalisme outrancier de certains nichirénistes en temps de guerre, ainsi que l’exclusivisme de la tradition Nichiren qui va à l’encontre des sensibilités pluralistes actuelles, figurent parmi les facteurs conduisant à la marginalisation d'après-guerre de Nichiren, le considérant comme un militant intolérant, voire fanatique, atypique aussi bien du bouddhisme en général que de la tradition japonaise. Il n’existe en Occident pratiquement aucun travail universitaire sérieux sur Nichiren.

Les choses ont évolué récemment, cependant. De nouvelles approches méthodologiques ont conduit à repenser l’histoire du bouddhisme et suscité un renouveau d’intérêt pour Nichiren. Les études du bouddhisme s’élargissent dorénavant au-delà des pures préoccupations doctrinales par de larges incursions dans la culture, la politique, l’économie et la sociologie ; ce qui incite à reconsidérer Nichiren.   

Nous remercions les rédacteurs du Japanese Journal of Religious Studies de nous avoir permis de présenter ce numéro spécial comme une étape dans cette direction et espérons qu'elle encouragera de nouvelles recherches.

L'idée de ce numéro spécial a été inspirée par une session organisée par Ruben Habito sur le thème «Revisiting Nichiren /5 », lors de la réunion annuelle de 1997 de l'American Academy of Religion à San Francisco. Après de longues discussions, nous avons convenu, à notre corps défendant, qu’il n’était pas possible de couvrir toute la tradition nichirénienne dans un seul volume. Ce numéro est consacré principalement à Nichiren lui-même, dans le contexte de son temps. Il convient de poursuivre les recherches dans des publications ultérieures pour des sujets tels que la montée spectaculaire de la Hokke-shu de Nichiren et sa relation avec la culture urbaine machishu de la fin du Moyen Âge ; la résistance du mouvement fuju fuse nichirénien face à l’accroissement du contrôle religieux du bakufu Tokugawa ; les pratiques populaires du bouddhisme Nichiren moderne ;  l'émergence des mouvements laïcs bouddhistes à la fin du XIXe et au XXe siècle ; les nombreux visages du nichirénisme nationaliste en temps de guerre ; le bouddhisme Nichiren d'après-guerre et les mouvements pour la paix ; et enfin, la théologie dynamique contemporaine dans l’optique nichirénienne.

Pour ce qui est de ce numéro spécial, nous nous étions fixé trois objectifs : 1) contribuer à la révision des stéréotypes dépassés et réducteurs de Nichiren ("nationaliste", "prophète", "fanatique", "martyr") en explorant les aspects clés de sa pensée et de sa carrière; 2) présenter à travers Nichiren, la religion, la société et la culture du Japon au début du Moyen Age; 3) contribuer aux débats en cours sur les définitions des bouddhismes de Kamakura, telles que l'opposition entre "l'ancien" et le "nouveau" bouddhisme, ou entre le "système exo-ésotérique" (kenmitsu taisei) des principaux temples-sanctuaires et des mouvements hétérodoxes marginaux. Plus généralement, nous avons cherché à fournir aux collègues et étudiants anglophones un axe d’étude pour Nichiren. A cette fin, nous joignons à la fin de cette publication une "bibliographie indicative" d'ouvrages en langues occidentales sur Nichiren et sa succession. Étant donné que les études sur les nouveaux mouvements religieux se référant à Nichiren sont assez nombreuses, seuls apparaissent ici les plus  représentatives.

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« Celui qui veut s'engager dans la voie bouddhique doit, avant tout, tenir compte du temps. » -écrit Nichiren. (Choix en fonction du temps, Senji-sho, 1275). Comme la plupart de ses contemporains, Nichiren pense que son époque est celle  des Derniers jours du Dharma, période sombre et dégénérée où les êtres humains sont particulièrement accablés par des obstacles karmiques et où l’Éveil bouddhique est difficile à réaliser. Mais en même temps il adopte l'enseignement tendai des « trois mille mondes dans un moment-pensée » pour qui  l’état de bouddha est inhérent à chaque instant dans les mondes-états ordinaires.

