Il est dit
dans le cinquième volume du Maka Shikan : "La vie, à
chaque instant, comporte Dix états (ou mondes). De plus, chacun
des dix Etats est doté de tous les autres, si bien qu'une entité
de vie possède en fait cent états. Chacun de ces états
à son tour contient trente domaines d'existence de sorte que,
dans les cent états, il y a trois mille domaines existence. Ces
trois mille domaines d'existence sont tous, contenus en une seule entité
de vie.
Gosho Zenshu p. 238 - Kanjin no Honzon Sho (Nyorai
no Metsugo Go gohyakusai ni Hajimu Kanjin no Honzon Sho)
Sado,
avril 1273 à Toki Jonin
ARRIÈRE-PLAN
- En avril 1273, Nichiren Daishonin ébaucha l'un de ses trois
traités majeurs, "Le véritable objet de vénération
". Bien qu'il soit adressé spécifiquement à
Toki Jonin, le post-scriptum de la lettre indique qu'il doit être
montré à d'autres disciples.
La prudence qu'il recommande dans ses instructions mérite quelques
explications. Très peu de ses disciples avaient alors le Gohonzon,
de sorte que pour la plupart d'entre eux la lecture de cette lettre
ne pouvait qu'être source de perplexité. Même les
croyants les plus ardents ne comprenaient encore son enseignement que
de manière limitée et cela doit être également
pris en considération. Pour sa part, Toki Jonin écrivit
un jour à Nichiren Daishonin en lui demandant quand le bodhisattva
Jogyo apparaîtrait. Ota Nyudo, peu de temps après avoir
lu "Le véritable objet de vénération",
demanda si désormais les pratiquants devaient omettre de réciter
le chapitre Hoben dans leur prière quotidienne. Nous pouvons
en conclure sans trop nous avancer que cette lettre était conçue
comme un testament pour la postérité. "Le Traité
qui ouvre les yeux", écrit un an plus tôt, révèle
l'objet de vénération du point de vue de la Personne.
"Le véritable objet de vénération " traite
du même sujet du point de vue du Dharma.
Le titre complet du manuscrit original est : Nyorai no Metsugo Go gohyakusai
ni Hajimu Kanjin no Honzon Sho. Ce que l'on peut traduire par : "Thèse
sur l'établissement de l'objet de vénération pour
atteindre la boddhéité dans le cinquième demi-millénaire
après la mort du Bouddha". Quatre éléments
importants sont inclus dans ce titre : le temps, l'enseignement du Bouddha,
la capacité des hommes et la Loi.
Un bouddha apparaît pour répondre à l'attente des
hommes et le "cinquième demi-millénaire après
la mort du Bouddha" est l'époque. L'enseignement du Bouddha
est implicite dans le mot "établissement ". Ainsi Nichiren
inscrivit le Gohonzon pour que la Loi puisse être transmise à
travers les âges, sans la moindre distorsion. La capacité
des gens est implicite dans les mots "pour atteindre la boddhéité
", puisque grâce aux enseignements du bouddhisme orthodoxe,
il leur devient facile de réaliser la vérité ultime
de la vie, Namu Myoho Renge Kyo. Ce sont les mots "objet de vénération"
qui se réfèrent à la Loi. Nichiren Daishonin concrétisa
la condition, ou l'état, auquel il parvint en tant que bouddha
fondamental, en la logeant dans l'objet de vénération,
afin de permettre aux gens de parvenir au même état d'Eveil.
(Commentaire ACEP)