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La vie de Nichiren
(1222- 1282)

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N.B. Les
illustrations sont dues à HOKUSAI Katsushika (1760 — 1849), pratiquant du Sutra du Lotus. Vous pouvez les agrandir en cliquant sur l'image
est une note que l'on peut lire en passant le curseur sur l'icône.

Nichiren est né le 16 février (?) la première année de l'ère Joö (1222), dans le village de Kominato actuel département de Chiba, dans l'ancienne province d'Awa, sur les rives de l'océan Pacifique.

Un an plus tôt, la dernière tentative de la Cour impériale de reprendre les rênes du pouvoir avait échoué. Cet évènement connu sous le nom des "troubles de l'ère Jokyu", consacrait le pouvoir du clan Hojo et la défaite des troupes impériales. Toute la carrière de Nichiren coïncide à peu près avec l'apogée de la famille Hojo avant que les tendances centrifuges (la cour, les grands monastères, les guerriers) fragilisent ce pouvoir, vers le début du quatorzième siècle.

Ses parents lui donnent le nom de Zennichi-maro Littéralement Splendide soleil enfant. Son père était pêcheur. Dans ses écrits, Nichiren indique qu'il est issu d'une famille pauvre qu'il assimile à la caste des sudra. Les métiers qui obligeaient à tuer les êtres vivants étaient fortement déconsidérés. Il semble néanmoins que cette enfance, dans une région où les collines descendent jusqu'à la mer, ait donné au jeune Zennichi-maro une constitution particulièrement robuste. Il témoignera toujours de respect et d'affection pour ses parents et il gardera également toute sa vie une forte sensibilité aux beautés de la nature, ainsi qu'une grande facilité de communication avec le petit peuple.

A l’âge de 12 ans, Zennichi-maro entre au monastère de Seicho-ji, sur le mont Kiyosumi, près de chez lui. Il apprend à lire et écrire en japonais et chinois et commence l'étude des fondamentaux du bouddhisme sous la direction de Dozen-bo, le supérieur du monastère, qui devint son premier maître.

Zennichi-maro commence à manifester un zèle religieux qui le fait remarquer par ses instructeurs. A quinze ans, Dozen-bo lui confère l'ordination bouddhique et le nom de Rencho.

Cette époque est marquée par des changements importants. Consécutivement à l'affaiblissement du pouvoir impérial, de nouvelles classes émergent, par exemple la classe des guerriers (bushi) ou des fonctionnaires. La société est relativement moins figée que précédemment, et un jeune moine comme Rencho peut nourrir différentes aspirations. Les nouveaux courants religieux se développent. Aux anciennes écoles de Nara se sont ajoutées celles du Tendai et du Shingon puis l'Amidisme et le Zen. Dans le monastère où Nichiren étudie, le honzon est le bouddha Vairocana (tendance ésotérique Tendai), on apprend également le Sutra du Lotus, ce qui est normal pour un temple d'obédience Tendai, mais on psalmodie le nom du bouddha Amida.

Rencho traverse une crise spirituelle aiguë, car il ne trouve pas dans l'enseignement qui lui est prodigué les réponses aux questions fondamentales qui l'assaillent. Ses interrogations sont de deux types et, sous différentes formes, elles se sont posées à tous les grands penseurs du bouddhisme. Tout d'abord, alors que chaque école prétend exposer l'enseignement du Bouddha, étayant tout un argumentaire en ce sens et se fondant sur des sutras et des traités, leurs doctrines sont assez divergentes. Deuxièmement, le bouddhisme s'est répandu pleinement dans la société et pourtant les désastres et les malheurs se succèdent, infirmant l'espoir d'une société pacifiée.

Des écrits de Nichiren, il apparaît que diverses expériences l'ont poussé à douter très tôt de l'amidisme. A dix-sept ans, le maître Dozen l'autorise à se rendre à Kamakura, siège du gouvernement militaire. Il y reste deux ans et étudie les nouvelles écoles du bouddhisme : l'amidisme et le zen. Leurs doctrines ne permettent pas de satisfaire sa quête. Il revient au monastère Seicho-ji et rédige le premier traité que nous connaissons de lui Kaitai Sokushin Jobutsugi, ou "Principes de la substance des préceptes qui mènent à l’atteinte de la boddhéité dans cette vie", puis repart étudier les enseignements du Tendai au mont Hiei, centre prestigieux où subsistaient encore les traditions de cette école malgré l'agitation de ses féroces moines armés.
 