"Nichiren Shonin – Un regard sur l'humanité" par Asai Endo :

Le premier essai de cette publication montre comment Nichiren s'est servi de ces deux idées contradictoires dans leur essence pour créer entre elles une tension féconde qui devint la base même de son enseignement. Avec la même perspicacité, Asai compare ensuite Nichiren et Honen et fait ressortir le point de vue de Nichiren sur la relation entre le Bouddha et les simples mortels pour savoir si le salut est obtenu par un effort personnel ou par la puissance de la compassion du Bouddha.

Au cours de sa carrière, Nichiren a énormément écrit : 498 textes dont des essais doctrinaux, des lettres à ses disciples, 66 graphiques organigrammes, esquisses, notes et extraits, sans parler de plusieurs centaines d’annotations. Sur les 498 écrits, 115 œuvres manuscrites ont étonnamment survécu à Nichiren, alors que 25 autres, détruites dans un incendie du temple principal de la Nichiren Shu sur le mont Minobu en 1875, sont attestées comme ayant existé. Il reste pourtant notoire, et ce depuis longtemps, que les archives de Nichiren contiennent des apocryphes qui lui ont été attribués par des disciples ultérieurs. L’article de Sueki Fumihiko, «Comment traiter les œuvres litigieuses de Nichiren ?» montre à quel point l'inclusion ou l'exclusion d'écrits peut, dans certains cas, modifier radicalement l'interprétation de sa pensée, en particulier sa position envers la doctrine de l'Éveil originel (hongaku homon) ainsi que ses vues concernant la relation entre le bouddhisme et l'État.

Réfléchissant sur le Sandaihiho sho (Les trois grands Dharmas cachés) - probablement l'œuvre la plus controversée de tous les Écrits de Nichiren en raison de ses instructions sur la création d'un kaidan (plateforme d'ordination) parrainé par l’empereur - Sueki montre que les arguments pour ou contre l'authenticité de certains écrits sont rarement fondés uniquement sur des éléments textuels, mais sont inextricablement liés historiquement aux considérations politiques des porte-paroles de Nichiren. Il propose également une nouvelle approche méthodologique  pour les écrits dont la paternité de Nichiren est incertaine.

Nichiren n'était pas seulement un penseur, il s’investissait fortement dans l’action : au centre de son enseignement se trouve la revendication que le Sutra du Lotus doit non seulement être étudié mais vécu. C’est le sujet de l’essai de Ruben Habito, «Lire le Sutra du Lotus avec son corps ». Habito montre comment Nichiren a vécu les injonctions lotusiennes de  «recevoir et  garder» ce sutra comme chemin vers l'Éveil suprême, ainsi qu’accumulation des mérites dans ce monde et protection contre les calamités. Il rattache  ce « recevoir et garder »  à la fois à la grande tradition des dharanis du Mahayana et à son propre enseignement selon lequel toutes les pratiques bénéfiques sont englobées dans la psalmodie de daimoku (le Grand Titre),  Namu-myoho-renge-kyo.

Habito analyse également les occurrences de validation réciproque entre Nichiren et le Sutra du Lotus, dans lesquelles  Nichiren lit habituellement sa propre expérience qui confirme les prophéties du Sutra sur les épreuves que ses pratiquants doivent subir dans les Derniers jours du Dharma et, en même temps, il lit dans le Sutra la légitimation de ce qu’il vit. Pour Nichiren, «recevoir et garder» le Sutra exprimait la présence constante du Bouddha chez celui qui le fait. Habito estime que cette conscience mystique de la présence du Bouddha a imprégné la vision religieuse qui sous-tend les actions de Nichiren dans le domaine social et politique et lui a insufflé la joie, même face aux persécutions.

