J'ai bien reçu le kimono
blanc et les dix ryo de coton que vous avez eu la bonté de me
faire parvenir. La fin de l'année approche et, ici, sur cette
montagne où je me trouve, le vent souffle très fort et
ma petite demeure est aussi trouée qu'un panier tressé.
Le sol est un tapis d'herbes, mes vêtements sont en papiers, mon
corps est froid comme de la pierre, et ce que je mange est glacé.
Gosho
Zenshu p. 1195 - Shijo Kingo moto onfumi
Minobu,
12e mois 1280, à Nichigen-nyo, l'épouse de Shijo Kingo
ARRIÈRE-PLAN. - Cette lettre fut écrite
du mont Minobu, dans le 12e mois de la 3e année de Koan (1280),
et adressée à Nichigen-nyo, l'épouse de Shijo Kingo.
Mais son contenu indique qu'elle leur était adressée à
tous deux.
La partie centrale de la lettre traite d'Hachiman, qui, avec la déesse
du Soleil (Amaterasu o Mikami ou Tensho Daijin) était l'une des
divinités les plus importantes de la mythologie japonaise. On
pense que l'identification du bodhisattva Hachiman à l'empereur
Ojin se répandit au cours de l'ère Nara (710-714) et de
l'ère Heian (794-1185). Par la suite, la classe des samouraïs
choisit Hachiman comme objet de vénération. Minamoto no
Yoritomo, fondateur du shogunat de Kamakura, fit établir à
Kamakura, un sanctuaire à la dévotion d'Hachiman.
Hachiman est également l'un des premiers exemples du mélange
d'éléments shintoïstes et bouddhistes. Lorsque le
bouddhisme se répandit au Japon, on en vint à considérer
les divinités comme des manifestations locales des bouddhas et
des bodhisattvas. La Cour impériale décerna le titre de
"Grand Bodhisattva" à Hachiman au début de l'ère
Heian.
A l'ère de Kamakura (1185-1333), avec la popularité croissante
de la croyance en la Terre pure, la plupart des gens en étaient
venus à considérer le Grand Bodhisattva Hachiman comme
une manifestation du bouddha Amida. (Commentaire
ACEP)