Durant dix ans, il étudie avec acharnement et se rend dans les centres d'enseignement du bouddhisme, notamment dans la capitale impériale, Kyoto, et dans l'ancienne capitale, Nara. Ce jeune moine avide de savoir et issu d'une famille pauvre et d'une région reculée devait être assez atypique dans les centres du savoir qu'étaient les monastères de la capitale. Il s'intéresse également à la religion shinto et au confucianisme. Pourtant, il déplore l'état du monde religieux de son époque, la diversité des interprétations, le manque d'unité du courant bouddhique, la dissolution des mœurs. Il fait vœu de réaliser l'Eveil pour restaurer le vrai bouddhisme et dégage des doctrines originelles du Tendai la prééminence absolue du Sutra du Lotus.

Après plus de quinze années d'études approfondies et de pérégrinations, au terme d'une quête sans relâche, Nichiren résout enfin les questions qui le hantaient. Il décide de revenir à son point de départ pour révéler le contenu de son Eveil. Vu la dégradation du monde religieux, il en redoute les conséquences : "Je le sais. Si je ne le dis pas, cette vie sera sans difficulté, mais dans la vie prochaine je serai inexorablement voué à l'enfer sans rémission. Si je le dis, trois obstacles et quatre démons surgiront à l'envie. Dans cette alternative, je dois parler" (Traité qui ouvre les yeux, Kaimoku sho).

D'après la tradition, à l'aube du 28e jour du quatrième mois de la cinquième année de l'ère Kencho (1253), d'une hauteur face à l'océan, il proclame Namu Myoho Renge Kyo.

Il se rend ensuite au grand hall du monastère de Seicho-ji où un auditoire qui rassemblait des moines, des notables et des paysans, attendait son prêche et le récit de ses voyages. Il leur exprime alors la suprématie du Lotus et l'invocation de son Titre, puis s'en prend avec véhémence aux écoles existantes du bouddhisme. Chez certains la stupéfaction fait place à la colère.

Cette date est reconnue comme fondation par les diverses écoles du nichirenisme.

Il prend le nom de Nichiren (Soleil Lotus). L'origine de ce nom viendrait de deux passages du Sutra du Lotus. Dans le premier d'entre eux (chapitre XXI), il est fait allusion à la clarté du soleil et de la lune qui dissipent les ténèbres Quiconque comprend pourquoi le Bouddha a enseigné de si nombreux sutra, leur succession et leur évolution, et qui, après ma disparition, les exposera selon leur portée, pourra, tel le soleil et la lune, éliminer l'obscurité fondamentale des hommes vivant dans son monde et enseigner aux innombrables bodhisattva le Véhicule Unique final. et, dans le second (chapitre XV), le lotus symbolise la pureté.

Ses parents sont les premiers à se convertir à la nouvelle école. Il aide une de ses premières disciples, Nagoe no ama, dans une procédure juridique qui l'oppose à un officiel local, Tojo Kagenobu, qui est également un fervent amidiste. Les moines du Seicho-ji tendent à soutenir l'une ou l'autre des parties et bien que le procès tourne en faveur de la disciple de Nichiren, ce dernier doit partir et se rend à Kamakura. Là, il continue de dénoncer les voies dans lesquelles le bouddhisme s'est égaré.

Les premiers disciples le rejoignent, surtout issus des milieux monastiques du Tendai ou de la classe des samuraï : Shijo Kingo et les futurs Nissho et Nichiro.

En 1256, Kamakura, ravagée deux ans plus tôt par un incendie, est frappée par un typhon suivi d'un raz-de-marée. Les épidémies se multiplient et la famine s'abat sur le pays. L'année suivante, la capitale est partiellement détruite par un violent tremblement de terre. Les calamités se succèdent durant plusieurs années.