On peut dire que la carrière publique religieuse de Nichiren a commencé en 1260  quand il a soumis au bakufu de Kamakura son admonestation, le Rissho ankoku ron (Sur l'établissement de l'enseignement correct pour la paix dans le pays). Les interprétations de ce traité qui présentent Nichiren comme un fervent nationaliste sont battues en brèche dans «État et religion dans la pensée de Nichiren», l’article de Sato Hiroo qui fait valoir qu’à l’époque de Nichiren, les institutions bouddhistes établies étaient traditionnellement subordonnées à l'autorité dirigeante et remplissaient la fonction rituelle de «protection de la nation» dans leur vocabulaire, «nation» (kokka) désignait en fait le tenno  (l'empereur) et la «protection de la nation»  signifiait la sécurité et la stabilité du gouvernement impérial. Dans la pensée de Nichiren, cependant, l’accent s’éloigne du souverain, et la «paix de la nation» se réfère plutôt au bien-être du pays et des gens qui l’habitent. Sato replace Nichiren dans le contexte médiéval de l'émergence du Bouddha cosmique ou de la loi de causalité karmique à laquelle même les dirigeants sont subordonnés. Il souligne également le rôle historique de Nichiren dans l’enseignement d’une vision du salut qui ne se limite pas à la vie intérieure de l’individu mais qui serait concrétisée par une transformation sociale positive.

C’est une lecture très différente du célèbre traité de Nichiren que présente William Deal  dans «Le Rissho ankoku ron de Nichiren et la formation du Canon ». Bien qu’il y eût pour ce traité des interprétations radicalement différentes, tous y ont vu presque toujours une déclaration de  Nichiren sur la relation entre le Bouddha-Dharma et les réalités sociales liées à la gouvernance. Deal analyse Nichiren du point de vue des stratégies de légitimation par la formation d’un canon. Par des références à des sutras et des commentaires bouddhistes spécifiques ainsi que par son rejet des autres sutras, Nichiren a en fait créé un «canon circonstancié» pour promouvoir des idées et des pratiques spécifiques étayantsa vision religieuse du monde. Deal constate que grâce à ce «Procédé de codification »Nichiren a affirmé la primauté du Sutra du Lotus d'une manière qui a considérablement remodelé le Tendai et les autres modèles bouddhistes de protection de la nation, rendant l'État responsable de la protection du Dharma, et non l'inverse.

En fin de vie, Nichiren a sévèrement critiqué les enseignements ésotériques (mikkyo) des traditions Taimitsu et Tomitsu, dénonçant leur dépendance envers mikkyo alors qu’ils négligeaient le Sutra du Lotus, et leur imputant les catastrophes qui frappaient le pays. Les érudits nichiréniensont représenté Nichiren comme rejetant totalement les enseignements ésotériques. Une lecture étonnamment subversive est présentée par Lucia Dolce dans son essai «Critique et appropriation : l'attitude de Nichiren envers le bouddhisme ésotérique». Dolce soutient que la critique de Nichiren à l'égard du mikkyo était une stratégie d'autolégitimation et que des éléments ésotériques influencent en fait profondément sa pensée et sa pratique. Elle étudie, en particulier, les antécédents ésotériques de son mandala calligraphique et la pratique du daimoku. Dolce remet également en question les théories récentes sur le bouddhisme de Kamakura qui considèrent le mikkyo comme une caractéristique des formes institutionnellement dominantes, mais n’entachant pas  les nouveaux mouvements bouddhistes.

Nichiren a souvent été étudié dans un contexte universitaire large portant sur l'histoire générale de la religion japonaise médiévale. L’article de Jacqueline Stone tente de  «Replacer Nichiren dans une ‘‘Vue d’ensemble’’». Actuellementquelques études se penchent sur la place de Nichiren dans le bouddhisme de Kamakura. Stone montre comment il a été représenté en tant que conservateur ou radical par rapport à d’autres modèles du «nouveau bouddhisme» de Kamakura et comment, dans son enseignement, les débats sur la place de l'Éveil originel ont façonné les théories sur sa relation avec les nouveaux mouvements bouddhistes de Kamakura auxquels il était affilié, telles que la tradition tendai.

Une meilleure analyse de Nichiren, affirme Stone, révélerait des continuités notoires de même que des ruptures entre les nouveaux mouvements et l'establishment religieux, comme on peut le voir, par exemple, dans les jugements de Nichiren sur le Japon.

