Je vous conseille de relire sans cesse cette lettre avec l'épouse
de Toshiro. Le soleil dissipe les ténèbres même
les plus profondes. Le coeur d'une femme est comparable aux ténèbres
et le Sutra du Lotus au soleil. Un nouveau-né ne reconnaît
pas toujours sa mère mais jamais une mère n'oublie son
nouveau-né.
ACEP
- vol. 2, p. 247
Gosho
Zenshu p. 1114 - Dosho Domyo Gosho
Sado, avril
1272 à Nichigennyo
ARRIERE-PLAN - Quand Shijo Kingo se rendit à
l'île de Sado en avril 1272 pour voir Nichiren celui-ci lui confia
cette lettre pour sa femme, Nichigen-nyo. Nichigennyo était un
nom attribué par Nichiren; c'est une combinaison de nichi (soleil),
gen (les yeux) et nyo (femme). Il nomma aussi ses deux filles, Tsukimaro
et Kyo'o. Quand Kyo'o tomba malade, il encouragea ses parents dans le
célèbre passage : "Les malheurs de Kyo'o Gozen se
changeront en bonne fortune. Faites appel à toute votre foi et
priez ce Gohonzon. Que pourrait-il alors y avoir d'impossible à
réaliser?" Shijo Kingo et sa femme reçurent de nombreux
encouragements de Nichiren, et se consacrèrent de tout coeur
à la pratique du bouddhisme durant toute leur vie.
On sait peu de choses de Toshiro; on pense que c'était l'un des
compagnons de Shijo Kingo au sein du gouvernement militaire de Kamakura
et que sa femme était proche de Nichigennyo en raison de leur
foi commune. La femme de Toshiro était également apparentée
à la famille de Nanjo Tokimitsu, seigneur du domaine d'Ueno.
Dans une lettre datée d'août 1275 adressée à
la mère de Nanjo Tokimitsu, Nichiren fit une remarque similaire,
l'encourageant à relire sans cesse sa lettre avec la femme de
Toshiro. De cette façon, il mettait l'accent sur la cohésion
des croyants.
Nichiren écrit : "La femme est comparable à une glycine,
l'homme à un pin. Une glycine ne peut rester debout un seul instant
sans le pin [qui la soutient]." Dans les sociétés
féodales, la vie des femmes était difficile parce que
leur statut social était généralement inférieur
à celui des hommes. Malgré cela, à une époque
où elle ne pouvait compter sur personne d'autre, Nichigennyo
envoya son mari à Sado, ce qui, depuis Kamakura, représentait
un voyage non seulement difficile mais dangereux.
(Commentaire ACEP)