Nichiren voit dans ces désastres la rétribution de l'opposition au Sutra du Lotus. Il décide de se rendre à Iwamoto, au temple de l'Aspect réel (Jisso-ji), célèbre pour sa bibliothèque qui renferme l'ensemble du canon bouddhique. Il veut, en effet, juger des évènements à la lumière des écrits. Il rédige alors les traités qui fourniront les fondements doctrinaux de la nouvelle école, notamment Les dix Ainsi (Ju nyoze) et Le principe d'Une pensée trois mille (ichinen sanzen). Il maîtrise et revivifie les doctrines d'origine de l'école Tiantai. Il prend en note, consigne des phrases et des passages qui lui fournissent les matériaux de réflexion dont il se servira pour rédiger ses nombreuses œuvres futures et tout particulièrement le Traité sur la pacification du pays et l'établissement de l'orthodoxie (Rissho ankoku ron).

Un jeune moine, Hoki bo, devient son disciple. Plus connu ensuite sous le nom de Nikko, celui-ci l’aide dans ce travail considérable de compilation des sources.

Les désastres naturels continuent de frapper le Japon et Nichiren, qui a achevé ses recherches dans les écritures, fait remettre à l'ancien régent du shogounat Hojo Tokiyori le Rissho ankoku ron (1260). Dans ce texte aux accents prophétiques, il appelle les dirigeants laïcs et religieux à se convertir au Lotus pour le salut du pays. Il voit en effet dans les malheurs successifs qui frappent le Japon le résultat de la croyance dans des doctrines erronées issues de la dégénérescence dans laquelle le bouddhisme est tombé.

Nichiren entame plusieurs débats avec des prêtres amidistes renommés. Ceux-ci ont du mal à parer les arguments de ce moine jusqu'alors inconnu. Leur ressentiment s'accroît et finalement une bande de zélateurs amidistes attaque sa chaumière de Matsubagayatsu et l'incendie (1261). Ils ne parviennent cependant pas à tuer Nichiren qui se réfugie chez un disciple, peut-être Toki Jonin.

Les persécutions continuent et, à l'instigation de religieux amidistes qui décidément semblent lui en vouloir, Nichiren est arrêté puis condamné à l'exil. Le gouvernement hésitait à exécuter les accusés pour ne pas mécontenter les croyants bouddhistes qui considéraient la vie comme sacrée. Mais l'exil était souvent synonyme de mort. Nichiren est débarqué sur une côte déserte de la péninsule d'Izu et abandonné sans aucun moyen de subsistance au milieu d'une population amidiste hostile.

Un pêcheur, nommé Yasaburo, le recueille et lui permet de survivre. Un mois plus tard, le seigneur local, gravement malade, demande à Nichiren de prier pour lui. Guéri et impressionné par ce moine, celui-ci se convertit et lui offre la statue du bouddha Shakyamuni qui accompagnera Nichiren durant tout le reste de son existence. En février 1263, Nichiren est grâcié et peut quitter Izu.

Durant les quatre années suivantes, il écrit et voyage pour encourager les nouveaux croyants.

En 1264, apprenant que sa mère était malade, il prend le risque de se rendre auprès d'elle. Ses prières permettent à la vieille femme de guérir. Sur le chemin de retour vers Kamakura, Nichiren est attaqué à Komatsubara par ses ennemis amidistes. Deux de ses disciples sont tués, et lui-même est blessé au front et à la main.

En 1268, l'empire mongol de Kublai Khan, qui a déjà conquis la Chine et la Corée, adresse une lettre aux autorités du Japon leur enjoignant de devenir ses vassaux. Nichiren, qui dans le Rissho ankoku ron avait prédit l'attaque d'une puissance étrangère, chose unique au Japon à l'époque médiévale, voit ses dires confirmés. Il adresse des lettres à des officiels et des religieux de haut rang et les somme de se rendre aux arguments exposés huit ans plus tôt. Il ne reçoit aucune réponse.

L'année 1271 voit le paroxysme de l'antagonisme que les autorités nourrissent à l'égard de Nichiren. Il s'était attiré la haine de Ryokan, un moine influent d'alors, notamment après l'affaire des prières pour la pluie. Durant l'été 1271, une terrible sécheresse s'était abattue sur le Japon, laissant craindre une famine de grande ampleur. Les autorités avaient demandé, comme cela se faisait alors, aux moines de prier pour la pluie. Ryokan fit de nombreuses prières qui n'amenèrent pas la pluie. Nichiren se moqua de lui et lui écrivit que, si en sept jours il amenait la pluie, Nichiren deviendrait son disciple. Ryokan qui ne parvint pas à faire pleuvoir en fut certainement vexé et une instruction fut menée à l'encontre de Nichiren. Il lui était reproché de détruire des statues bouddhiques et de fomenter une insurrection. Ces deux accusations, bien que non fondées, montrent les griefs et les peurs que Nichiren et ses disciples inspiraient. Ils ne manifestaient pas de dévotion envers les bouddhas révérés dans les temples tels Amida ou Vairocana et ne révéraient que le bouddha Shakyamuni. De plus, ce moine, entouré de nombreux samuraï ou guerriers convertis à ses doctrines, pouvait sembler un danger potentiel.