Ce numéro comprend également deux articles de critique bibliographique. Contrairement à la traditionnelle analyse d’un ouvrage récemment paru, ces textes visent à présenter à un lectorat occidental quelques œuvres classiques de l’héritage Nichiren. Stone passe en revue trois importantes biographies d'après-guerre de Nichiren. Habito commente deux collections d'essais traitant des approches  modernes de Nichiren, illustrant ainsi l'importance constante de cette figure bouddhiste médiévale pour le Japon contemporain.

Nous n'avons fait que des retouches minimales pour standardiser les traductions de passages des Écrits de Nichiren ou de termes techniques bouddhistes, ce qui devait laisser une marge personnelle aux auteurs et traducteurs individuels. Les noms et termes chinois ont été romanisés selon le système pinyin. Toutes les citations ou autres références aux Écrits de Nichiren sont citées d’après l'édition critique de son œuvre, la version révisée de 1988 du Showa teihon Nichiren Shonin ibun en quatre volumes (Edition standard de la période Showa des œuvres de Nichiren Shonin), éditée par le Nichiren Kyogaku Kenkyujo (Centre de recherche pour les études doctrinales Nichiren) de la Rissho University et publiée par le Minobusan Kuon-ji (préfecture Yamanashi). Cette édition est abrégée tout au long du numéro en STN.

À l'exception de l'article d'Asai Endo, toutes les contributions ont été rédigées spécialement pour ce numéro. Nous sommes reconnaissants au professeur Asai de nous avoir permis de placer en introduction son essai si bien approprié à notre objectif. Nous remercions également tous nos contributeurs pour leurs efforts.

Nous sommes heureux de remercier Hiraga Hondoji à Matsudo (préfecture Chiba); Yamanaka Seitoku du Rissho Ankokukai; et Yuzankaku Shuppansha à Tokyo pour leur permission de reproduire les mandalas accompagnant l'article de Lucia Dolce. Nous tenons également à remercier Kelly Olsen de l'Associated Press pour la photographie du «Kaiketsu Nichiren» dans le parc d'Inokashira, sculpté en 1954 par Kitamura Sei. Enfin, nous tenons à remercier les rédacteurs de la Revue japonaise d'études religieuses, à la fois pour avoir proposé ce numéro spécial et pour leur aide éditoriale sans laquelle il n'aurait jamais pu être publié.

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Bibliographie indicative d’ouvrages de la tradition Nichiren dans des langues occidentales

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Brève chronologie de la vie de Nichiren et des événements s’y référant

(Les jours et les mois sont ceux du calendrier lunaire, les années ont été converties selon le calendrier occidental).

1221 L'empereur retiré  Go-Toba tente de renverser le bakufu mais est vaincu par Hojo Yoshitoki (le soulèvement de Jokyu)

1222 Naissance de Nichiren dans la Province  Awa

1233 Entre comme élève au temple Kiyosumi-dera

1237 Est ordonné par son Maître Dozen-bo, et prend le nom de Zesho-bo Rencho.

1238-1239 Se rend à Kamakura pour y poursuivre ses études.

1242 Bref retour à Kiyosumi-dera ; écrit Kaitai sokushin jobutsu gi.  Peu de temps après, part pour une longue période d'études sur le mont Hiei et dans d'autres temples de la région de la capitale impériale.

1252 Fait un séjour à  Awa.

1253 Prononce son premier sermon public à Kiyosumi-dera le 28 avril, traditionnellement considéré comme celui de lacréation de son École. Il prend le nom de Nichiren.

1254 Vers cette époque, Nichiren intente avec succès une action en justice au nom du shoen local, Nagoe-no-ama, contre le jito adepte du Nembutsu, Tojo Kagenobu. Le conflit s’envenime entre les partisans des deux factions, dont les moines de Kiyosumi-dera, et Nichiren est forcé de quitter le temple; il s'installe à Kamakura.