Convoqué à comparaître, Nichiren s'attire la haine d'un officiel de haut rang, le saemon (garde de gauche des portes) Hei no Yoritsuna, amidiste dévot, par des critiques répétées à propos du culte d'Amida. De plus, après comparution, il lui fait porter une copie de son Rissho ankoku ron, probablement en espérant que cela le convaincrait. Mais le résultat fut inverse.

Nichiren note, non sans humour, que sous le règne d'un roi vertueux, un sage qui aurait fait des prédictions aussi justes que celles qu'il avait faites, aurait été honoré et récompensé mais que dans son cas, contre toute attente, la réalisation de ce qu'il avait prévu ne lui a amené que de la haine et des ennuis. Quelques jours plus tard, on s'emparare de lui et on le condamne à l'exil, mais Hei no Saemon Yoritsuna a décidé de le faire exécuter. Le 12 septembre, sur la plage de Tatsunokuchi, lieu des exécutions, il réchappe par miracle, au dernier moment, à la décapitation. Cet épisode, consigné par la suite dans ses mémoires, nous montre Nichiren amené de nuit sur les lieux de son exécution, la plage de Tatsunokuchi (la Gueule du Dragon) prendre à partie les divinités tutélaires du Japon qui, rompant leur serment, permettent que le pratiquant du Sutra du Lotus soit mis à mort. Au moment fatidique, l'apparition d'un corps céleste lumineux aveugle le bourreau et terrorise la foule.

On renonce à le tuer, il est assigné à résidence durant un mois puis déporté à Sado. Même si le futur semble incertain, la jeune communauté nichirenienne sort renforcée de ces évènements. Les croyants ont tenu bon; certains, bravant les autorités, ont accompagné leur maître jusque sur le lieu de l'exécution ou, comme Shijo Kingo, ont promis de se suicider si leur maître était décapité. Par sa foi dans le Sutra du Lotus, Nichiren a éveillé en eux une conviction que les autorités ne peuvent supprimer.

Pour Nichiren, l'exécution de Tatsunokuchi met symboliquement fin à son existence terrestre et lui permet de s'affranchir de tous les liens pour révéler son identité réelle. "L'an passé le douze du neuvième mois, entre l'heure du rat et celle du bœuf, un homme nommé Nichiren a été décapité. Son âme est parvenue au pays de Sado. Ses disciples les plus proches ont été effrayés de ce qu'il leur a écrit au beau milieu de la neige. Il n'y a pas lieu cependant d'être troublé; il ne s'agit là que du clair miroir que Shakya, Taho et les bouddhas des dix directions nous ont révélé, mais transposé dans le Japon actuel. Cela doit être considéré comme le legs" Traité qui ouvre les yeux, Kaimoku sho. Cet extrait montre bien le changement opéré en Nichiren après l'exécution manquée de Tatsunokuchi. Comme une deuxième naissance, il est affranchi des liens de son existence passée et se révèle sous un autre jour auprès de tous. Ses disciples, qui le connaissent bien, en sont surpris. On doit noter que c'est de cette période qu'il commence d'inscrire des honzon, mandala sur parchemin où se révèle sa vision de la boddhéité et qui deviennent objets de vénération pour ses disciples.

Nichiren a quarante-neuf ans. Dans le climat rigoureux de l'île de Sado, il est assigné à résidence dans la chapelle en ruine d'un cimetière désolé. Il survit difficilement mais réussit à gagner à sa cause de nouveaux fidèles qui lui portent assistance. Certains moines de cette île veulent entreprendre un débat religieux avec lui, mais ils sont désarçonnés par cet orateur hors du commun.

En 1272, le demi-frère du Régent, Hojo Tokisuke, fomente une rébellion pour prendre le pouvoir. Des combats ont lieu à Kamakura et Kyoto qui tournent au désavantage des instigateurs de ce coup d'état. Les prédictions du Rissho ankoku ron concernant des luttes intestines se réalisent. Nichiren est transféré à Ichinosawa, toujours dans l'île de Sado. Ses conditions sont quelque peu meilleures.

Pendant les deux ans et demi où il demeure à Sado, il rédige les traités fondamentaux de son école, notamment le Traité qui ouvre les yeux (Kaimoku sho) et le Traité sur le véritable objet de vénération (Kanjin no honzon sho). Il entretient également une correspondance fournie avec nombre de disciples.

Au deuxième mois de l'année 1274, le régent Hojo Tokimune révoque l'édit de bannissement et l'exilé peut regagner Kamakura. Les autorités craignent plus que jamais l'attaque des troupes mongoles. Nichiren est convoqué et rencontre une dernière fois Hei no Saemon Yoritsuna qui l'interroge à ce sujet. Nichiren a beau lui répéter que seule la foi dans le Lotus pourra sauver le pays, il n'est pas entendu.

Cette troisième remontrance, comme les précédentes, étant restée sans effet, il décide, un mois plus tard, de se retirer dans les abords sauvages du mont Minobu, afin de méditer sur son action passée et préparer les fondements de son école pour le futur.

L'un de ses disciples, Hakiri Rokuro Sanenaga (1222 - 1297), seigneur de terres comprenant trois villages dans cette région lui avait proposé de lui fournir un ermitage. Jusqu'à la fin de la vie de Nichiren, ce disciple le protègera et permettra, qu'après une vie mouvementée, Nichiren puisse se consacrer aux fondations de son école et à ses disciples, dans cette région sauvage et montagneuse qu’il apprécie finalement beaucoup.

Il rédige de nombreux traités où s'affirme l'importance du Gohonzon dans la pratique de son bouddhisme. Après une existence tumultueuse, dans le calme et la sérénité de cette région de montagnes et de forêts, il délivre, par des cours que ses disciples consignent, sa vision détaillée du Sutra du Lotus. Il écrit le Traité du choix du temps (Senji sho) en 1275, puis le Traité de reconnaissance (Hoon sho) à la mort du vieux maître de son enfance, Dozen-bo, en 1276.

Ses disciples continuent la propagation dans plusieurs régions, non sans rencontrer parfois un fort antagonisme. Dans la région du mont Fuji, sous l'impulsion de Nikko, la nouvelle foi s'est propagée, notamment auprès de paysans. En 1279, dans le village d'Atsuhara, vingt d'entre eux sont arrêtés et torturés. Ils refusent d'abjurer leur foi. Trois d'entre eux seront finalement exécutés. Nichiren suit les événements avec attention. Le sacrifice dramatique de ces nouveaux adeptes prouve que la foi dans le Lotus s'est implantée dans le peuple et que les autorités malgré leur brutalité ne pourront l'extirper.

En septembre 1282, ses disciples l'incitent à quitter sa retraite du mont Minobu pour se rendre aux sources chaudes d'Hitachi. La santé de Nichiren soumise à de dures épreuves s'était en effet considérablement affaiblie. Epuisé, il doit s'arrêter en cours de route chez ses disciples d'Ikegami dans l'actuelle banlieue de Tokyo. Il dispense à nouveau l'enseignement contenu dans son Rissho ankoku ron, et nomme six principaux moines, à qui il remet les destinées de l'Ecole.

Entouré de ses disciples, il s'éteint paisiblement le matin du treizième jour du dixième mois (13 octobre 1282).
Conformément à son souhait, il est incinéré et ses cendres sont transportées au mont Minobu où sa tombe se trouve jusqu'à aujourd'hui.

Le premier récit qui nous soit parvenu sur la vie de Nichiren est le Honmonshu Yosho (Textes fondamentaux de l'Ecole Honmon, XIV? siècle). A peu près à la même époque, nous trouvons également le Godendodai de Nichido (1283 - 1341). Il faut remarquer que ces textes ont été écrits probablement un peu plus de cent ans après la mort de Nichiren, mais que ceux qui les ont rédigés ont été en rapport avec des disciples directs de Nichiren. C'est le cas de Nichido qui est lui-même disciple de Nichimoku, lequel a connu et servi Nichiren.
Les écrits de Nichiren nous fournissent de nombreux détails sur sa vie.

(Références)

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