1257 Le grand tremblement de terre de l'ère Shoka - dernier d'une série de catastrophes - détruit de grands quartiers de Kamakura (23 août). D’autres  calamités : tremblements de terre, tempêtes, inondations, destruction des moissons, famine et épidémies se poursuivent au cours des années qui suivent.

1260 Nichiren soumet son traité d’admonestation  Rissho  ankoku ron à Hojo Tokiyori, le régent retiré du shogun (16 juillet).

1261 À cette époque, Nichiren bat plusieurs grands clercs de la Terre Pure au cours dedébats. Plus tard, son ermitage est attaqué par des adeptes du Nembutsu. Nichiren est arrêté par des responsables du bakufu et exilé à Izu (12 mai).

 

1263 Gracié de la sentence d'exil à Izu (22 février), il retourne à Kamakura.

1264  Vers cette époque, Nichiren revient dans la province d'Awa et prie pour la guérison de sa mère. Il est pris en embuscade à Komatsubara par les  hommes de Kagenobu (11 novembre) ; Nichiren est blessé ainsi que d’autres membres de son parti et l’un d’eux est tué. Les années suivantes, Nichiren visite les provinces d’Awa, de Suruga et probablement de Kanto en prêchant et encourageant ses disciples.

1268 Au cours du premier mois, une lettre de l'empire mongol arrive, exigeant du Japon le payement d’un tribut sous peine d’une attaque. De retour à Kamakura, Nichiren réaffirme les avertissements de son Rissho ankoku ron dans des lettres aux personnes d'influence.

1271- Des religieux hostiles à Nichiren, avec l’appui du bakufu, lui intentent un procès. Nichiren est arrêté (12 septembre) et échappe de peu à l’exécution (persécution de Ryuko  ou de Tatsunokuchi ). La persécution a également été dirigée contre ses partisans à Kamakura. Nichiren  reste en détention pendant un mois, puis est envoyé en exil sur l'île de Sado. Là, il est installé dans la chapelle délabrée d’un cimetière (le sanmaido de Tsukahara).

1272 Au cours du deuxième mois, le demi-frère du régent, Hojo Tokisuke, mène une rébellion infructueuse et des combats éclatent à Kyoto et à Kamakura. Pendant ce temps, Nichiren complète le Kaimoku-sho. En été, il se voit attribuer un nouveau lieu de résidence à Ichinosawa.

1273 Nichiren écrit le Kanjin honzon sho (25 avril).

1274 Gracié de sa  peine d'exil  (14 février) et de retour  à Kamakura (26 mars), il est interrogé par Hei no Yoritsuna, chef adjoint du conseil d'administration de la police (garde des Portes de gauche) pour savoir  quand  les Mongols attaqueront (8 avril). Nichiren avertit à nouveau que seule la dévotion au Sutra du Lotus peut sauver le pays. Ses avertissements restent ignorés ; il quitte Kamakura (12 mai) et arrive à Minobu (17mai) où il décide de s’établir et se consacrer à l'écriture et à la formation des disciples.

Le dixième mois de l’année, les forces mongoles attaquent les îles d'Iki etTsushima et se dirigent sur Hakata. Après d'intenses combats, la flotte d'invasion disparaît, probablement à cause d'un typhon.

1279 Le neuvième mois, vingt paysans partisans de Nichiren dans la  région de Fuji sont  arrêtés  et emmenés à Kamakura. Le mois suivant, trois d’entre eux sont décapités (persécution d'Atsuhara.

1281 Le cinquième mois, une deuxième flotte mongole arrive. Iki, Tsushima et le nord-ouest de Kyushu sont à nouveau attaqués. Au cours du septième mois intercalaire, la majeure partie de la flotte d'invasion est détruite par un typhon.

1282 Le neuvième mois, en mauvaise santé, Nichiren se laisse  persuader de quitter Minobu pour les sources chaudes d'Hitachi. Il est contraint par la maladie de s'arrêter chez Munenaka à Ikegami. Nichiren désigne le 8 octobre les six disciples principaux à la tête de la communauté après sa mort. Il décède le 13 octobre.

 

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